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Sa «voix mezzo-soprano, pure puissante et délicate» rassemble souvent du beau monde les vendredis soir au Bry A, à Liberté 6. Mais c’est au fun City Dakar situé sur la Vdn qu’elle a choisi de rencontrer la presse pour présenter son Ep, Femme d’Afrique. La jeune artiste, Agsila qui compte déjà une centaine de compositions, en attendant de se faire produire et offrir à ses mélomanes un album en bonne et due forme, se fait découvrir en 4 morceaux. Son show-case improvisé samedi dernier face à la presse, fut une belle découverte, un délice en cet après-midi du réveillon de noël.

Avec son physique de mannequin, elle a tout d’une beauté noire telle que chantée par le président-poète. Mais, elle, chante de la world music. Agsila, de son vrai nom Rokhaya Diop, est de la nouvelle génération montante de l’Afro jazz sénégalais. Samedi dernier, elle a présenté à la presse son Ep Femme d’Afrique, fait de 4 titres. Le premier tube est en effet, un hommage à la femme. A travers Amaï, Agsila évoque l’histoire d’une femme qui, abandonnée par son mari, cultive la terre pour nourrir ses enfants. «C’est un extrait du spectacle Agsila, femme d’Afrique, un plaidoyer nourri de compassion, d’amour, sur une musique alliant guitare jazzy et flûte peulh. C’est un hommage à l’endurance des femmes d’Afrique particulièrement en milieu rural», explique l’artiste.  «A travers les confidences d’une marchande de rubans au Séné­gal, sont racontés des destins de femmes victimes de sexisme, de racisme et de maltraitance. Les vidéos poétiques du metteur en scène Hervé Breuil illustrent 7 personnages féminins: Amaï, ses 5 filles et la bergère. Agsila y revendique l’authenticité africaine et se présente en bergère Peulh», découvre-t-on dans le clip, qui passe déjà  sur les télévisions sénégalaises.
Selon les explications de Agsila, le second titre de l’Ep, Amaï diffuse le courage et l’espoir, tout comme le morceau Simba, qui, empruntant la forme du conte, pointe les différences sociales liées au système des castes au Sénégal. «Je ne peux pas comprendre qu’au XXIe siècle que l’on puisse encore évoquer des problèmes de caste dans nos relations. Cela crée des différences et des injustices sociales. Le monde a beaucoup évolué et il faut que les gens s’en rendent compte», mentionne celle qui se définit comme ambassadrice et porteuse de la cause africaine dans tout ce qu’elle chante. Elle indique aussi que le morceau Simba est surtout un encouragement à  ne pas se laisser écraser par des conventions, des jugements, des différences décrétées par les plus puissants au détriment des plus faibles.
L’artiste, explique-t-on, croit également à «la force et à la puissance de l’amour, capable d’annihiler la distance, les différences». C’est ce qu’elle affirme dans Evumulu (le vent de l’amour) le morceau le plus intime de l’opus, chanté en «bulu» (Cameroun) en wolof et en anglais. «Mon expérience sur ce sentiment qu’est l’amour, m’a fait comprendre d’autres niveaux de sensations qui n’ont rien à voir avec le toucher. Un amour véritable nous met en connexion permanente et spirituelle avec l’être aimé à des milliers de kilomètres. C’est ce qu’on appelle la télépathie. Moi, je l’appelle ‘’le vent de l’amour’’», commente Agsila.

Un parcours en musique
Sur le dernier morceau, Tee noo Mbolo, chanté en lingala, Agsila demande pourquoi l’Afrique ne peut-elle pas être unie ? Et sur cette balade pleine d’espoir, elle formule des prières pour une Afrique plus unifiée et plus combative.  Une belle musique faite de percussions traditionnelles mélangées à la guitare acoustique et électrique. Un son qui s’inspire de la rumba, mais qui surtout offre des mélodies intemporelles. Les textes de cet artiste «conscients et poétiques, nourris d’amour, de générosité, de compassion, d’unité, de courage, chantés dans diverses langues africaines, émaillées de français et d’anglais, universels, touchent juste, sans misérabilisme», lit-on dans un document de presse. La même source qui renseigne que Agsila a fait l’orchestre national du Sénégal et y suit une formation, renforcée par des cours de guitare et de chant, au centre culturel Douta Seck, précise qu’«elle représente dignement les valeurs fondatrices d’une Afrique qui possède déjà en elle, dans ses propres racines, les remèdes de ses maux».
arsene@lequotidien.sn

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