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S’agit-il d’un espoir sur un océan d’inquiétudes ? En tout cas, les conclusions de la réunion de sécurité, tenue hier à la gouvernance de Thiès, ont montré que depuis l’interdiction du filet «Félé-félé», plus connu sous le nom de monofilament, dans la zone de Mbour, plus aucun cas de la nouvelle maladie dite mystérieuse et qui touche les pêcheurs n’a été enregistré. Un constat qui rejoint la suggestion du Centre régional de recherches en écotoxicologie et sécurité environnementale, commis pour assurer l’analyse de l’eau de mer suite à l’apparition de cette maladie, «d’orienter les recherches vers les filets utilisés par les pê­cheurs». Entres autres questions relevées lors de la réunion du Comité régional de sécurité, les cas de réinfection et la persistance de la maladie à Joal.

Thiès est la piste du filet Félé-félé. Ce monofilament, une pratique de pêche bannie dans certaines zones de pêche comme Cayar, serait-il à l’origine de la nouvelle maladie dite mystérieuse qui touche les pêcheurs ? «En tout cas, les différents participants à cette réunion du comité de sécurité regroupant les chefs de services régionaux, le médecin-chef de région et l’ensemble des médecins-chefs de districts de la région pour partager un document relatif à la présentation de la maladie, ont indiqué que la principale cause de la nouvelle maladie des pêcheurs serait le filet Félé-félé qu’ils utilisent», déclare Oumar Ndiaye, adjoint au gouverneur en charge du développement. L’autorité administrative fait constater : «Depuis que le préfet de Mbour a pris un arrêté interdisant l’utilisation du filet Félé-félé dans la zone de Mbour, nous n’avons pas enregistré de nouveaux cas.»
Le médecin-chef de région, Dr El Hadji Malick Ndiaye, de renchérir : «Les autres types de filets utilisés par les pêcheurs n’ont pas entraîné de maladies chez les personnes qui l’utilisent. Et c‘est dans la zone de Joal où ce type de filet n’est pas interdit qu’on continue à avoir des cas. Il faudrait donc surveiller ce filet-là. C’est pourquoi le gouverneur a demandé aux chefs de services de la pêche et de l’environnement de voir la nature du filet incriminé.» Egalement, «le préfet de Mbour compte avoir une séance de travail avec les pêcheurs pour essayer de voir avec eux comment trouver un consensus pour interdire l’utilisation de ce filet incriminé pour un moment très court. Et si pendant l’interdiction nous ne voyons plus de cas de dermatose, on pourra effectivement affirmer, parce que c’est un appel par l’observation, que c’est ce type de filet qui est à l’origine de ces dermatoses». Laquelle observation, selon le patron de la Région médicale, sera dirigée par les autorités administratives avec l’accompagnement de l’équipe médicale de Joal qui sera chargée de la surveillance. «Si ce problème de l’utilisation du filet est identifié, on pourra aller à la résolution de la maladie.» Mais tient-il à préciser : «Il y a toujours une mission scientifique qui est mise en place par les ministères de la Santé, de l’Environnement et de la Pêche pour voir l’origine du problème et le régler de façon définitive.»

Persistance de la maladie à Joal
Pour l’heure, la Région médicale a enregistré au total 507 cas dont le plus grand nombre est recensé à Ndayane avec 300 cas, Joal 104 cas, Mbour 30 cas… Dr El Hadji Malick Ndiaye rassure : «Nous n’avons plus de nouveaux cas à Ndayane et Mbour, et même à Fass Boye dans le département de Tivaouane. Les seuls cas que nous avons recensés sont importés, ils nous viennent des zones de Rufisque et Thiaroye. Les nouveaux cas n’apparaissent qu’à Joal. On va augmenter la surveillance dans cette zone.»
A la question de savoir pourquoi la maladie persiste toujours à Joal, le médecin explique que depuis l’apparition de la maladie dans certaines zones de pêche, des pêcheurs ont migré vers la zone côtière de Joal pour continuer leurs activités. D’où la persistance de la maladie dans cette zone de pêche où le médecin chef de district a recensé, rien que dans la journée du 25 novembre 2020, 30 nouveaux cas. «C’est d’ailleurs les seuls cas sous traitement dans la région», indique Dr Ndiaye, qui annonce, en outre, des cas de réinfection.
«On nous a signalé qu’à Joal certains pêcheurs qui avaient été atteints une première fois sont retournés repêcher et en revenant, ils ont eu encore les mêmes types de lésions.» Et d’insister : «Il faut les suivre.» Il s’est toutefois réjoui que «tous les malades de la région (soient) guéris. Ils ont été traités gratuitement par le ministère de la Santé. Sur les 507 cas, il ne reste que 30 cas qui sont suivis, les autres sont tous guéris.»

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