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La crise n’est pas encore terminée au Syndicat des travailleurs de la justice (Sytjust). La réélection de Me El Hadj Ayé Boun Malick Diop à la tête de la structure, après des mois de tension, n’a pas apaisé les rancœurs de certains de ses camarades, qui contestent sa reconduction. La partie dissidente, qui a boudé le congrès tenu le week-end dernier à Saly, ne le reconnait pas comme Secrétaire général du Sytjust. Selon ces  travailleurs de la justice, sa réélection ne s’est pas faite en conformité avec les  textes qui régissent le syndicat. D’après eux, elle a été actée en violation flagrante des textes statutaires. Lesquels stipulent que seuls les délégués sont éligibles et électeurs. Mais, à leur grande surprise, le «Secrétaire général a fait fi de ce principe en remplissant la salle de personnes acquises à sa cause dont certains ont voté pour lui alors qu’ils ne sont pas des délégués».
Ces contestations irritent Me Ayé Boun Malick Diop, qui «s’est autoproclamé Secrétaire général» du Sytjust. «Mieux  au moment où le vote se déroulait, le modérateur principal, Me Ousmane Ba, administrateur de greffe du Tribunal de Commerce de Dakar, s’est  abstenu du vote et Me Ayé Boun s’est même permis de l’insulter  ainsi que d’autres membres du présidium», dénonce la partie dissidente, qui conteste énergiquement cette élection.
En écho à ces accusations, Me Ayé Boun Malick Diop a organisé un point de presse pour «démonter» ces allégations, qui noircissent  sa réélection.  «Nous sommes là pour la manifestation de la vérité. Il faut savoir que l’élection s’est déroulée sous la supervision d’un représentant du Secrétaire général de notre centrale, il faut recueillir sa version des faits. Nous avons pris la peine d’avoir filmé tout le congrès, et nous comptons le diffuser. L’affaire ne s’est pas terminée en queue de poisson, certainement que mon amie la journaliste dira que c’est un vidéo-montage», a-t-il pesté en répondant à une question posée par une consœur.
Démarche défensive, ton élevé, Me Ayé Boun Malick Diop affirme que ses détracteurs «ont choisi d’adopter la politique de la chaise vide au moment du vote». Selon ses accusations, ils avaient «demandé un consensus pour l’obtention de postes dans le nouveau bureau. Ce qu’il leur a été refusé parce qu’on ne peut pas cohabiter avec des saboteurs dans  un groupe». Il informe aussi que dans ce groupe «de saboteurs», seule une femme s’acquitte de ses cotisations et dispose d’une carte de membre. «Je ne veux pas d’eux dans ce bureau. Je ne «deale» pas avec eux. De toute façon, ils savent que s’ils avaient proposé un candidat, je l’aurais battu à plate couture», entonne Me Diop. Malgré le bruit et les contestations, qui s’élèvent, le Secrétaire général du Sytjust estime «que le bureau exécutif est bien légitime et élu selon les textes du syndicat et en présence d’un observateur de la centrale syndicale. Cette confiance qui m’a été renouvelée n’est rien d’autre que le fruit  d’un bilan satisfaisant. Cela  ne pourrait être que ma reconduction à la tête du bureau exécutif  et ça serait illogique qu’autre chose se passe». Il peut savourer sa victoire et rester attentif aux agitations des dissidents, qui n’excluent pas la tenue d’une autre élection, qu’il rejette déjà. «Le faire, c’est s’insulter», dit-il

justin@lequotidien.sn

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