PARTAGER

L’Etat du Sénégal va introduire de nouvelles réformes dans le Code général des impôts. Selon le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, les nouvelles dispositions visent à permettre aux collectivités locales de mobiliser davantage de recettes. «On a trouvé une formule qui va permettre d’améliorer les recettes sans augmenter les impôts», indique le ministre en marge de la Revue conjointe de coopération entre le Sénégal et l’Agence américaine de développement international  (Usaid) qui s’est tenue hier. Le projet de texte va être examiné en Conseil des ministres, informe Amadou Ba. «Normalement, tant qu’un texte n’est pas passé en Conseil des ministres, il est susceptible d’amendements», précise le ministre pour expliquer son laconisme.
Avec la mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation, les collectivités locales n’ont cessé de réclamer des ressources pouvant leur permettre de gérer les nouvelles compétences qui leur ont été transférées. C’est ainsi que plusieurs municipalités ont fait le choix de créer de nouvelles taxes au grand dam des acteurs du secteur privé qui n’ont pas manqué de dénoncer la démarche. Depuis, le ministère de l’Economie,  des finances et du plan a joué au médiateur. Les discussions semblent avoir porté leurs fruits  avec ce consensus qui permet aux collectivités locales de mobiliser des recettes sans pour autant augmenter les charges fiscales du secteur privé. En janvier dernier, lors d’une rencontre de concertation avec le privé sénégalais, le directeur de la Législation, des études et du contentieux de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid), Amadou Abdoulaye Badiane parlait d’une réforme de la patente avec la mise en place d’un  nouvel impôt dénommé Contribution économique locale (Cel).

1 231 milliards depuis 1961
En 2016, l’appui de l’Usaid au Sénégal a atteint 71 milliards de francs Cfa, selon la chargée d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Dakar, Mme Martina Boustani. Ces financements ont concerné de nombreux projets et programmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la croissance économique et de la promotion de la démocratie, de la gouvernance et de la paix. Dans le domaine de la santé où l’Usaid injecte 47% de son budget, le ministre de l’Economie,  des finances et du plan note «des progrès considérables». Il s’agit, dit-il, de la distribution de plus de 1,9 million de Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda), la baisse du taux de mortalité maternelle qui est passé de 392 pour 100 000 naissances vivantes à 315, entre autres. «Dans les zones d’intervention de l’Usaid, le taux de pauvreté a diminué de 3% et la malnutrition chronique de 7% pour la seule année 2016, ce qui va dans le sens de l’objectif du gouvernement du Sénégal de réduire la malnutrition chronique de 20% d’ici 2022», souligne Mme Boustani. Dans le domaine de l’éducation, ce sont 42 milliards de franc Cfa que l’Usaid va consacrer au programme national de lecture pour les 5 prochaines années.
Si les progrès sont importants, Mme Boustani note tout de même des lenteurs dans la mise en œuvre des grandes réformes qui limitent la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs. Engagée depuis 1961, la coopération avec l’Usaid a atteint un montant cumulé de 1 231 milliards de francs Cfa en 2016, selon Amadou Ba.
mamewoury@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here