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Abdoulaye Sylla et Mouhamadou Diawara, les deux nouveaux membres du Conseil constitutionnel, ont été installés hier. Le président du Conseil constitutionnel, qui a présidé la cérémonie de prestation de serment, a rappelé la portée de la mission qui leur est confiée.

Les deux nouveaux sages du Conseil constitutionnel ont prêté serment hier. Dans la salle d’audience de la Cour suprême, le président du Conseil constitutionnel, Pape Oumar Sakho, a rappelé à Mouhamadou Diawara et Abdoulaye Sylla la portée de leur mission au sein de cette institution. Les deux nouveaux membres ont juré ainsi conformément à l’article 7 de «la loi organique 2016-2023 du 14 juillet 2016» relative au Conseil constitutionnel de remplir leurs «fonctions, de les exercer en toute impartialité, dans le respect de la Constitution, de garder le secret des délibérations, de ne prendre aucune disposition publique et de ne donner aucune consultation à titre privé sur les questions relevant de la compétence du Conseil constitutionnel».
Tout en se focalisant sur la sacralité de la mission dévolue aux Sages, le président du Conseil constitutionnel a rappelé à ses nouveaux collègues qu’être juge constitutionnel, «c’est aussi être le garant de la régularité des élections». Ainsi, indique-t-il à l’endroit de MM. Diawara et Sylla : «C’est dans un tel contexte que, chers collègues, vous allez fourbir vos premières armes.»
Mettant en garde contre certaines dérives liées à la politique, M. Pape Oumar Sakho souligne que «la quête du pouvoir n’est pas toujours affaire de gentleman. La bonne foi et l’objectivité n’y sont pas toujours de mise». Parlant ainsi de la difficulté de la mission qui leur est confiée, le président du Conseil constitutionnel estime que «la surmédiatisation, les débats reconnus ou autoproclamés où seuls sont absents les spécialistes auront pour objets» leurs «décisions» et même leur «silence». Pour­suivant ses propos, M. Sakho soutient qu’on «y fera souvent dire à la loi bien des choses en plus de ce qu’elle dit parfois sans le vouloir (…)». S’adressant ainsi à ses collègues, le président du Conseil constitutionnel dira : «Dans ces moments, la seule réponse admissible de votre part sera celle contenue dans la motivation de vos décisions.» Et M. Sakho d’ajouter : «Ne l’oublier pas, la loi fait de vous des juges, mais le Peuple vous a appelés Sages ! Ce n’est pas une consécration, mais la traduction d’une énorme attente, une espérance. Vous prenez la mesure des obligations nouvelles que ce serment met à votre charge afin de garantir votre indépendance et la dignité des fonctions que vous allez exercer. Je ne doute point que vous serez à la hauteur de cet engagement.»
dkane@lequotidien.sn

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