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Le phénomène Sonko est une réalité qu’on peut feindre d’ignorer, mais qui saute aux yeux. Point besoin de le décrire ou de s’y épancher. Sonko fait parler de lui et s’impose de plus en plus sur l’échiquier politique. A qui la faute suis-je tenté de dire ? Ce n’est forcément pas justice au regard de l’historique des combats politiques dans notre pays. Sonko n’est évidemment pas le plus méritant de sa génération ni le plus pertinent.
Il a pris son chemin très tôt au moment où d’autres Sénégalais de sa génération sont compressés et combattus dans leur propre formation. Où était Sonko le 23 juin 2011 quand il fallait se battre pour les intérêts des populations contre une tentative de monarchisation du pouvoir ? Où était Ousmane Sonko quand il fallait se battre pour la défense des libertés collectives et individuelles ? Où était Sonko pendant tout le temps que des  Sénégalais de sa génération, cadre, fonctionnaire, entrepreneur s’étaient signalés pour défendre les Sénégalais victimes des dérives de différents pouvoirs ? N’était-il pas dans ses bureaux douillets commentant aisément des événements et se fixer un plan de carrière ? Tout aurait-il été possible si de braves compatriotes n’avaient pas affronté le monstre qui voulait nous imposer sa dynastie ?
Ousmane Sonko n’est certainement pas plus méritant que Barthélemy Dias, Bara Gaye, Malick Noël Seck. Il n’est pas plus pertinent que Abdourahmane Diouf, Tafsir Thioye. Il n’est pas plus talentueux que Thierno Bocoum. Il n’est pas plus courageux que Malick Gakou.
Ces derniers cités, sans que la liste ne soit exhaustive, ont presque tous été compressés et retardés par des leaders allergiques à l’émancipation de jeunes prodiges. Des leaders qui veulent souffler le chaud et le froid en tout instant, régner en maître pour sauvegarder des positions de sinécure et de rente. Barthélemy Dias, Malick Noël Seck combattus par leur leader qui cherche à s’éterniser au pouvoir par tous les moyens. Bara Gaye, Tafsir Thioye muselés dans leur propre formation alors que leur combat a beaucoup contribué à crédibiliser le Pds dans l’opposition. Abdourah­mane Diouf dont la pertinence est étouffée par un leader omniprésent, qui enchaîne les erreurs de communication. Et si Thierno Bocoum était reconduit comme député, aurions-nous encore parlé de Sonko ? Thierno Bocoum n’avait-il pas fait mieux que Ousmane quand il était à l’Assemblée nationale ? N’avait-il pas une longueur d’avance qui lui permettait de rendre fier toute une génération ? Il a été freiné net.
Que dire encore de Malick Gakou qui a été combattu pour ne pas faire de l’alternance une réalité au sein d’une Afp dirigée par un vieux dont l’âge dépasse largement le plafond pour être candidat à une élection présidentielle ? Pourtant, son courage et ses idées pouvaient porter loin cette formation qui préfère se fondre dans la coalition au pouvoir et renoncer à des ambitions légitimes d’accéder au pouvoir.
Le lapsus de Tanor Dieng «Quand j’étais au Parti socialiste»n alors qu’il y est toujours et que ce parti existe encore dans les textes, nous renseigne de l’état d’esprit de certains de nos leaders au Sénégal.
Tout peut se résumer par «après moi le déluge, avec moi, c’est moi et uniquement moi».
Quelle mode de gestion ! Quelle tristesse !
Les jeunes qui les suivent avec engagement et loyauté sont malheureusement les dindons de la farce. Des personnes comme Ousmane Sonko en bénéficieront toujours, même si personne ne peut leur denier leur mérite.
 Pape Agne SECK – Etudiant à l’Ucad – Vice-coordonnateur Jar

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