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L’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes) a choisi cette année d’organiser pour ses membres une séance de renforcement de capacités sur des soins maternels et néonatals respectueux et de qualité. L’Ansfes considère cette offre de soins comme une réponse aux violences basées sur le genre. Sa présidente a en outre appelé les autorités à recruter encore plus de sages-femmes pour faire face au défi de la mortalité maternelle et néonatale.

L’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal (Ansfes) célèbre la femme en ce 8 mars, journée dédiée au respect de leurs droits. Loin du folklore habituel, les sages-femmes ont préféré partager avec leurs collègues des régions les bienfaits de l’accouchement humanisé qui, selon elles, constitue une réponse aux violences basées sur le genre. Pour la présidente de l’Ansfes, la plus grande violence basée sur le genre est la mortalité maternelle. «On peut être papa sans en mourir. Par contre, les femmes meurent en donnant la vie», regrette Bigué Ba Mbodj, qui précise que dans notre pays, 236 décès maternels sont enregistrés pour 100 mille naissances.
Pourtant, l’accouchement humanisé peut être la panacée pour sauver chaque année des centaines de vies. D’ailleurs, l’évaluation du Projet de renforcement des soins de santé maternelle et néonatale initié en 2001, en partenariat avec la Jica, indique des résultats probants en termes d’amélioration de la qualité des services et de satisfaction des bénéficiaires. Une initiative qui offre des soins maternels et néonatals respectueux en donnant la possibilité aux femmes enceintes de choisir un accouchement en style libre. Pour le moment, il y a le centre de santé Gaspard Camara qui pilote le projet sur la pratique de l’accouchement humanisé. Aussi, à l’hôpital de Pikine où une salle a été aménagée pour les besoins de l’accouchement en style libre. Egalement, chaque région dispose d’une équipe-pilote et les sages-femmes formées pour mettre en pratique cette forme d’accouchement.
Aujourd’hui, le défi est de faire en sorte que toutes les sages-femmes puissent être formées. Et pour cette raison, explique Mme Mbodj, l’Ansfes a organisé cette journée de renforcement de capacités pour que, quelle que soit la zone d’exercice des sages-femmes, elles puissent pratiquer l’accouchement en style libre. Il faut dire que les sages-femmes sont en première ligne dans l’offre de soins maternels et néonatals, car elles assurent jusqu’à 98%, selon Dembo Guirassy, chef de la Division de la santé de la mère et de l’enfant. Par conséquent, note-t-il, elles peuvent jouer un rôle central dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile. L’Ansfes l’a comprise. Depuis deux ans, elle s’est engagée à devenir la partenaire des femmes, des familles et de toutes les communautés. Mais cette volonté se heurte souvent au manque de moyens, surtout humains. Bigué Ba Mbodj a encore fait le plaidoyer. «Nous voulons un renforcement de l’effectif. Si on veut que les sages-femmes puissent être au-devant de la scène et apporter un soutien, un accompagnement ainsi que prodiguer des services de qualité à toutes les femmes, il faudrait recruter le maximum de sages-femmes», plaide-t-elle. Poursuivant, elle explique : «Le Sénégal est l’un des rares pays où on voit des sages-femmes formées, diplômées et qui continuent à chômer alors qu’il y a un manque criard de personnels dans les structures de santé.»
La présidente de l’Ansfes demande aussi à ce que la formation de base de la sage-femme soit revue pour que celles qui sortent des écoles puissent être aussitôt opérationnelles. L’Ansfes veut également un renforcement des plateaux techniques pour permettre aux prestataires d’offrir des soins de qualité à toutes les femmes, quels que soient leur condition et leurs lieux d’habitation.
ndieng@lequotidien.sn

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