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Il y a quelques semaines le corps sans vie de la jeune Perpétue Diatta habitant à Oussouye a été retrouvé aux abords de la forêt de Djibelor, située sur l’axe Ziguinchor-Oussouye-Cap Skiring. Et pour les populations du Kassa, le coupable de cet acte odieux ne serait personne d’autre que l’ex-mari de la victime en l’occurrence François Xavier Tendeng. D’ailleurs quelques jours plus tard, François Xavier Tendeng, qui avait la garde des enfants après son divorce d’avec la victime, a été arrêté par la gendarmerie. Il se trouve depuis entre les mains de la justice. Une arrestation qui n’a pas atténué la colère, la peine et l’indignation des femmes de la région de Ziguinchor et notamment celles du département d’Oussouye. Hier, c’est une foule dense, estimée à un millier de personnes, qui a marché dans les artères de la commune d’Oussouye pour lancer un cri du cœur. Des jeunes filles, des femmes arborant des tee-shirts blancs et des foulards rouges brandissaient des pancartes, symbole de leur indignation. Sur les pancartes on pouvait lire : «Non à la violence faite aux filles et aux femmes», «Plus jamais ça», «Protégez-nous», «Que justice soit faite». Toutes étaient ainsi mobilisées pour exprimer leur colère suite au meurtre de leur sœur, et exiger toute la lumière sur ce crime, et aussi pour que le coupable présumé soit condamné à jamais.

Perpétuité pour les meurtriers
Lors de la procession, qui a pris départ à l’entrée de la commune d’Oussouye, les manifestantes sont passées par la Cour royale, le Tribunal d’instance d’Oussouye, la gendarmerie et enfin la Préfecture  pour la remise par les femmes de leur mémorandum. Une manière pour la gent féminine de mettre toutes les autorités coutumières, judiciaires, les Forces de sécurité et l’autorité administrative devant leurs responsabilités par rapport à ce meurtre et aussi à leurs difficiles conditions de vie. Occasion également pour Marie-Louise Diatta, la présidente de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc) du département d’Oussouye, d’exprimer au nom des siennes, toute leur douleur, leur désarroi et leur peine. «La disparition de notre sœur, amie, fille et mère, Perpétue, nous donne ainsi l’occasion d’exprimer notre colère et notre indignation. Et nous condamnons vivement sa mort tout en exigeant que les enquêtes soient bien menées afin que justice soit faite et que l’auteur de cet acte ignoble soit puni sévèrement et reste à jamais en prison», a-t-elle soutenu dans son discours devant les autorités administratives et judiciaires. Selon la présidente de la Pfpc, cet acte est ignoble, irrespectueux de la femme. «Comment comprendre qu’un être humain né d’une femme ayant des sœurs et ayant vécu avec une femme puisse agir de la sorte ?», s’est-elle interrogée. Elle a aussi associé à ce meurtre toutes les autres formes de violence dont les femmes sont victimes dans ce département. Violences qui ont entre autres, pour noms : les vols dans les jardins maraichers des femmes, les viols perpétrés sur les femmes à Oussouye, l’agression des femmes en brousse, etc. Suffisant pour dire «Non aux violences faites aux femmes et aux filles.» Et c’est d’ailleurs de manière unanime que les femmes du département d’Oussouye meurtries et indignées ont devant l’autorité préfectorale plaidé pour le retour de la peine de mort au Sénégal. Une position partagée par l’honorable député Rama Diatta. Pour cette dernière, aucune femme, aucun être humain ne mérite le sort réservé à leur sœur Perpétue Diatta. «Il faut un retour de la peine de mort au Sénégal. Nous voulons également une protection qui passe par la traque sans répit des malfaiteurs tapis dans l‘ombre et nous comptons sur vous M. le préfet pour que justice soit faite», a-t-elle martelé. En entendant la gent féminine casamançaise, pour qui cet acte ignoble est une humiliation, a plaidé pour sa condamnation à mort. «Comme il est devenu nuisible pour la société, il mérite d’être condamné à mort tout en lui retirant la garde de ses deux enfants», estime Rama Diatta. Le préfet d’Oussouye Christian Diatta, qui a reçu la déclaration des femmes, s’est dit ému après les avoir accueillies. «Nous sommes aussi peiné que vous depuis que nous avons appris ce meurtre et je tiens à vous assurer que tout ce qu’il faudra faire pour que justice soit rendue sera fait», a-t-il soutenu. Et en termes de prévention, le préfet a indiqué qu’ils sont en train de travailler pour éviter de tels cas de figure. Pour l’heure, Christian Diatta a promis aux femmes de transmettre aux autorités centrales toutes leurs préoccupations, qui sont déjà suivies de près par les autorités supérieures préoccupées au plus haut point par ces affaires de meurtre au Sénégal.

imane@lequotidien.sn

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