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La douane a découvert 120 kg de cocaïne d’une valeur de 9,6 milliards dans le système de ventilation de Grande Nigeria, plus de six mois après la saisie de plus de 700 kg dans le même navire. Immobilisé au Port de Dakar depuis juin, il reste au cœur d’un scandale qui éclabousse son propriétaire Grimaldi.

Grande Nigeria vient de révéler d’autres secrets : 120 kg de cocaïne ont été saisis hier à son bord. Cette quantité de drogue d’une valeur de 9 milliards 600 millions était dissimulée dans les compartiments de son système de ventilation au sein duquel se trouvaient 4 sacs contenant 30 plaquettes de 1 kg chacun. Selon le Bureau des relations publiques et de la communication de la Douane sénégalaise, les soldats de l’économie ont reçu un tuyau d’un informateur secret. Suite à cette information, une équipe de l’Unité mixte de contrôle des conteneurs et des navires (Umcc) de la Subdivision des douanes du Port autonome de Dakar, secondée par des éléments de la Police scientifique et de l’Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), a investi et fouillé le Grande Nigeria. «Fait nouveau dans le conditionnement, les marques et identifiants sur les plaquettes nouvellement saisies sont différents de ceux sur les plaquettes ayant fait l’objet de différentes saisies en 2019», détaille la douane.
En attendant de connaître d’autres secrets de Grande Nigeria, il y a des questions auxquelles l’enquête devrait apporter des réponses : La fouille n’avait-elle pas été minutieuse et systématique malgré la mise à contribution de l’équipe Cynophile de la douane ? Quelle est la vraie valeur que le navire a acheminée sur nos côtes, six mois après la première saisie que la douane avait effectuée sur Grande Nigeria et Grande Africa, qui s’élevait à plus d’une tonne de cocaïne d’un montant de 250 milliards F Cfa ? A l’époque, la drogue avait été découverte sur 4 véhicules dans un lot de 24 Renault neufs, entreposés sur ce bateau venant du Port de Paranagua (Brésil) et à destination de Luanda. Devant les interrogations que la découverte avait provoquées, le ministre des Finances et du budget précisait que le Port de Dakar ne pouvait constituer à la limite qu’un port d’éclatement. A propos du sort des deux navires, Abdoulaye Daouda Diallo avait précisé qu’ils seront mis aux enchères s’il n’y a pas de possibilités d’avoir un terrain d’entente avec l’armateur.
Aujourd’hui, cette nouvelle saisie enfonce Grande Nigeria, immobilisé au Port de Dakar depuis le 29 juin dernier, dans les profondeurs océaniques et met davantage en mauvaise posture la compagnie italienne Grimaldi. Premier armateur mondial de rouliers, les «Ro-Ro», spécialisés dans le transport de véhicules et propriétaire du bateau indélicat, c’est un autre mauvais coup porté à son image. Les gabelous lui réclament plus de 243 milliards de francs Cfa s’il décidait de transiger. Selon la douane, «les membres de l’équipage sont en train d’être interrogés et l’enquête suit son cours en rapport avec le Par­quet».
Dans le dossier précédent, plusieurs personnes ont été arrêtées et interrogées, notamment des transitaires, des travailleurs du port, ainsi que le commandant italien du Grande Nigeria, un membre de l’équipage et un couple de jeunes Allemands qui voyageaient à bord. A partir de ces auditions et de numéros issus de téléphones qu’ils ont exploités, les agents de l’Ocrtis identifient trois hommes qu’ils considèrent comme les têtes du réseau au Sénégal : Amadou Guèye, Ismaïla Ousmane Ba et Ibrahima Thiam, dit «Toubey». Entre-temps, Mattera Borgia Pasquale, le commandant italien du Grande Nigeria, et Paolo Amalfitano, un membre de l’équipage, ont été remis en liberté provisoire avec interdiction de quitter le territoire sénégalais.
Il faut savoir qu’en octobre dernier, 43 plaquettes de cocaïne d’1 kg et estimées à 3 milliards ont été aussi interceptées par les services de la douane au Port de Dakar. Entre-temps, la Marine nationale avait mis la main en haute mer sur plus de 700 kilogrammes de drogue dure.
La saisie record de cocaïne au Sénégal – 2,4 tonnes – avait eu lieu en juillet 2007, dans la zone de Mbour, près des principales stations balnéaires du Sénégal, sur des Latino-Américains, dont des Colombiens, un Equatorien et un Vénézuélien qui avaient été arrêtés, jugés, puis condamnés.

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