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«Le président de la Répu­bli­que a lancé le programme «Zéro déchet». Dans ce cadre, il a fixé comme objectif de faire chaque mois un clean up, une journée de nettoiement. Nous sommes en train de travailler avec notre ministère de tutelle pour la définition de ce programme «Zéro déchet». C’est un programme qui va se faire dans le temps. Il n’y a aucun pays qui peut faire zéro déchet en un mois. Par contre, on peut faire, comme l’a dit le président de la République, une journée de nettoiement au niveau national. Il faut savoir que l’objectif «Zéro déchet» n’est pas utopique. Nous travaillons avec notre département, avec des acteurs. Nous sommes en train de peaufiner, de préparer des projets qui nous permettraient d’atteindre ces objectifs.

«Nous avons des partenaires pour atteindre les objectifs»
En tant qu’Etat, nous ne dirons pas que l’Etat a les moyens nécessaires. Nous avons des partenaires pour atteindre les objectifs. Nous sommes en train, avec la Banque islamique et l’Etat du Sénégal, de finaliser le Projet de gestion des déchets solides urbains (Pgdsu), évalué à hauteur de 17 milliards et qui permet de faire des infrastructures de traitement et de valorisation des déchets, notamment dans 3 pôles, Touba, Tivaouane et Kaolack. Au moment où je vous parle, nous avons au niveau de ces pôles des centres intégrés de valorisation des déchets qui sont un peu des centres d’enfouissement technique construits à un taux d’exécution de 75%. Nous avons reçu les équipements d’une valeur de 4 milliards, achetés pour équiper les pôles. Lorsque le projet sera bouclé d’ici fin 2020, on commencera la valorisation. Cela c’est pour la première phase qu’on a commencée depuis 2014. C’est tellement concret que la Banque mondiale, l’Afd ainsi que l’Agence espagnole de la coopération internationale se sont rapprochées de l’Ucg pour nous accompagner dans la mise en œuvre de sa deuxième phase toujours dans l’optique «Zéro déchet». Ces trois bailleurs vont financer un projet qui s’intitule Promoget (Projet de promotion de la gestion intégrée de l’économie des déchets) pour mettre ces mêmes infrastructures de valorisation des déchets à Dakar. D’abord avec Mbeubeus qui est un grand problème et le grand Dakar Mbao, Sébikotane, Bambilor… C’est pour vous dire que même si on n’a pas un budget adapté pour le donner à l’Ucg, nous arrivons à capter des fonds à travers nos partenaires techniques et financiers dans l’optique de la vision «Zéro déchet».

«Un projet de réhabilitation progressive de Mbeubeus pour
en faire une décharge aux normes»
Mbeubeus, c’est la seule décharge contrôlée que nous avons à Dakar. Il y a pas mal de problèmes environnementaux, sociaux. Ce qu’on a à faire de Mbeubeus, c’est une réhabilitation progressive. Ce projet est en fin de formulation. Nous avons commencé à y travailler avec la Banque mondiale depuis 2018. Normalement, ce projet devrait commencer en 2020 et lorsque cela commencera on va procéder à la résorption de Mbeubeus. Qu’est-ce qu’on veut faire de Mbeubeus ? C’est d’abord sécuriser le site, en faire une décharge aux normes. C’est faire en sorte que les problèmes environnementaux soient maîtrisés. Toutes les études environnementales ont été faites et soumises à la Bm. C’est faire en sorte que les 8 900 récupérateurs qui travaillent à Mbeubeus soient utilisés dans le cadre de ce projet. Nous allons faire là-bas un projet de valorisation des matières avec une option énergétique et ceux qui sont sur la décharge vont travailler dans ce projet. Nous allons accompagner Mbeubeus et ses environs pour un peu les impacter positivement. C’est un projet qui ambitionne d’impacter les populations avec environ 7 millions de personnes. C’est un projet qui nous permettra de régler le problème de Mbeubeus in fine, mais surtout doter le pays d’autres infrastructures. C’est la première fois que le Sénégal a un projet de valorisation des déchets.

