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On est encore loin de l’échéance pour l’atteinte des Objectifs pour le développement durable (Odd). Mais déjà, le Sénégal se projette sur l’état d’avancement de ces objectifs d’ici 2030. Le rapport national 2016 de suivi des Odd qui a été partagé hier, lors d’un atelier avec les élus locaux et la société civile, note que le Sénégal doit encore faire des efforts, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’industrie.

Le Sénégal est-il sur la bonne voie pour l’atteinte des Objectifs pour le développement durable d’ici 2030 ? Si l’on se fie au rapport national sur l’état d’avancement de la mise en œuvre en 2016, des efforts ont été faits sur certains points, mais il reste encore beaucoup à faire. Lors de l’atelier de pré-validation dudit rapport, il a été relevé que les performances les plus élevées sont observées au niveau des Odd 2 (éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture durable), l’Odd 11 (faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, soient sûrs, résilients et durables), et 13 (prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions).
Le document souligne que «la stratégie de développement du secteur agricole, simulée dans ce scénario, générerait une croissance forte des rendements agricoles qui, couplée avec une diminution des inégalités dans la distribution du revenu, permet une bonne amélioration des indicateurs de sécurité alimentaire  et donc une performance acceptable au niveau de l’objectif 2». Il est aussi souligné que «les forts progrès dans les objectifs 11 et 13 seraient directement liés à la forte augmentation des dépenses pour l’adaptation aux changements climatiques et à la gestion des déchets». Toutefois, le document indique que pour les Odd 4 (éducation), 12 (établir des modes de consommation et de production durable) et 14 (conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers), les améliorations observées sont assez marginales.
Concernant l’éducation, le rapport indique que si la tendance actuelle se poursuit, on sera à 30% en 2030 ; donc que l’objectif ne sera pas atteint. Le document ajoute que «l’inertie des dynamiques démographiques liées aux indicateurs de ce secteur pourrait expliquer cette situation» ; d’où, pour les auteurs de ce rapport, «l’importance d’identifier des interventions précoces au-delà du système éducatif qui puissent améliorer ces indicateurs, établir des modes de consommation et de production durable». S’agissant du niveau de réalisation très modeste de l’objectif 12, il «serait dû au fait que la forte croissance économique générée dans le scénario Pse induirait une augmentation dans l’utilisation d’un stock significatif de matériels dits sophistiqués», déclare le rapport.
Se réjouissant du fait que les élus locaux aient été associés à cet atelier de pré-validation du rapport national, le président de l’Union des associations d’élus locaux, Adama Diouf, s’est dit rassuré par les efforts qui ont été faits. «On sait que dans le domaine de la santé, la couverture médicale fait des efforts, des programmes de nutrition sont en train d’être déroulés, on a un programme d’agriculture, pour l’éducation, il y a le Paquet», a-t-il souligné. Toutefois, d’après M. Diouf, on doit redoubler d’efforts dans des secteurs comme l’éducation. «Dans ce secteur par exemple, les indicateurs montrent que si la tendance n’est pas corrigée en 2030, nous ne serons pas loin des 30%. Dans le domaine de l’industrie qui doit créer la croissance, lutter contre la pauvreté, si la tendance n’est pas corrigée, on ne sera pas loin des 25%», a-t-il fait savoir.
Représentant le ministre de l’Economie, des finances et du plan à cette rencontre, Mayacine Camara a reconnu qu’en termes de résultats, «il faut encore beaucoup d’efforts» et a pris acte des constats : «Nous avons projeté le Sénégal en 2030, mais nous avons constaté qu’il y a encore beaucoup à faire pour combattre la pauvreté et ne laisser personne en rade pour ce qui est des inégalités.» Pour lui, c’est toute l’importance de cet atelier qui devrait permettre de partager «les contraintes, formuler des recommandations de manière à les lever. Cela va permettre d’être d’accord sur les leviers sur lesquels nous devons nous appuyer pour lever ces contraintes. Est-ce que nous sommes sur le bon chemin ? Que devons-nous faire, et comment maintenir les bons points ?», a-t-il déclaré.
dkane@lequotidien.sn

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