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L’ex-auditeur interne à la direction du contrôle de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid) vient de publier son ouvrage intitulé Pétrole et gaz au Sénégal : Chronique d’une spoliation. Quelques extraits à notre disposition y présentent le cadre légal, réglementaire et contractuel de la gestion des ressources pétrolières du Sénégal. Ceux qui ont osé qualifier ce «tissu de contestations subliminales» de brûlot estiment que c’est une sorte d’appréciation des pratiques, aussi bien dans le cadre des rapports intrinsèques entre l’homme d’affaires Frank Timis et les autorités sénégalaises, que dans les dossiers Fortesa, Petro Tim, etc. L’auteur en profite pour se livrer à des «propositions» de réforme en vue d’une meilleure gestion de nos ressources naturelles. Soit. Pétrole et gaz au Sénégal : Chronique d’une spoliation est un livre de plus contre le président de la République et son frère Aliou Sall que le leader du parti  Pastef juge «totalement incompétents dans la gestion de nos ressources gazières et pétrolières». Il convient dès lors de replacer les choses dans leur contexte pour une meilleure compréhension du rôle que les uns et les autres ont joué et continuent de le faire dans le sillage des nouvelles découvertes de l’or noir et du gaz au large des espaces maritimes sénégalais. Cet ouvrage aurait-il vraiment cet élan de révélation des bric-à-brac et ce fort parfum de carburant si le nom d’un certain Aliou Sall, dont l’unique tort est d’être le frère du président de la République, n’était «linkable» avec le sommet de l’Etat ? Le dessein machiavélique de Sonko à travers cet ouvrage jaillit lorsqu’il s’emploie vaille que vaille à surestimer le rôle de Monsieur Sall à côté de F. Timis. Or en vérité, Aliou Sall, quoi qu’on puisse penser, n’était pas plus qu’un planton (c’est-à-dire, un simple employé qui assure des liaisons de service) dont la principale mission se résumait à accompagner ou à gérer le suivi relationnel, mais naturellement, pour Sonko, le niveau de cette posture n’étant pas suffisant pour atteindre le chef de l’Etat, il fallait gonfler le statut et les responsabilités de l’un pour mieux flinguer l’autre. Toute son entreprise s’organise autour de cette logique. C’est de bonne guerre, même si le Président Macky Sall n’est nullement directement lié à cette affaire. Hélas ! Comme disent les britanniques, «slime toad doesn’t reach the white dove» (la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe).Mauvais come-back pour quelqu’un qui commence à dégringoler de l’échelle d’estime même des enfants de chœur. Le vieux monde politicien est de retour sous des habits tout neufs et bien jeunes à travers l’ex-inspecteur des Impôts et domaines Ousmane Sonko. Que veut-il bien y gagner, si ce n’est la chute non encore programmée du Président Macky Sall ? A quelques pas de là, croyant se renforcer avec la parution de cet ouvrage, l’opposition qui avait fini d’annexer et de confisquer la retraite politique de Abdoulaye Wade s’est aussitôt sentie déroutée par cette cuisante déception.  A ce jour, la quasi-totalité des 10 partis composant la coalition de l’opposition Mankoo wattu Senegaal ont vu une bonne frange de chacun d’eux rallier Macky Sall. Ainsi, le livre de Sonko n’aura pas tenu les promesses faites par ce dernier. La montagne a accouché d’une montagne de souris, me dira-t-on. Tous ses plans ont été déjoués par les pouvoirs publics. Du faux secret de sa rédaction à la prétendue interdiction de publication/vente sur l’étendue du territoire national, tout a été intelligemment ignoré et savamment déjoué. Tel est pris qui croyait prendre.Primo, comment la Direction de la surveillance du territoire (Dst) peut-elle interdire une propriété intellectuelle dont elle ignore totalement l’existence ? La Dst a eu à préciser qu’elle «n’a reçu aucun livre dont l’auteur serait Monsieur Ousmane Sonko et qui serait édité au Sénégal». Qui plus est, cette précision apportée par la Dst dément l’existence de qualités de patriote et de citoyen modèle que M. Sonko veut coûte que coûte coller à son image. J’estime que la fibre patriotique d’un entrepreneur en général et d’un écrivain en particulier (car l’écriture est une gigantesque entreprise) se mesure surtout à l’aune d’une volonté permanente à promouvoir l’emploi local. Le patriotisme ne peut s’accommoder de l’octroi de faveur à des prestataires étrangers au détriment d’entrepreneurs locaux pour la même sollicitation. Je rappelle que la fuite de capitaux et l’attribution de marchés publics aux étrangers faisaient partie du combat de Ousmane Sonko. Et pourtant, ce dernier n’a pas raté l’occasion d’aller enrichir des maisons d’édition françaises, n’employant ainsi aucun Sénégalais dans la production de son ouvrage, sous le prétexte malicieux du spectre de l’interdiction et de la censure. Dorénavant, en face de Monsieur Sonko et Manko et pour le bien de notre démocratie, il n’y aura qu’une force cohérente, regroupée autour de la vision d’un homme, qui est le Plan Sénégal émergent. Et c’est cette dynamique-là qui est en train de dire aux Sénégalais : «Vous avez élu Macky Sall à plus de 65%, continuez de l’accompagner en lui accordant le pouvoir de gouverner paisiblement dans le seul but de mener une action politique cohérente qui réponde aux attentes sociales et démocratiques du Peuple sénégalais».
Lamine Aysa Fall NDIAYE
Militant de l’Apr/Thiès
lamineaysafall@gmail.com

1 COMMENTAIRE

  1. Excellent article qui répond parfaitement à ce monsieur qui ne digère toujours pas son exclusion. Chapeau également pour la qualité de l’écriture de cet article.

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