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Pendant longtemps, on a cru que l’écart salarial entre les hommes et les femmes était fortement lié au niveau d’instruction. Le dernier rapport de l’Oit sur la question souligne que «s’il existe des disparités importantes d’un pays à l’autre, dans l’ensemble le niveau d’instruction et les autres attributs professionnels n’expliquent que partiellement l’écart salarial entre hommes et femmes».

Les écarts salariaux entre les hommes et les femmes existent toujours malgré les efforts qui sont faits. Dans son dernier rapport, l’Organisation internationale du travail (Oit) tente de trouver les causes de cet écart. Dans son document, l’Oit souligne que «s’il existe des disparités importantes d’un pays à l’autre, dans l’ensemble le niveau d’instruction et les autres attributs professionnels n’expliquent que partiellement l’écart salarial entre hommes et femmes en différents points de la répartition des salaires». D’après les auteurs du document, «la part inexpliquée de l’écart salarial hommes-femmes prédomine dans presque tous les pays, quel que soit le groupe de revenus auquel ils appartiennent». S’agissant des pays à revenu élevés, le rapport informe que «l’instruction contribue en moyenne pour moins d’un point de pourcentage à l’écart salarial entre hommes et femmes, bien que cette contribution soit beaucoup plus importante dans certains d’entre eux». Poursuivant leurs explications, les experts de l’Oit soutiennent que «ce constat général n’a rien d’étonnant, car dans les pays de ce groupe de revenus, le niveau d’instruction des femmes occupant un emploi rémunéré est souvent plus haut que celui des hommes». Donc, soulignent-ils, «l’écart salarial entre hommes et femmes ne peut donc pas s’expliquer par un niveau d’instruction plus bas». Ce qui est plus surprenant selon eux, «c’est que dans la majorité des pays à revenu faible ou intermédiaire, le niveau d’instruction inférieur n’est pas non plus un facteur vraiment déterminant pour expliquer l’écart salarial hommes-femmes». Ce, même si les femmes «ont généralement un niveau d’instruction plus bas que les hommes dans nombre de ces pays». D’après les auteurs du rapport, cela «s’explique dans la pratique par le fait qu’une grande partie des femmes peu instruites restent en dehors du marché du travail ou travaillent à leur propre compte et non en tant que salariées».
A défaut de pouvoir expliquer cette situation, le rapport de l’Oit «apporte un éclairage sur cette question en examinant les catégories professionnelles et en montrant que dans de nombreux pays, les femmes ont un niveau d’instruction plus élevé que les hommes de la même catégorie professionnelle». Ce qui, poursuit le document, «ne les empêche pas d’être moins payées». L’autre élément de réponse fourni par le rapport, c’est «la sous-évaluation du travail des femmes dans des professions et des entreprises fortement féminisées». Le rapport, analysant un échantillon de pays, «montre que les salaires des femmes et des hommes ayant le même niveau d’instruction sont généralement plus bas dans les professions à forte dominante féminine que dans les autres».

Ecart salarial lié à la maternité
Par ailleurs, les auteurs du document ayant analysé «l’écart salarial lié à la maternité», c’est-à-dire l’écart salarial entre les mères et les non-mères, estiment «que cet écart de rémunération va de 1% ou moins au Canada, en Mongolie ou en Afrique du Sud à un taux aussi élevé que 30% en Turquie». Selon le rapport, «le fait que les mères soient moins payées peut être lié à de nombreux facteurs, notamment l’interruption de leur activité professionnelle ou la réduction de leur temps de travail, le choix d’emplois plus compatibles avec la vie de famille, mais moins bien rémunérés, ou encore, de part des entreprises des décisions stéréotypées en matière de recrutement et de promotion qui pénalisent la carrière des mères».
Mettant l’accent sur la faiblesse des données de qualité pour expliquer les causes des écarts salariaux entre les hommes et les femmes, le rapport recommande aux pays d’y remédier. Relevant que «les pays à revenu faible ou intermédiaire, en particulier, n’ont que très peu de statistiques sur les salaires moyens des femmes et des hommes», l’Oit indique qu’une «solution possible consisterait à revoir et modifier les enquêtes existantes en introduisant par exemple des modules ayant spécifiquement trait aux écarts salariaux entre hommes et femmes dans des enquêtes transversales». Con­cernant les pays mieux dotés en ressources, le rapport souligne que «les données de panel peuvent contribuer dans une certaine mesure à résoudre quelques-uns des problèmes liés à l’interprétation des événements du cycle de la vie». En outre, il est recommandé de «ne pas se contenter de simples mesures de l’écart salarial entre hommes et femmes». Il s’agit «d’examiner plus en détail les structures salariales respectives des hommes et des femmes, d’analyser les écarts salariaux hommes-femmes dans des sous-groupes de salariés plus homogènes, et de calculer des écarts salariaux pondérés entre hommes et femmes».
dkane@lequotidien.sn

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