PARTAGER
Antoine Ngom, président Optic.

Le Président Macky Sall avait annoncé la mise en place d’un Conseil national du numérique, ainsi que le reversement de 80% du Fonds de développement du service universel des télécommunications (Fdsut) au secteur du numérique. Mais jusqu’à ce jour, regrette l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), rien n’est encore fait.

Une des réformes importantes du Plan Sénégal (Pse) dans le secteur du Numérique consiste à mettre en place l’It Board, ou Conseil national du Numérique. Le président de la République, manifestant lui-même son grand intérêt pour un tel conseil, avait annoncé sa mise en place dans les meilleurs délais dans son discours lors de l’inauguration du siège de la Sonatel le 11 juin 2015. Deux ans après, force est de constater que ledit conseil n’est toujours pas mis en place, fustige Antoine Ngom. «Nous sommes donc devant une situation où la plus haute autorité donne des instructions et rien ne se passe», déduit le président de l’Or­ganisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic). Cette organisation, affiliée au Conseil national du patronat (Cnp), indique par ailleurs, que «parmi les 28 réformes prévues dans le document de stratégie Sn 2025, la mise en place du Conseil national du numérique reste une priorité pour corriger plusieurs incohérences dans le secteur».
Et ce non-respect des promesses, considèrent ces professionnels des Tic, se produit régulièrement dans leur secteur. A preuve, rappelle leur patron, «lors de l’inauguration du siège d’Atos le 23 juin 2016, le président de la République a annoncé que 80% du Fonds de développement du service universel des télécommunications (Fdsut) retourneraient au secteur du Numérique et a donné des instructions au Directeur général de l’Artp de mettre en œuvre cette mesure dans les meilleurs délais». Mais jusqu’à ce jour, déplore Antoine Ngom, «rien n’est encore fait». Pour eux, «cela illustre un problème institutionnel manifeste. Le ministère chargé du Numérique n’est pas en capacité de mener à bien la politique du secteur. Car, il n’en a ni les moyens humains ni les moyens financiers». Face à cette situation, Optic prône d’accorder des moyens à la mesure des ambitions du secteur au ministère en charge du Numérique. Si on ne peut lui accorder les moyens requis, estime M.Ngom, «ce serait bien de le rattacher soit  à la Primature, soit au ministère de l’Economie, des finances et du plan».

  Appel à candidature pour l’Attribution
des Mvno
Optic a également, profité de son face à face avec la presse d’hier, pour revenir sur le problème lié à l’accès des entreprises nationales des Tic aux marchés publics. A ce propos, Antoine Ngom et ses collaborateurs ont indiqué qu’ils ont été interpellés par les conditionnalités fixées dans l’appel public à candidature pour l’attribution de licence d’opérateurs mobiles virtuels (Mvno). D’une part, il est dit, selon le président d’Optic, «le candidat à l’attribution ne peut être qu’une société de droit sénégalais» ; et d’autre part,   le candidat doit «justifier d’une expérience avérée, d’au moins quatre années, dans l’activité de Mvno ; justifier de l’exercice de l’activité Mvno dans au moins un pays». Par conséquent, soutiennent ces professionnels des Tic, cet «appel à candidature écarte d’office toutes les entreprises ou groupement dont l’actionnariat est sénégalais. En effet, aucune société dont les actionnaires sont majoritairement nationaux ou aucun groupement de sociétés uniquement sénégalaises dont les actionnaires sont nationaux, ne peut satisfaire ces conditions».
«Quand il ne s’agit pas de conditionnalités contraignantes pour nos entreprises, ce sont des projets qui sont négociés en gré à gré avec des entreprises étrangères», martèle le président d’Optic. Avant de s’indigner de  l’attribution du marché relatif à la  confection des nouvelles cartes nationales d’identité de la Cedeao,  «à une entreprise malaisienne, Iris Corp, pour ne pas la nommer, sans appel d’offres à travers une concession de 5 ans à 50 milliards de francs Cfa».
«Nous attirons l’attention du gouvernement sur le prochain dossier, notamment l’état civil, qui risque de subir le même sort. Optic a même monté un consortium qui propose un Ppp sur le sujet de l’état civil.»
dialigue@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here