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Assome Aminata Diatta, ministre du Commerce et des Pme.

Le commerce électronique a un apport mitigé selon les niveaux d’économie des Etats africains. Si dans les pays en voie de développement son essor a permis de réduire les coûts des échanges, il accuse un retard dans les Pays les moins avancés (Pma), d’après le ministre du Commerce et des Pme, Assome Aminata Diatta.

La 2ème conférence de l’Union africaine sur le commerce élec­tronique a démarré hier à Dakar. La rencontre de trois jours offre une occasion aux acteurs de discuter d’une problématique devenue enjeu de société, selon le ministre du Com­merce et des Pme. «S’il est admis que l’économie numérique présente des avantages incalculables au point qu’elle soit qualifiée de quatrième révolution industrielle, il n’en demeure pas moins qu’elle soulève aussi nombre de préoccupations, particulièrement au niveau du continent africain», a souligné Assome Aminata Diatta à la cérémonie d’ouverture de la conférence.
En effet, poursuit-elle, le développement du numérique impacte considérablement les échanges commerciaux. «Aujourd’hui, le commerce électronique qui est en plein expansion constitue un enjeu important pour la croissance des pays dans le monde».
Selon le ministre, ce commerce a connu entre 2013 et 2015 un bond de 56% et a atteint en 2016 la somme de 27.700 milliards de dollars Us.
Cette croissance s’explique naturellement par les nombreuses innovations technologiques, l’usage généralisé de l’internet porté notamment par l’augmentation de la pénétration du mobile.
Ainsi, l’essor du numérique a favorisé la réduction des coûts du commerce avec une baisse estimée à 15% entre 1996 et 2014.
«Cet essor fulgurant ne doit toutefois pas nous faire oublier les nombreux défis, particulièrement au niveau des pays en développement», conseille Mme Diatta. A l’en croire, le rôle du commerce numérique dans le dynamisme des échanges intra africains reste mitigé, même s’il est noté ces derniers temps un foisonnement de plateformes numériques dans divers domaines tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, entre autres.
Elle signale que les pays en développement, particulièrement les Pays les moins avancés (Pma), accusent un retard dans presque tous les indicateurs de développement des Technolo­gies de l’information et de la communication (Tic), notamment en ce qui concerne l’accès à l’internet à large bande et l’accès à certains services mobiles.
Ainsi, si près de 90% de la population des pays développés ont un accès facile à ces services, la proportion ne dépasse pas 40% dans les pays en développement et 20% dans les Pma, informe le ministre du Commerce. Et à l’intérieur de ces derniers, l’écart est noté entre les milieux urbains et les zones rurales, et entre les hommes et les femmes.
Par ailleurs, ces désavantages sont accrus par d’autres obstacles relatifs aux lenteurs des téléchargements, aux coûts des services à large bande comparé aux niveaux de revenus des populations des pays en développement.
D’après une enquête du Centre du commerce international (Itc) menée en 2017, les commissions sur les ventes perçues sur les plateformes de commerce électronique étaient trois fois plus élevées pour les e-commerçants africains, sans compter les coûts d’enregistrement et ceux logistiques.
«Il est dès lors permis de s’interroger comment devant toutes ces contraintes l’internet pourrait-il être utilisé à des fins commerciales ? Comment pourrait-on arriver à un commerce électronique inclusif ?», s’est questionné Assome Aminata Diatta.
Face à ces nombreux défis, elle estime qu’il n’y a d’autre choix que de promouvoir les investissements dans le développement des infrastructures nécessaires à l’éclosion d’un écosystème numérique solide.
D’ailleurs, selon les estimations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), si les Pays en développement mettaient en œuvre des stratégies de développement cohérentes dans le do­maine du numérique, ils accroîtraient leur part du commerce et représenteraient 57% des échanges mondiaux en 2030.

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