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Les discours guerriers et les menaces se multiplient en cette veille d’année scolaire. Ce qui n’augure rien de bon. Malgré les appels du ministre de l’Education nationale, de la présidente du Haut conseil du dialogue et de Macky Sall à une année scolaire apaisée. Face à la presse hier, le Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) a menacé de déposer un préavis de grève. «Le secrétariat exécutif va soumettre au Conseil syndical national unitaire du 14 octobre la proposition de lui donner mandat pour le dépôt d’un préavis de grève», informe le secrétaire général du Sudes.
Les syndicalistes s’insurgent toujours contre la non-matérialisation de ce qui reste des accords de février 2014. Pour le secrétaire général du Sudes, Amadou Diaouné, beaucoup de choses restent, notamment la «persistance des lenteurs administratives qui continue de pénaliser les enseignants dans leur reclassement, leur intégration, la validation et la mise en solde entre autres». Or, tempête Amadou Diaouné, le dispositif de gestion dématérialisée de la carrière des agents de la Fonction publique devrait être fonctionnel depuis quatre mois. Concernant les parcelles Zac de l’intérieur du pays, en dépit des engagements rassurants du ministère chargé du Renouveau urbain de viabiliser les parcelles en janvier 2017, «aucune parcelle n’est encore viabilisée à ce jour», dénonce M. Diaouné. A ces revendications s’ajoute le blocage des prêts auprès de la direction de la Monnaie et du crédit. «Plus de 3 mille titulaires de convention de prêt en 2016 attendent toujours la mise à disposition de fonds, hypothéquant du coup les projets des coopératives agréées par la Dmc», regrette-t-il. Sans compter l’épineuse question du système indemnitaire et de la rémunération des agents de la Fonction publique. «Les ministres de l’Economie et celui du Budget doivent faire des propositions en ce sens et ouvrir des négociations pour corriger ce système inéquitable», tonne-t-il.

Le Sudes boycotte la Jme
Au-delà de la non-satisfaction d’une partie des revendications contenues dans le protocole de 2014, les membres du Sudes ont exprimé leur frustration concernant l’attitude de leur ministre de tutelle, notamment en ce qui concerne l’organisation de la Journée mondiale de l’enseignant (Jme) prévue ce 5 octobre. «La célébration de la Jme intéresse tous les enseignants. A ce titre, nous pensons que c’est tout le monde qui doit être associé à l’organisation de cette journée», estime le secrétaire général du Sudes. Les enseignants du Sudes, pour manifester leur colère, ont décidé de ne pas participer à cette fête, car ils se disent écartés et ne sont informés de rien par rapport à cet évènement. Ils dénoncent et condamnent l’immixtion dans les questions syndicales et l’ostracisme du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, à l’égard des syndicats dits non-représentatifs. Pour le secrétaire général du Sudes, le ministre est en train de faire une mauvaise lecture et de violer l’esprit qui a présidé à l’institutionnalisation de cette journée par la communauté internationale. «Nous reconnaissons les prérogatives dévolues aux syndicats représentatifs, mais nous n’accepterons pas qu’on nie notre existence en tant qu’organisation syndicale. Les syndicats ont des droits qu’ils entendent respecter», menace le secrétaire général du Sudes. Le syndicaliste avertit ainsi le ministre de l’Education, mais aussi le Haut conseil du dialogue qui, selon Diaouné, discutent avec seulement 7 organisations syndicales et mettent sur la touche toutes les autres. Il estime que cette façon de faire risque de créer plus de problèmes qu’elle n‘en règle.
ndieng@lequotidien.sn

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