«A Dakar, nous n’avons pas un problème de collecte»
Nous sommes à un taux de collecte de 85%, c’est la couverture des camions dans les grandes artères. A Dakar, nous n’avons pas un problème de collecte. Nous avons à peu près 300 camions chaque jour. Nous collectons chaque jour entre 2 000 et 2 400 tonnes de déchets. C’est le résultat du pont de bascule à Mbeubeus et ce sont des statistiques qui montrent que la collecte est assurée. Il y a le phénomène de la pré-collecte avec les charretiers. C’est un grand problème à Dakar, mais surtout dans les régions. Nous avons à l’Ucg des unités de contrôle de la pré-collecte, composées d’environ plus de 200 personnes qui sont en train de travailler uniquement sur la pré-collecte. Actuellement, 80 à 90% des charretiers qui travaillent à Dakar sont répertoriés et mis sur une base de données. Mieux, puisque c’est un travail clandestin, il faut les organiser. Pour pallier cela, nous leur trouvons des points de chute. Récemment, lors de la fête de Tabaski, il y a un point de chute qui a été trouvé au niveau de l’Ecole de police avec 334 charrettes répertoriées le jour de la Tabaski. Si ce travail n’avait pas été fait, ce sont des dépôts sauvages qui auraient été trouvés un peu partout. Lorsque cette unité marchera à sa vitesse de croisière, vous verrez qu’on maîtrisera mieux les charretiers et cela nous permettra d’améliorer la collecte.

«La gestion des déchets, c’est un problème national»
Les gens croient que de gestion des déchets c’est une question de l’Ucg et de l’Etat. Le président de la République a dit que la question de la salubrité est un enjeu sanitaire, cela concerne tout le monde. L’Etat n’a pas la volonté de régler la question lui seul. C’est un problème national. Ce sont les populations qui doivent s’impliquer. Le président de la République impulse, donne une orientation et l’Ucg va mettre en œuvre avec d’autres acteurs. L’objectif des «cleaning day», c’est d’amener les populations à nettoyer une fois par mois pour rendre nos quartiers propres. On a eu à le faire lors de la finale de la Coupe d’Afrique avec zéro moyen sans accompagnement de l’Etat. Cela veut dire qu’on peut le faire. Les populations peuvent nous accompagner en conditionnant les déchets, en ne donnant pas les déchets aux charretiers, à attendre que les véhicules arrivent. Ce sont des comportements vraiment très simples. Lorsqu’une personne commence à le faire, le résultat est immédiat.
Il n’y a pas de mobiliers urbains. Nous avons essayé beaucoup de choses, comme poser des bacs dans la rue. Nous avons deux problèmes par rapport à cela : Vous posez un bac de 660 L, il y a des cas de vol. On ne peut pas toujours se permettre d’acheter et de déposer pour qu’on les vole. Deuxième problème encore plus grave : Vous achetez un bac on le transforme en dépôt sauvage. Les gens ne déversent pas dans le bac, mais jettent dans les alentours. Nous avons étudié cela et nous avons augmenté la fréquence des collectes. La fréquence à Dakar varie entre F5 et F7, 5 fois dans la semaine le véhicule de collecte passe et la plupart des quartiers c’est fréquence F6 et F7. Cela nous permet de prendre les déchets le moment opportun. Les populations doivent nous aider en cela, avoir une éducation telle que les déchets peuvent être conditionnés et gardés et attendre le véhicule de collecte. L’histoire des bacs c’est une histoire qui déplace le problème, mais qui ne le règle pas. Force et de reconnaître qu’à Dakar et même au Sénégal, il n’y a pas d’infrastructure de traitement de déchets, il n’y a pas aussi de mobilier urbain. Pour le mobilier urbain, on travaille avec les communes. Si on arrive à en avoir, cela peut substantiellement soulager le problème.

«Le tri, c’est une question d’éducation environnementale»
En matière de tri sélectif, tout le monde en parle. C’est une question d’éducation environnementale. Si vous allez au Japon pour changer des comportements, cela vous prend 25 ans. C’est exactement la même chose au niveau de tous les pays qui ont réussi à ingérer des déchets. Ce ne sont pas des choses qui se font du tic au tac. Ce sont des choses qui se font dans la durée. Nous attirons un peu l’attention de tout le monde. Nous invitons les populations à comprendre que c’est un travail de longue haleine, un travail entre l’Etat et sa population. Il y a des problèmes répertoriés, des solutions qui sont posées, mais il y a l’incivisme qui est vraiment notoire. Il y a un manque de sanction. Nous appelons les populations à s’engager davantage.»

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