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Le lutteur Doudou Diop alias Pape Baye Djinné a été condamné hier à 2 mois assortis du sursis. L’époux de la danseuse Ndèye Guèye comparaissait pour outrage à agent, rébellion et violence. Cette affaire l’opposait au policier Omar Bodian. Les faits qui remontent à plus d’une semaine se sont produits au croisement Yeumbeul, dans la banlieue dakaroise. Il était 18 heures, la circulation commençait à être difficile. Le policier en faction a vu le lutteur Pape Baye Djinné à bord d’un scooter avec deux de ses amis sans casque. «Je lui ai demandé de s’arrêter, mais il ne voulait pas obtempérer. Il voulait partir et j’ai saisi l’amulette qu’il portait au cou», a expliqué le limier selon qui Pape Baye Djinné a tourné son bras pour se dégager de cette emprise. «Je lui ai demandé de me donner les clés de la moto, mais il a refusé», poursuit le policier. Il y a eu des échanges de propos entre le policier et le lutteur. Ce qui a amené Omar Bodian à appeler du renfort avant de conduire lui-même la moto jusqu’au commissariat.
Devant la barre, le lutteur a nié les faits. «J’étais à bord d’une moto avec 2 amis. Arrivé au croisement, j’ai aperçu le policier. Je voulais m’arrêter, mais il m’en a empêché en me prenant par le gris-gris que je portais. Il a pris la moto qu’il a conduite jusqu’à la police. Quand nous sommes arrivés au commissariat, il m’a frappé à la tête avec un gourdin. Le commandant qui a vu le sang couler m’a demandé de le rejoindre dans son bureau. Je suis venu et je lui ai tout expliqué. Je n’ai rien fait qui puisse m’obliger à fuir. Je ne me suis pas battu avec lui. Je n’ai pas proféré des injures à son encontre», a-t-il expliqué au Tribunal.
Interpellé par le juge sur le coup de gourdin, la réponse du policier ne s’est pas fait attendre. «Ce n’est pas moi qui l’ai frappé. Quand on le faisait descendre de la voiture, il ne voulait pas obtempérer. On l’a fait descendre par la force et il s’est cogné sur la  porte», s’est-il défendu. Des explications confirmées par le témoin Landing Bodian. A la question de savoir s’il regrettait son geste, le lutteur a répondu par l’affirmative. «Je lui présente toutes mes excuses. Je reconnais que je n’étais pas dans la légalité. J’ai «supporté« 2 personnes sans porter de casque. Je demande pardon», s’est-il justifié.
De l’avis du Parquet, les faits ne souffrent d’aucune contestation. «Je ne crois pas au coup de gourdin. Il a refusé de descendre, on l’a forcé et il s’est cogné sur la porte. Cette thèse est plus plausible», a dit le représentant du ministère public, selon qui la rébellion et les outrages sont avérés. Il a requis 2 ans dont 1 mois ferme. Ce n’est pas l’avis des avocats de la défense. «Il a dit qu’il n’a pas tenu des propos désobligeants à l’endroit de Bodian», a rappelé Me Fall. Abondant dans le même sens, Me Barro dira que leur client n’a pas fait de rébellion encore moins outragé un agent. «Des policiers sont souvent poursuivis pour violence sur citoyen», a souligné l’avocat avant de solliciter une application bienveillante de la loi. En rendant sa décision, le Tribunal a mis la pédale douce en le condamnant à une peine assortie du sursis.
justin@lequotidien.sn

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