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L’inauguration d’un complexe culturel pour la jeunesse de Boukitingho, commune d’Oukout, a servi de prétexte aux populations du département d’Oussouye, avec à leur tête le président du Conseil départemental Seyni Diatta, pour remettre au goût du jour les maux qui assaillent leur contrée et qui se résument au vocable enclavement.

Ce nouveau complexe culturel à l’actif du Conseil départemental d’Oussouye, d’un coût de 12 millions et réceptionné ce samedi sous une bonne ambiance festive, va, de l’avis des populations de Boukitingho, pleinement participer à l’épanouissement de la jeunesse et à la promotion de la culture locale. Et pour le président de l’Association pour le développement de Boukitingho (Adb), Pierre Marie Diatta, cet investissement dans le secteur culturel est la meilleure manière de lutter contre le péril culturel au niveau de leur terroir. «Il faut s’enraciner avant de s’ouvrir aux autres», soutient-il. Cet ouvrage permettra en outre, souligne-t-il, le dialogue des cultures et des différences qui leur permettra d’aboutir à la paix et au progrès, d’humaniser les jeunes avec la culture qui agit, dit-il, sur notre nature pauvre et aide à acquérir des caractères humains. «Et au-delà de son caractère culturel, nous souhaiterions faire de ce complexe un centre où jeunes et femmes pourront bénéficier de formations qualifiantes aux activités de l’élevage, de l’agriculture, de transformation de produits locaux, etc.», plaide Pierre Marie Diatta.

Enclavement et déficit d’infrastructures
Le président du congrès de Boukitingho estime qu’il reste encore beaucoup à faire pour cette localité, notamment en termes d’électrification avec l’éclairage qui est pour l’heure assurée par les lampes à pétrole ou des bougies malgré la haute tension qui traverse ce village situé sur l’axe Ziguinchor-Oussouye-Cap-Skirring. Une situation d’obscurité qui influe, à l’en croire, sur les résultats scolaires des enfants. Conséquences : l’utilisation d’internet n’est pas encore d’actualité à Boukitingho, localité où la communication téléphonique reste également difficile du fait de l’instabilité du réseau qui cause beaucoup de désagréments, a indiqué M. Diatta. Suffisant pour qu’il plaide auprès des autorités compétentes pour l’électrification du village déjà doté de poteaux électriques depuis des années. Pierre Marie Diatta sollicite également un poste de santé pour cette localité de plus de 1 000 âmes, qui abrite une case de santé et qui accueille un flux de patients qui viennent de villages environnants. «Et avec cette localité qui a donné un produit à l’équipe nationale, en l’occurrence Krépin Diatta, nous sollicitons des infrastructures sportives», a-t-il ajouté.
Le président du Conseil départemental d’Oussouye a saisi l’opportunité de l’inauguration du complexe culturel de Bouki­tingho pour exprimer à nouveau un cri du cœur par rapport aux nombreuses contraintes qui plombent le développement économique de son département. Et si Seyni Diatta reconnaît que beaucoup d’infrastructures ont été réalisées à travers le Pro­gramme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma), telles que l’antenne Sonatel érigée à Effock et qui couvre toute la zone, le château d’eau réalisé avec une adduction d’eau à Youtou et Effock, des écoles construites et des postes de santé réhabilités, il n’en demeure pas moins que cela est loin de suffire pour atténuer les difficiles conditions de vie des populations locales. Il en veut d’ailleurs pour preuve la commune de Santhiaba Manjacque et les autres localités du département qui souffrent encore d’enclavement et de déficit d’infrastructures. Pour Seyni Diatta, le désenclavement constitue la clé du développement. «Et on ne cessera jamais de lancer un appel à l’Etat pour que la route Emaye-Parc Basse Casamance-Effock-Youtou soit réalisée. Ou à défaut la route Karounate-Siganar-Effock et Youtou, l’autre alternative que l’Etat avait inscrite dans ses priorités les années passées», souligne le président de l’institution départementale d’Oussouye qui revendique la mise en œuvre de ce projet. «Notre plaidoyer va dans le sens de pousser l’Etat à aller plus vite, car c’est une zone économiquement très importante, mais malheureusement du fait de l’enclavement, tout ne peut transiter par les pirogues», dit-il. Quid du déminage ? Seyni Diatta estime que cette question n’est pas encore réglée, car il y a des secteurs importants de la commune de Santhiaba Man­jacque qui sont encore minés. «Et si Effock et Youtou ont retrouvé 95% de leurs terres, à Djirack, Kahim, Santhiaba Manjacque chef-lieu de commune, 95% des terres sont encore pollués. Les populations ne bénéficiant que de petits espaces pour leurs cultures», informe-t-il.
imane@lequotidien.sn

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