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Serigne Mboup répond aux accusations du «Protocole de l’Elysée» de Thierno Alassane Sall sur les contrats pétroliers. Le directeur général de la Société africaine de raffinage et responsable de l’Apr dénonce aussi le manque d’«élégance républicaine» de l’ancien ministre de l’Energie.

Le directeur général de la Société africaine de raffinage (Sar) se veut catégorique : «Il y a un certain nombre de faits qui ne reflètent en rien la vérité» dans Le Protocole de l’Elysée de Thierno Alassane Sall. Serigne Mboup pense que l’ancien ministre de l’Energie a une «méconnaissance totale» de l’exploration pétrolière, du Code pétrolier, de ses mécanismes et de l’interprétation que l’on peut faire des propositions techniques «parce que ce n’est pas son métier». Pour le maire apériste de Pire qui présidait une journée de reboisement samedi, dans sa commune, «il n’y a pas de protocole de l’Elysée et tous ceux qui sont dans les affaires savent ce que l’on appelle ‘’Protocole d’accord’’». Revenant sur cette fameuse visite du Président Sall en France qui justifie le titre du livre de TAS, M. Mboup explique : «Il est d’usage, et par voie diplomatique, quand des chefs d’Etat font des visites, que les ministres ou ceux qui gèrent un certain nombre de secteurs publics signent des accords d’intention de partenariat. Quand Total et Petrosen mettent sur un papier leur intention de se rencontrer au Sénégal pour regarder le potentiel pétrolier et voir s’il y a un intérêt ou pas pour Total, et que le ministre de l’Energie le signe devant les deux chefs d’Etat, je pense que cela fait partie des choses qui sont normales. Nous savons ce qu’il y a dans ce protocole ; d’abord parce que nous faisons partie de ceux qui l’ont préparé.»
Outre ces «observations», Serigne Mboup a souligné que Total a investi «plus de 100 milliards de francs Cfa» dans la recherche de pétrole au Sénégal. «La chanson la plus scandée, c’était que le pétrole a été donné à Total. Où est le pétrole qu’on a donné à Total ?», s’interroge-t-il. Il a rappelé le fonctionnement du business des compagnies pétrolières : «Elles prennent des risques. Et quand elles découvrent, elles récupèrent leurs investissements et partagent ce qui reste avec les Etats.»
S’agissant de l’affirmation de TAS selon laquelle «Timis a son bloc et qu’il n’a rien fait», M. Mboup reste catégorique : «Ce n’est pas conforme à la réalité. Timis a fait des choses qui ont montré leurs potentiels et qui ont incité Kosmos à rejoindre Timis dans le bloc.» Et il dénonce : «Dire que le fait que Kosmos donne des parts à Timis c’est de l’argent du contribuable que l’on planque, cela veut dire que l’on ne comprend pas comment ça fonctionne ou alors qu’on ne fait pas preuve de bonne foi.» Pour Serigne Mboup, «quand on dit des choses de cette nature et dans la forme qu’on le dit, forcément on y lit un peu de rancune, d’aigreur, et cela aussi n’est pas justifiable ni acceptable». Il n’a pas apprécié non plus la démarche du leader de la République des valeurs. «Nous avons aujourd’hui plusieurs centaines d’anciens ministres qui ont eu à gérer des secteurs stratégiques. Si chacun se mettait à dire tout ce qu’il a fait et tout ce qu’il a vu, il y aurait des difficultés.» Cela, regrette-t-il, ne fait pas partie de «l’élégance républicaine».

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