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Le président François Holl­ande a profité hier de la visite de son homologue du Sénégal, Macky Sall, pour faire part de son engagement à «faciliter l’octroi de la nationalité française aux tirail­leurs sénégalais qui ont combattu dans les rangs de l’armée française». C’est ce que souligne dans un communiqué reçu au journal Le Quotidien, Karfa Sira Diallo, directeur de Mémoires & Par­ta­ges. «François Hollande, à 5 mois de sa fin de mandat, va dans le sens du combat que nous avons mené au profit des tirailleurs sénégalais, surtout en faveur de l’égalité et de la justice. S’il faut accueillir, avec prudence, une annonce aussi tardive, il n’en reste pas moins qu’il s’agisse d’un pas significatif qu’on ne saurait bouder. L’absurde, inefficace et injuste obligation de résidence qui est faite à ces anciens combattants, obligés d’affronter les couloirs froids et la solitude des résidences Adoma, prendra ainsi fin. Et ces hommes pourront finir tranquillement leurs existences auprès de leurs familles», écrit Karfa Sira Diallo.  «Cette nouvelle ressource, la naturalisation, reconnaitrait enfin l’égalité entre tous ceux qui ont été et sont français, mais surtout est une «arme miraculeuse» pour le combat de la République. Cette première victoire sur l’absurde réglementation de l’après-guerre et sur la fatalité est une digue contre la colère des jeunes Français mais aussi un élargissement des possibles», expli­que-t-il.
Il faut rappeler qu’en novembre dernier, une élue socialiste de Bondy (Seine-Saint-Denis), Aïs­sata Seck, elle-même petite-fille de tirailleurs sénégalais, avait lancé une pétition appelant à la naturalisation de ces anciens combattants. «La pétition avait réuni plus de 40 000 signatures, dont celles du président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, de l’ancien ministre Jack Lang, de l’acteur Omar Sy, du comédien Jamel Debbouze, de Karfa Sira Diallo, directeur de Mémoires & Partages et aussi fils de tirailleurs sénégalais», lit-on dans le document qui rappelle par ailleurs que le 25 janvier dernier, un plaidoyer pour attirer l’attention des hommes politiques, en France comme en Afri­que, a été initié sur une catastrophe maritime qui coûta la vie à 568 personnes : «les tirail­leurs naufragés». «S’em­parant des revendications de l’association, une demi-douzaine de députés français, dont Noël Ma­mère (Giron­de) et Domi­nique Busse­reau (Charente-Mari­time), ont écrit au secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, Jean-Marc Todes­chini. Pour l’heure, celui-ci a fait recevoir une délégation par son cabinet mais ne s’est pas engagé», a précisé Karfa Diallo qui conclut son message en paraphrasant Victor Hugo : «Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue.»
arsene@lequotidien.sn

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