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Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) a organisé lundi à Saly Portudal une session de formation des experts issus de la justice, de la cellule de renseignement, des agences de répression criminelle de ses Etats membres sur les nouvelles méthodes de lutte contre le blanchiment de capitaux. Dr Buno Unduka, directeur des Projets et des programmes du Giaba, explique : «Nous avons regroupé les experts des Etats membres pour les former, afin qu’une fois de retour dans leurs pays respectifs, ils puissent répliquer les mêmes formations au niveau national. Cet atelier a été conçu afin de renforcer les capacités aussi bien des autorités membres, des agents chargés des enquêtes et poursuites pénales, que le secteur judiciaire et des institutions financières.»
Selon le représentant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), les complexités des opérations et des situations auxquelles les pays font face dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que la diversité des risques qui pèsent sur les pays et leurs économies, sans parler de la persistance des menaces auxquelles les pays sont confrontés tous les jours nécessitent le renforcement de capacités des parties prenantes. Face à ces menaces qui sont contemporaines de ces situations délictuelles qui sont tout à fait nouvelles, le renforcement de capacités des différents intervenants avec des formations adaptées qui vont leur donner les outils adéquats est devenu aujourd’hui une nécessité, estime Amadou Bamba Niang.
Durant cette formation des formateurs, les capacités des juges  seront ainsi renforcées, afin qu’ils puissent juger les cas de blanchiment de capitaux avec beaucoup plus de célérité. «Nous avons eu beaucoup plus de défis, car bon nombre de nos pays ont un taux assez faible de condamnation en ce qui concerne le blanchiment de capitaux. Cela s’explique par le faible niveau de compréhension des cas de blanchiment de capitaux par les juges. Après cette formation, nous osons croire qu’ils seront en mesure de pouvoir faire de manière expéditive des jugements sur le blanchiment de capitaux et obtenir les condamnations que nous recherchons», espère Dr Unduka.
Interpellé sur les résultats du Sénégal en ce qui concerne l’évaluation mutuelle, Dr Unduka rassure : «Nous venons de terminer la visite sur place du deuxième cycle d’évaluation mutuelle du Sénégal et le rapport de ces évaluations va être examiné pendant la plénière du mois de novembre. Mais une chose est sûre, le Sénégal fait partie des pays qui sont de bons élèves dans ce cadre, mais nous attendons d’abord d’avoir les résultats du rapport pour confirmer cela», soutient-il. Le directeur des Projets et des programmes du Giaba indique tout de même qu’en ce qui concerne le terrorisme, le Sénégal gagnerait à mettre en place un dispositif assez fort pour préserver le pays. Il argue que «pour le moment, le Sénégal n’a pas eu d’attaques terroristes, mais nous savons que des pays limitrophes sont en train de vivre ces problèmes. C’est la raison pour laquelle nous encourageons le pays à mettre en place un dispositif pour faire face à cette éventualité».
abciss@lequotidien.sn

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