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Le président du collège des producteurs d’oignon demande que l’Etat mette son grain de sel dans la régulation de la filière, pour que les intermédiaires ne consomment pas toute la plus-value de ce produit, au détriment des producteurs et des consommateurs.

La commercialisation de l’oignon au Sénégal pose problème. L’avis est du président du collège des producteurs d’oignon du Sénégal, Boubacar Sall. Il prenait part à une rencontre de présentation et de vulgarisation de nouvelles variétés d’oignon aux producteurs et autres acteurs de la filière organisée par Top Mountain. Selon lui, les producteurs rencontrent beaucoup de difficultés pour commercialiser l’oignon. Il explique : «Il est incompréhensible que l’on laisse les intermédiaires se livrer à des fluctuations incontrôlées sur le prix de l’oignon. Des fluctuations qui sont à leur avantage au détriment des producteurs et des consommateurs. Surtout qu’il y a présentement une quantité suffisante d’oignon sur l’ensemble du marché national. Le consommateur sénégalais paie le kg d’oignon entre 400 et 450 francs Cfa alors que les intermédiaires l’achètent à 100 ou 150 francs Cfa bord champ. Un bénéfice exorbitant qui fait que l’intermédiaire gagne trois ou quatre fois plus que le producteur. Et ceci au détriment du consommateur.»
Pour dire, comme Boubacar Sall, «il faut que l’Etat prenne des dispositions appropriées pour mettre un terme à de telles pratiques». Pour cela, le producteur a demandé la mise en place de lieu de stockage sur toute l’étendue du territoire pour réguler le marché. «Si nous avons des sites de stockage et de conservation de la production, nous pouvons réguler le marché, mais aussi décrocher de débouchés dans la sous-région puisque le seuil de l’autosuffisance est aujourd’hui largement atteint». Il a poursuivi : «Aujourd’hui nous avons un problème de débouché au niveau de la sous-région. Parce que nous avons assez d’oignon à Dakar et dans l’intérieur du pays au point que nous avons demandé aux producteurs d’arrêter la production. Nous sommes la première spéculation qui a atteint, avant 2017 date échue, les objectifs fixés par l’Etat.» Revenant sur la rencontre de présentation et de vulgarisation de nouvelles variétés d’oignon aux producteurs et autres acteurs de la filière, organisée par Top Mountain, le président du collège des producteurs d’oignon du Sénégal, Boubacar Sall, a signalé, que ces «variétés hybrides après test ont donné des rendements record. Elles se conservent mieux mais elles ont un cycle long de quatre mois et demi alors que les locales mettent seulement trois ou quatre mois au maximum pour arriver à maturité. S’y ajoute que certaines de ces nouvelles variétés peuvent être cultivées pendant la saison des pluies. L’avantage étant que nous pourrons produire toute l’année».
A sa suite, la directrice de la société Top Mountain, Marième Sy Top, spécialisée dans la fourniture d’intrants et de matériels agricoles, a indiqué que l’introduction de ces nouvelles variétés hybrides répond à une volonté de contribuer à l’atteinte des objectifs d’autosuffisance fixés par l’Etat sénégalais, qui sont l’un des axes prioritaires du Plan Sénégal émergent (Pse). Car, selon elle, ce sont des variétés très performantes qui permettent aux producteurs d’être actifs en toute saison. «Nous voulons apporter notre contribution dans le développement de l’oignon au Sénégal. A cet effet, Top Mountain a eu à mener des contacts à l’extérieur pour introduire des variétés de semences hybrides pour le développement de la culture de l’oignon. Des variétés très performantes, surtout pour la culture pendant l’hivernage. Donc c’est pour favoriser un étalement de la culture de l’oignon en toute saison au Sénégal. Ce qui participe à l’autosuffisance en oignon qui est déjà amorcée à travers le Pracas.»
Mme Top va expliquer que «les semences hybrides ont la spécificité de pouvoir résister à la chaleur, surtout dans nos zones tropicales. Ensuite elles sont résistantes à certaines maladies et ont des rendements plus élevés». Marième Sy Top conclura en notant que «les semences hybrides sont plus adaptées aux changements climatiques et peuvent être une alternative à l’oignon local qui a moins de performance dans ce que nous venons de citer à savoir les maladies, les rendements et la précocité des conditions culturales».
nfniang@lequotidien.sn

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