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Il est passé de la parole à l’acte. Le gouvernement mène depuis jeudi une opération de désencombrement de l’espace qui environne le stade Léopold Sédar Senghor (Lss). Sous la supervision des policiers et des Asp, des garages de mécaniciens, des ateliers de tôliers, de menuisiers entre autres ainsi que des gargotes ont été démolis. C’est une scène habituelle : Un Caterpillar réduit à néant les cantines avant l’arrivée des camions qui chargent les déchets et ferrailles. Une situation qui a surpris les occupants qui ont pourtant été sommés depuis l’année dernière de vider les lieux devenus anarchiques. Certains n’ont pas pu récupérer leurs baguages et n’ont que leurs yeux remplis de larmes pour constater les dégâts. Alors que d’autres font une course contre la montre afin de faire évacuer l’essentiel avant la venue des bulldozers qui massacrent tout sur leur passage.
La trentaine, air fatiguée, Ngoné Ngom tenait une gargote sur les lieux. Elle habite à Diakhaye et c’est à travers un group WhatsApp qu’elle a appris l’information. «Je n’étais pas au courant. Je ne l’ai su qu’hier (jeudi) vers 19h. Je n’ai pu récupérer que quelques matériels et puis les agents de sécurité m’ont sommée de rester sur place. Je n’ai même pas vu le reste de mes baguages. On est vraiment surpris. Ils ont attendu que les gens aillent fêter la Tabaski pour qu’ils puissent procéder à cette opération de déguerpissement. C’est vraiment malhonnête», témoigne Ngoné. «Nous avons un Président qui est né après les indépendances. Donc, le gouvernement devrait être plus tolérant envers la jeunesse, surtout envers les ouvriers. Auparavant, ce lieu était beaucoup plus dangereux. C’est nous qui avons joué un grand rôle dans la sécurisation de cet espace, car nous intervenions lors des agressions», déclare Pape Dème, électricien automobile, complètement abattu. Lui et ses camarades implorent un recasement. «Avant de nous faire déguerpir, les dirigeants devaient d’abord nous trouver un autre lieu. C’est le minimum», ajoute d’un ton colérique M. Dème qui a quand même pu récupérer à temps l’essentiel de ses outils de travail.
Cette opération entre dans le cadre du concept «Sénégal propre» lancé par le gouvernement. «C’est la volonté du président de la République. C’est exactement le 8 août qu’on a lancé la Journée nationale de la propreté et de l’hygiène. En une semaine, le ministre l’a matérialisée», s’est félicité le maire de Patte d’Oie Builders, Banda Diop. Il avait effectué une descente nocturne au parking de stade Léopold Sédar Senghor en compagnie du ministre de l’Urbanisme, du logement et de l’hygiène, Abdou Karim Fofana, qui a décidé de passer aux actes après des semaines d’hésitation.
En tout cas, les riverains du Léopold Sédar Senghor saluent ces opérations de déguerpissement, car l’occupation anarchique de ces lieux avait fini par installer l’insécurité et l’insalubrité. Bref, le malheur des uns fait le bonheur des autres. «C’est une bonne chose. Nous avons tous constaté la situation dans laquelle se trouvait l’alentour du stade. C’était un lieu de débauche. Il y avait de la promiscuité et des cas d’agression. Il était temps que l’Etat fasse cela», se réjouit Alioune Ndour. Il a effectué le déplacement avec ses voisins pour constater l’opération de libération de ce lieu qui donne un bol d’air aux habitants des Unités 25 et 26 des Parcelles Assainies et de la Cité Damel. Jusqu’à quand ?

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