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Placée sous le thème «Agissons maintenant pour protéger et aider les victimes de la traite», la célébration de la journée dédiée à cette lutte est une occasion de faire un plaidoyer pour aider à l’identification des victimes et des auteurs de ces crimes. En conférence de presse hier, le secrétaire permanent de la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes a fait savoir que le phénomène persiste, mais «il y a une difficulté à avoir un chiffre exact».

La traite des personnes est réelle au Sénégal. Seulement, comme dans tous les pays, le pays fait face à une absence de statistiques sur cette question. En conférence de presse dans le cadre de la célébration de la Journée de lutte contre la traite des personnes, Chantal Lacroix, représentante régionale adjointe de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), a fait savoir que «la traite des personnes existe sous plusieurs formes», de l’exploitation par la mendicité des enfants à la prostitution forcée, en passant par le travail domestique, notamment des Sénégalaises vers des pays du Maghreb. Embouchant la même trompette, le secrétaire permanent de la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes soutient que le phénomène persiste au Sénégal et touche les couches les plus vulnérables (les femmes et les enfants). Reconnaissant qu’il «y a une difficulté à avoir un chiffre exact», Mody Ndiaye souligne que des études sont faites sur ces questions, mais il n’y a que des chiffres globaux. «Par exemple, concernant la servitude domestique, nous avons fait une étude pas encore partagée et qui donne des chiffres globaux. Face à ces crimes, il est difficile d’avoir des chiffres spécifiques», a-t-il dit. Poursuivant ses propos, M. Ndiaye soutient qu’il y a un travail de fond à faire pour faire comprendre à certaines personnes qu’elles sont victimes de traite et qu’elles doivent dénoncer les auteurs. Parce que, selon lui, «les victimes potentielles ne s’auto-identifient pas, elles ne dénoncent pas les faits qu’elles subissent». «Le défi, c’est l’identification des victimes de traite, l’existence de pièces embryonnaires et une meilleure application de la loi», a-t-il dit.
Interpellé sur le Programme de retrait des enfants de la rue victimes d’exploitation par la mendicité, M. Ndiaye souligne qu’il est suspendu en ce moment pour des raisons logistiques et techniques. Et le secrétaire permanent de la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes de rassurer : «Mais la décision est toujours maintenue. Sous peu, ça va reprendre.» Concernant le reproche fait au Sénégal par le Conseil d’Etat américain sur l’exploitation des enfants et la poursuite des auteurs, M. Ndiaye reconnaît que le Sénégal doit faire des efforts pour aller beaucoup plus vite.
Par ailleurs, il faut noter que selon l’Onudc, les victimes en Afrique de l’Ouest de traite sont en majorité à l’intérieur de la même région. D’après Mme Lacroix, c’est seulement 13% des victimes qui le sont hors de leur région. «Les filles issues du Sénégal, du Mali de la Côte d’Ivoire sont victimes du travail domestique ou de l’exploitation sexuelle vers des pays comme le Gabon, la Guinée Equatoriale, les pays du Maghreb et quelque fois vers l’Europe», a-t-elle dit.
dkane@lequotidien.sn

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