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La Fondation Maarif, qui hérite des établissements Yavuz Selim, est un organe de propagande mis juste en place par le Président Erdo­gan pour démanteler l’empire güléniste. Sans expertise dans le do­mai­ne de l’éducation, elle a coulé plusieurs écoles notamment au Pakistan. Erdogan veut reconduire le même procédé au Sénégal pour assouvir sa vengeance.

Sans le savoir ou de façon consciente, le gouvernement parraine la fermeture des établissements Yavuz Selim. En interrogeant les autres pays, il se rendra compte que Maarif est une fondation pacotille dont l’objectif final est de démanteler les écoles gülénistes. Elle est un organisme qui gère l’agenda politique et diplomatique du Président turc. Fondée en mai 2016, Maarif n’a pas une expertise dans le domaine de l’éducation. Ainsi que dans la gestion d’établissements scolaires. Mais, ses employés sont des activistes à la solde du régime de Recep Tayyip Erdogan.
Il faut savoir que Maarif est financée par le gouvernement turc et certaines fondations des pays du Golfe. Que se passera-t-il s’il y a changement de régime à Ankara et la disparition du soutien politique et financier accordé à la Fondation ?
Mise à l’épreuve au Pakistan, l’expérience s’est avérée être un échec total contraignant les autorités académiques d’Isla­ma­bad à fermer les écoles pour six mois. Car, le personnel ne parle pas l’anglais et les langues locales. En voulant corriger ces lacunes, la Fondation Maarif a déjà envoyé plusieurs de ses cadres étudier  l’anglais à l’Université nationale des langues vivantes pour devenir les futurs directeurs de l’école Pak-Turk, confisquée au réseau güléniste. Bref, le Président Erdogan a réussi à fermer les établissements à travers cette manœuvre. Il veut la dupliquer au Sénégal comme il l’a déjà fait aussi en Guinée. La reprise forcée de la gestion a provoqué la fermeture des 5 écoles appartenant au prédicateur et plongeant dans l’incertitude 1100 élèves, 150 personnels enseignants et administratifs et 17 familles turques.
Sous la  pression diplomatique d’Ankara, le Premier pakistanais Nawaz Sharif a été contraint de modifier le fonctionnement de ces établissements en expropriant les privés qui sont à la base de ces investissements. Erdogan a promulgué des lois similaires chez lui pour prendre en charge des institutions appartenant à des organismes de bienfaisance qu’il abhorre.

Les écoles pakistanaises fermées après la Guinée
Aujourd’hui, les conséquences sont palpables. En Turquie, les écoles et les universités gülénistes, gérées par les autorités, ont désormais moins d’attrait à cause de la qualité, qui a complètement chuté. Cette situation a contraint des étudiants sénégalais à revenir chez eux pour bénéficier d’une formation qui respecte les standards internationaux. En plus, le pouvoir stambouliote a surtout des visées beaucoup plus élevées dans la guerre ouverte contre le prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis, considéré comme le commanditaire du coup d’Etat avorté du 15 juillet dernier. Le Prési­dent Erdogan espère surtout l’extradition des personnalités, qui étaient chargées de veiller sur ces écoles. Après que la Cour suprême pakistanaise a confirmé leur expulsion, les 450 ressortissants turcs sont allés se réfugier dans les installations onusiennes installées à Islamabad pour échapper aux griffes du nouveau sultan d’Ankara. Car, ils seront conduits probablement en prison dès leur descente de l’avion, à l’image des milliers de personnes victimes de la purge lancée depuis le 15 juillet.
Depuis 2013, la Turquie essaie de récupérer ces écoles installées, il y a une vingtaine d’années, chez nous. Mais, Dakar avait résisté aux premières pressions avant de céder en début décembre à l’image de la Gambie, la Somalie, la Guinée. Quel tableau comparatif. Car, les écoles installées dans des pays occidentaux (France, Usa, Allemagne) continuent de fonctionner avec la même signature.  Comme si de rien n’était !

Quel avenir après le changement de régime  ?
Le gouvernement sénégalais a décidé de retirer la gestion des établissements Yavuz Selim  à l’Association Baskent Egitim, constituée de privés au profit de la Fondation Maarif qui appartient au gouvernement turc. Cette décision est consécutive aux pressions de Recep Tayyip Erdogan sur les autorités sénégalaises après le coup d’Etat avorté en Turquie. Il a promis de faire chuter son empire dans les limbes de l’oubli à travers une «dégulénisation» forcée à… coût de pressions diplomatique et économique. En courbant l’échine, le gouvernement met aussi en péril l’avenir de plus de 2 mille élèves.
bsakho@lequotidien.sn

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