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L’Afrique peine à se départir du fléau de la faim malgré des potentialités importantes. Dans le cadre de la Revue stratégique pour l’éradication de la faim au Sénégal en 2030, une étude prospective montre qu’il faudra consacrer 1,64% du Produit intérieur brut (Pib) au secteur agricole pour atteindre cet objectif.

L’Afrique est le continent qui importe le plus de produits agricoles, alors qu’il dispose de 65% des terres arables du monde. Un gros paradoxe qui fait que le continent n’arrive pas à se départir du fléau de la faim. Les objectifs de développement durable numéro 2 et 17 visent à éradiquer ce fléau à l’horizon 2030. Le Sénégal pourrait bien y arriver, à en croire Mme Ndioro Ndiaye qui coordonne l’élaboration de la Revue stratégique pour l’éradication de la faim en 2030. L’ancienne ministre qui présentait hier les résultats de cette revue estime que l’objectif est bien à la portée du Sénégal, si les investissements nécessaires sont faits. Selon les projections faites dans le cadre de la Revue, le coût financier pour atteindre les résultats escomptés est chiffré à 1,64% du Produit intérieur brut (Pib). En 2018, ce pourcentage correspond à 112,632 milliards de francs Cfa contre 235,630 milliards en 2035. Différents scenarii corroborent ces chiffres. En effet, dans le scenario tendanciel, le Sénégal n’atteindrait que 9,2% des objectifs en 2030, si rien n’est fait. Mais dans le scenario Zéro faim, le pays pourrait afficher une réussite de 72,3%, indique Mme Ndiaye.
Pour le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, Dr Papa Abdoulaye Seck, l’éradication de la faim passe par une agriculture productive et durable. Et pour cela, des préalables sont essentiels. Et poursuit le ministre, il s’agit de l’utilisation de l’innovation et de la technologie. «Il n’est pas possible de transformer structurellement les agricultures en Afrique sans une science domestiquée qui, à partir d’une bonne étiologie, propose des thérapies opérationnelles permettant de produire plus et mieux», souligne Dr Seck qui ajoute que parmi les préalables indispensables à une production agricole suffisante figure l’existence d’infrastructures d’accueil et de valorisation de la production agricole. «Il faut aussi un assainissement de l’environnement de la production et de la commercialisation pour optimiser les revenus des producteurs. Il faut aussi un changement de nos attitudes et de nos comportements», dit-il.

Les femmes mangent moins bien que les hommes
Dans le cadre de l’élaboration de la Revue stratégique pour l’éradication de la faim en 2030, l’étude prospective menée a permis de constater que le Sénégal est en mesure d’atteindre les objectifs pour certaines des cibles. «Pour ce qui est de la malnutrition, on est capable avec les réformes actuelles d’atteindre l’Odd 2 à plus de 72%. Pour ce qui est du retard de croissance chez les enfants, le Sénégal est capable d’atteindre 98% de l’Odd 2. Pour ce qui est de la modernisation de l’agriculture, de la disponibilité d’intrants, de semences de qualité, d’assurance, on est capable de booster notre agriculture à 75%», indique Mme Ndiaye. Elle note ainsi que le taux de couverture des besoins céréaliers est aujourd’hui de 71,75% contre 43,74% en 2014. Dans la couverture des besoins alimentaires, des disparités de genre laissent apparaître que les femmes mangent moins bien que les hommes. «Les femmes ne sont pas les premières bénéficiaires de leurs productions», indique Mme Ndiaye.
La représentante du Pnud à Dakar, Mme Priya Gajraj, note que dans certains pays africains, les femmes constituent 60% de la main-d’œuvre agricole. Ces disparités de genres doivent être éliminées, souligne Mme Ndiaye qui, dans ses recommandations, prône l’égalité d’accès aux terres, aux services financiers et aux marchés.
mamewoury@lequotidien.sn

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