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Le Train express régional (Ter) a fait son entrée au Sénégal le 14 décembre dernier avec le coup d’envoi des travaux lancé par le Président Macky Sall. Avant même la réception de l’ouvrage, une polémique monte à son bord. Depuis son lancement à la gare de Dakar par le chef de l’Etat, des voix se sont élevées pour contester le choix du projet. Cheikh Tidiane Gadio, président du Mouvement pour la citoyenneté/Luy jot jotna, se joint à ces Sénégalais qui ne «voient pas l’opportunité» de construire un Ter chez nous. Du moins, à l’heure actuelle. «Le gouvernement devrait, au lieu de faire un Ter, se concentrer d’abord sur des programmes express vers les jeunes», a ironisé hier le leader du Mplc.
En tournée politique dans la région de Ziguinchor, l’ex-allié du parti au pouvoir a émis des doutes sur l’utilité de la construction du Ter. Hier, sur les ondes de la Rfm, il a dit douter que cela soit «la priorité de l’heure pour les Sénégalais, surtout dans les zones où le train va passer avec cette vitesse dont on nous parle. Ce n’est pas aussi important que ça. Parce que si le train fonce trop, il risque de dépasser les 36 km et aller trop loin». Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères sous l’ère Abdoulaye Wade, dans notre pays, «il y a des choix de développement, surtout des priorités qui posent problème».
Pour lui, le Président Macky Sall et son gouvernement doivent penser à d’autres choses qu’à un Train express régional. La priorité, soutient-il encore, est ailleurs. Alors, il n’a pas manqué d’étaler «la réalité» au président de la République qui, en parlant du Ter, indiquait que c’est le «plus grand projet du Sénégal indépendant».
Et Gadio de fulminer qu’il «faut être raisonnable pour que l’on sache que ce train va traverser des zones où des Sénégalais ne mangent pas une seule fois par jour. S’ils mangent une seule fois par jour, c’est tout. Et où des jeunes sont en train de mourir dans le désert, brûlés par le soleil ou en train de se noyer dans l’océan. Parce qu’on n’a pas pris en charge la banlieue et on n’a pas réglé les problèmes de la jeunesse». Et d’ajouter : «Dans un pays où on n’a pas réglé la question de l’agriculture, de l’éducation, de la santé, des infrastructures minimales, la paix dans le Sud, un pays qui a tous les problèmes que nous connaissons, les priorités sont mal placées.» L’opposant au régime de Macky Sall n’en pense pas moins que les Sénégalais se posent énormément de questions sur les priorités accordées à ces questions, alors que d’autres questions vitales sont loin d’être résolues. A son avis aussi, le plus grand échec de l’histoire du Sénégal et le plus retentissant, c’est le mauvais traitement lié à la question de la jeunesse.
msakine@lequotidien.sn

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