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La guerre autour de la sauvegarde du littoral s’intensifie. Après les accusations de Barthélemy Dias, le régime, par le biais du ministre de l’Urbanisme, du logement et de l’hygiène publique, porte la réplique. «Je voulais dire que je me sens très indigné par les déclarations du maire de Mermoz-Sacré Cœur qui, quelquefois peut-être, par des tergiversations politiciennes, s’attaque à la délimitation des communes, arrête des chantiers qui sont dans d’autres communes. Après, il s’attaque au siège de l’Apr (Ndlr : Alliance pour la République) pour dire qu’il n’y a pas eu d’autorisation de construire et qu’il n’y a pas eu de paiement. Beaucoup de tergiversations politiciennes où on n’arrive même pas à savoir quel est le but de sa manœuvre», a fustigé Abdou Karim Fofana. Il y a quelques jours, Barthélemy Dias disait à qui veut l’entendre qu’il ne reculera pas et «ne cédera ni à l’intimidation encore moins à la corruption, car la protection du littoral est un sacerdoce». Le combat va donc être épique puisque M. Fofana aussi prévient : «Désormais, nous ferons face parce que le parcours politique des personnes ne doit pas se bâtir sur la base de mensonges et d’accusations faciles et fallacieuses.»
Le ministre souligne qu’«aujourd’hui, nous ne laisserons pas des hommes politiques coudre de fil blanc des choses qui ne sont pas vraies. Les documents administratifs sont là. Si ces gens qui s’expriment, surtout les hommes politiques et les maires, ont une telle conviction sur la sauvegarde du littoral, ils n’ont pas à signer des autorisations de construire. J’en ai même entendu dire que la Cour suprême les oblige à signer une autorisation si une personne détient un titre. Mais depuis quand Barthélemy Dias a peur de la prison ? C’est une nouveauté ça. Donc ce qu’il faut savoir aujourd’hui, c’est qu’il faut savoir raison garder. La corniche ouest, du boulevard de la République jusqu’à la mosquée de la divinité, c’est à peu près 16 km. Nous avons constaté qu’il y a à peu près 7 km sur les 16 qui sont inoccupés. On doit se battre aujourd’hui pour avoir un projet d’aménagement concerté».
Saisissant toujours l’occasion de sa visite effectuée d’hier sur le site de l’extension du marché des Champs de course, le ministre s’est prêté à un exercice d’explication sur l’occupation du littoral. Il déclare : «L’occupation du littoral ne date pas de 2012. Avant même l’indépendance du Sénégal, il y a une occupation traditionnelle du fait des pêcheurs et certaines populations qui ont l’habitude de vivre les pieds dans l’eau. Il y a aussi une occupation économique, d’intérêt public. Aujourd’hui, qui n’est pas fier d’avoir dans sa ville un hôtel comme le Terrou-Bi ou le Radisson ? Et il y a aussi les occupations privées qui ont fait l’objet d’affectations. Mais de quelles affectations ? Et elles datent de quand ? Quand on parle des Mamelles, les baux ont été faits avant 2012. Les autorisations de lotir ont été signées en 2012 par la Ville de Dakar. Donc on ne peut pas prendre toutes ces situations qui ont existé dans les années 2000 ou même avant, et où les débuts de construction ont commencé durant le magistère du Président Macky Sall, nous dire que le régime brade le littoral. Ce n’est pas une vérité.»
Poursuivant, Abdou Karim Fofana tente de laver le régime en place de tout soupçon. D’après lui, «les autorisations de construire données sur toute cette zone, c’est soit la Ville de Dakar, soit la commune de Fann-Point E-Amitié, soit la commune de Mermoz-Sacré Cœur. Qui dirigent ces communes ? Ce sont des opposants au régime. Donc il faut qu’on rétablisse la vérité». Par ailleurs, le ministre soutient dans le même registre qu’il n’est pas venu pour situer des responsabilités, pour dire que c’est l’ancien ou le nouveau régime. Pour lui, l’Etat c’est la continuité. Il est d’avis que les 760 km de côtes du Sénégal doivent être sauvegardés. Et dixit Karim Fofana, le Président Macky Sall a une détermination allant jusqu’à retirer des baux donnés à des pays amis, prenant même des risques diplomatiques sur ces sujets. Pour lui, d’ailleurs au-delà des agressions liées aux constructions, le littoral fait face à la pollution.

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