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Avec «près d’un million de Sénégalais privés de leur droit de vote», le mouvement Y’en a marre qualifie d’«échec total» l’organisation des élections législatives du 30 juillet dernier. En conférence de presse hier, Thiat, Fou Malade, Aliou Sané et Babacar Ba du Forum du justiciable ont assimilé le scrutin à un «recul démocratique». Et comme souvent depuis quelque temps, c’est Abdoulaye Daouda Diallo qui est pointé du doigt. «Le ministre de l’Intérieur doit reconnaître son échec et démissionner. Il est incapable de nous produire des cartes d’identité. C’est 53 milliards de F Cfa que les Sénégalais ont déboursés pour ces cartes. De plus, les élections se sont déroulées dans un manque de transparence total. Ce ministre doit présenter ses excuses aux Sénégalais», tonne Fou Malade.
Pour sa part, Thiat appelle les Sénégalais à prendre leur destin en main, car «l’Etat du Sénégal ne les respecte pas». En ce sens, les Y’en a marristes ont pris l’initiative de lancer en ligne une plainte contre l’Etat. Au terme des signatures, la plainte sera déposée sur la table de la Cour de justice de la Cedeao par un pool d’avocats déjà commis, d’après le rappeur du groupe Keur Gui. «Nous appelons les Sénégalais à signer cette plainte. Nous ciblons tous ceux qui n’ont pas reçu leur carte d’identité. La jeunesse a été exclue et privée du droit de vote. Il faut que les Sénégalais apprennent à porter plainte contre leur Etat. On dit souvent ‘’ngour dafa bari doolé’’ (l’Etat est très puissant). La puissance appartient au Peu­ple», tempête Thiat.
Pour Y’en a marre, de telles «dérives» ne doivent pas se répéter lors de la Présidentielle de 2019. Pour cela, il avertit : «Nous ferons tout ce qu’il faut pour mettre la pression sur l’Etat afin qu’il organise des élections transparentes et nous évite cette mascarade qui a eu lieu le 30 juillet. On va investir la rue et multiplier les campagnes de sensibilisation. C’est une question de survie parce qu’il n’est plus question de laisser faire ce gouvernement incapable.» Aussi, Thiat et Cie comptent sensibiliser les autres Etats de la sous-région sur la carte d’identité biométrique Cedeao. «Cette plainte sert également à prévenir les autres Etats de la sous-région parce que cette nouvelle pièce d’identité peut être une trouvaille pour une fraude électorale en faveur du pouvoir en place», conclut Fou Malade.

bgdiop@lequotidien.sn

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