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37 conseillers sur les 46 que compte le Conseil municipal de Diembereng étaient présents lors du vote du compte administratif de l’exercice 2015-2016. Un exercice de reddition des comptes mis à profit par le maire centriste, Tombon Guèye, pour brandir l’article 148 du Code des collectivités locales qui a exclu de la salle d’audience les populations et la presse. Ce qui a suscité l’ire de la jeunesse de Diembereng et des conseillers de Bby.

«Les séances du Conseil municipal sont publiques, sauf si le conseil en décide autrement à la majorité absolue des membres présents ou représentés.» C’est sur la base de cette disposition brandie par l’édile de Diembereng que le Conseil municipal, majoritairement centriste, a exclu le public et la presse de la salle d’audience lors de la session de vote du docmument administratif des exercices 2015-2016. Un exercice de reddition des comptes tiré de l’article 257 du Code général des collectivités locales et exigé lors du vote du budget du 17 février dernier par les conseillers municipaux de Benno bokk yaakaar (Bby). Le vote du compte administratif imposé par les conseillers de l’opposition municipale s’est donc déroulé sous la présence de l’autorité sous-préfectorale de Cabrousse, mais sans celle du public et de la presse. Une volonté du maire centriste de Diembereng, Tombon Guèye, et sa majorité mécanique qui n’agrée guère une frange des conseillers et des populations de la commune qui se disent ainsi privés d’exercer leur droit de contrôle citoyen. «Je suis conseiller municipal depuis 4 ans et jamais le Conseil municipal ne s’est réuni à huis clos. Et aujourd’hui que le maire doit faire le compte de sa gestion, on nous évoque l’article 148 qui interdit la présence du public dans la salle de réunion», se désole Jacques Ben Bora. Appréciant l’article 148 brandi par M. Guèye pour une session à huis clos, le conseiller municipal de Benno a manifesté devant la presse son total désaccord. «C’est vraiment regrettable, car il s’agit du compte rendu de gestion et on prive les citoyens de certaines informations alors qu’à l’image de l’Assemblée nationale, on devait plutôt les inviter à exercer leur devoir de contrôle citoyen. Je ne suis pas du tout fier de mon Conseil municipal», a-t-il martelé. Jacques Ben d’ajouter : «Quand on vous confie un budget après une année de plein exercice, vous devez faire votre inven­taire. Priver les populations de leur droit de contrôle citoyen peut susciter des soupçons. Et de 2009 à nos jours, on ne s’est jamais réuni à huis clos. Pourquoi donc maintenant qu’on évoque un compte rendu de gestion, le maire use de sa majorité mécanique pour priver les populations de leur droit avec cet article 148 ?»
Pour Prosper Badiane, président de la jeunesse de Cabrousse, depuis 2002, jamais un président de conseil rural ni un maire n’avait interdit au public d’assister à une réunion. «Cela est donc une première et nous en sommes surpris d’autant plus que nous ne demandions que le maire et son équipe nous fassent les comptes de leur gestion. Cette démarche du maire est loin d’être rassurante pour les citoyens de Diembereng», soutient-il. Autant de raisons qui ont poussé les jeunes de la commune à improviser un point de presse au rond-point du Cap Skirring pour dénoncer la décision de Tombon Guèye. Ils se sont, en effet, attaqués au rapport présenté par le maire et qui a trait, entre autres, au fonctionnement de son cabinet, aux secteurs du sport, du transport, de l’assainissement qui ont englouti, disent-ils, «beaucoup de millions». Or, soulignent ces jeunes, les populations contestent la véracité des chiffres avancés. Suffisant pour Prosper Badiane et ses camarades d’exiger des autorités étatiques l’audit du maire et du Conseil municipal.
imane@lequotidien.sn

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