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Celui qui était jusqu’au décès du 6e khalife général de Ndias­sane, Mame Bouh Mamadou Kounta, le porte-parole de la famille Akhloul Kountiyou, Ahmed Bachir Kounta, a été enterré hier dans le cimetière de Ndiassane.

Comme à Léona avec Sidy Lamine Niass, l’enterrement du journaliste Ahmed Bachir Kounta a connu des moments de tensions. Prévu après la prière de 14h, il a été finalement effectué juste avant la prière de «takoussane». Son fils aîné Okhbata Kounta avait souhaité qu’il repose dans sa demeure où une tombe avait déjà été creusée. Les autorités religieuses de Ndiassane ont refusé. S’en est alors suivi un long moment de négociations et de conciliabules entre les deux parties. L’imam de la grande mosquée, excédé par la situation, a déclaré devant le public, venu nombreux rendre un ultime hommage au défunt : «Si les enfants du défunt refusent de céder, je ne dirigerai pas la prière mortuaire. Nous allons les laisser se débrouiller parce que Ahmed Bachir ne mérite pas ça.» C’est seulement vers 16h 30mn que l’imam annonce le début de la prière mortuaire après l’intervention du khalife général de Ndiassane. Il a été ensuite enterré au grand cimetière de Ndiassane où il repose désormais, loin de son domicile en chantier et des mausolées des vénérés khalifes qu’il a eu à accompagner de son vivant. Un grand soulagement pour les populations de la capitale spirituelle de la Khadriya au Sénégal qui avait pris d’assaut la grande mosquée de Ndiassane dès l’arrivée du corps de Ahmed Bachir Kounta.
Agé de 82 ans, Ahmed Bachir Kounta, atteint d’un arrêt cardiaque dans la soirée du mercredi 16 au jeudi 17, à l’Institut hospitalier de Ouakam (Iho) où il avait subi une intervention chirurgicale, a rendu l’âme dans la même soirée. Son corps a été ensuite transféré à l’hôpital Principal pour la levée du corps hier matin, avant son inhumation à Ndiassane. Fils de Sidy Aly Kounta et de Sokhna Fatou Diagne, Bachir Kounta est né le 1er mars 1937 à Saint-Louis. Il s’était placé au 5ème rang des dignitaires de la famille de Cheikh Bouh Mamadou Kounta. Porte-parole de la famille durant quelques trois décennies, l’ancien journaliste de la Rts, grand reporter sportif des années 60/70, plusieurs fois honoré par la presse sportive sénégalaise, successeur de Alassane Ndiaye Alou, a guidé les pas du journaliste sportif Abdoulaye Diaw, qui se souvient encore du duo Alou-Bachir en 1967, lors du match retour Sénégal-Guinée. Il faisait partie des meilleurs journalistes-reporters sportifs de sa génération.
Homme religieux, intellectuel hors pair, celui qui est resté pendant plus de 30 ans porte-parole de la famille Ndiassane était très à l’aise aussi bien dans la langue française que wolof. Il mettait surtout l’accent sur les relations fraternelles entre Ndiassane et l’ensemble des foyers religieux du Sénégal. L’ancien sénateur, très connu dans le milieu religieux, médiatique et politico-institutionnel, ne fait pas dans la langue de bois pour exprimer ses convictions. Dans toutes les circonstances, il prenait plaisir à faire passer un message de paix, d’unité et d’union des cœurs et des esprits autour de l’essentiel. Le défunt, ancien présentateur du journal télévisé en wolof, avec un style bien particulier, avait l’habitude de demander à ses confrères de «faire preuve de responsabilité», relevant que «la liberté sans la responsabilité conduit à l’anarchie». Ancien conseiller au ministère de l’Intérieur, Ahmed Bachir Kounta avait bien voté pour la dissolution du Sénat dont il était le président de la Commission culture et communication.
nfniang@lequotidien.sn

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