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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Pm britannique Boris Johnson, le 16 septembre 2019 à Luxembourg.

Les premières oppositions au nouvel accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne trouvé ce 17 octobre commencent déjà à se faire jour au Royaume-Uni.

La «méthode Coué» choisie par le Premier ministre britannique Boris Johnson, malgré le «non» retentissant du Dup (Parti unioniste démocrate d’Irlande du Nord) un peu plus tôt, a provoqué au Royaume-Uni un déluge de réactions.
Le chef du Parti du Brexit, Nigel Farage, a jugé que le nouvel accord de divorce trouvé entre l’Union européenne et le Ro­yaume-Uni n’en était pas un. «L’engagement d’alignement ré­gle­mentaire dans cet accord signifie que le «nouvel accord» n’est pas un Brexit », a-t-il tweeté.
Jeremy Corbyn, le dirigeant du Labour, principal parti d’opposition, a rejeté un accord qu’il estime pire que celui de Theresa May. A sa suite, les Libéraux démocrates ont prévenu qu’ils ne voteraient pas pour un accord dommageable pour l’économie britannique. Surtout, la tentative de Boris Johnson de forcer la main du Dup apparaît très risquée, car pour l’instant, les Unionistes refusent de bouger. Ils répliquent qu’en l’état, ils ne soutiennent pas cet accord.
Pour le Dup, le maintien dans l’union douanière européenne qui différencie la province nord-irlandaise du reste de la Grande-Bretagne est inacceptable. Le Dup craint aussi que le droit de regard de Belfast sur ses arrangements, accordés à la fois aux Républicains et aux Unionistes, n’amoindrisse à terme la position de force des Unionistes dans la province.

Poids décisif du Dup
Sans l’accord des Dup, est-ce que le Premier ministre peut faire approuver cet accord au Parlement britannique ? Le petit parti n’a après tout que dix députés. Mais les autres brexiteurs les plus intransigeants au sein du Parti conservateur, qui avaient rejeté trois fois l’accord de The­resa May, ont toujours jusqu’à présent soutenu le Dup. Boris Johnson, qui n’a plus désormais de majorité à la Chambre, a besoin de toutes les voix possibles. Et il lui faudrait convaincre nombre de députés travaillistes dans des circonscriptions pro-Brexit de défier Jeremy Corbyn et voter en faveur de cet accord, ce qui est loin d’être acquis.
Ces annonces ont sûrement poussé les responsables européens à tempérer leur enthousiasme. Le Président français Emmanuel Macron s’est ainsi dit jeudi 17 octobre «raisonnablement confiant» quant à une ratification de l’accord par les parlementaires britanniques.
En cas de nouveau rejet se poserait la question d’une potentielle extension. Ce samedi 19 octobre représenterait la dernière limite pour la demander. C’est aussi la date validée par les députés britanniques pour voter ce nouvel accord. Boris Johnson les a appelés ce 17 octobre à soutenir l’accord et à «faire aboutir le Brexit».
rfi.fr

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