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Entrée en vigueur en janvier 2016, la loi interdisant la production et l’importation de sachets en plastique n’a nullement atténué l’utilisation de cette matière aux conséquences néfastes. Pour Omar Sarr du Centre de suivi écologique de Dakar, cette loi à elle seule ne peut pas résoudre «le péril plastique qui nous est tombé dessus». «Ce n’est pas suffisant, la loi sur le plastique», a-t-il fait savoir lors d’une conférence sur la pollution plastique organisée par la Fondation Sococim.
Khadija Dramé Diop, con­seillère juridique à la direction de l’Environnement et des établissements classés, et Mamadou Faye, professeur de Svt, ont été les autres animateurs de la conférence tenue au centre culturel Maurice Guèye. «Il faut des textes d’accompagnement tels que les décrets réglementaires, les circulaires, les arrêtés», a estimé Omar Sarr, faisant savoir que les pouvoirs publics s’activent à la matérialisation effective des mesures complémentaires. «Le décret est en train d’être préparé au niveau du ministère de l’Environ­nement. Et après sa signature, d’autres textes ministériels, des circulaires et autres vont nous aider à prendre en compte tous les aspects», a expliqué M. Sarr. Au-delà même de légiférer, l’Etat doit, de l’avis du co-conférencier, mettre en place des mesures incitatives dans le cadre du recyclage des produits plastiques. «Par exemple, en détaxant les machines pour le recyclage ou en incitant par d’autres moyens», a-t-il préconisé. «Il faut 10 minutes pour faire un sachet en plastique, deux heures peut-être pour l’utiliser et 400 ans pour qu’il soit résorbé. Cette phrase massue doit être entendue par tout le monde en termes de plaidoyer», a théorisé M. Sarr, appelant à un changement de comportement sur la question du plastique.
Patricia Diagne, administratrice de la Fondation Sococim, a souligné le rôle important que peuvent jouer les cimenteries dans la lutte contre le plastique. Selon elle, ces entreprises, avec les fours dont elles disposent, peuvent brûler les déchets plastiques sans impact sur l’environnement et les personnes. «Les mesures du ministère de l’Environnement sont assez complémentaires de la politique de Sococim industries en matière de recyclage, notamment de valorisation thermique des plastiques», a-t-elle ajouté, ouvrant en perspective les portes de la cimenterie de Rufisque à une éventuelle collaboration pour mieux faire face au péril plastique.
abndiaye@lequotidien.sn

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