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Mouhamed Abdallah Cissé, imam de la mosquée Ihsaan du quartier sud de Saint-Louis, a invité mercredi les Séné­galais en général et en particulier les guides religieux à mettre à profit le Gamou pour sermonner le Peuple afin de remettre le pays sur les rails, car c’est pour lui la seule façon de le sauver de la dérive.

Comme il est de coutume depuis le vivant de son père Feu Serigne Madior Cissé, l’imam et le dahira Moutakhabina Fiilahi qu’il dirige ont entamé mercredi la bourda, un rituel religieux de 10 jours organisé en prélude au Maouloud nabi, marquant la célébration de la naissance du sceau des prophètes Mouhamed (Psl). Devant de nombreux fidèles venus assister à cette première nuit, Mouhamed Abdallah Cissé a rappelé le sens du Maouloud et reprécisé le sens qu’il faut donner à la bourda qui permet, conformément aux recommandations, aux musulmans d’être sûrs d’avoir célébré l’anniversaire de prophète Mouhamed. Il a en ce sens précisé que c’est suite aux divergences de points de vue sur la véritable date de naissance qu’il a été convenu de chanter les louanges du prophète pendant 10 jours et de se reposer une journée avant de célébrer le Gamou. Cette stratégie permet, selon l’imam, aux fidèles musulmans d’être sûrs d’avoir célébré le jour béni dans cette fourchette.
S’agissant du Gamou lui-même, le fils de Serigne Madior Cissé a fait savoir qu’il n’existe aucun doute sur son caractère religieux. Rien, a-t-il martelé, ne permet de dire que c’est une mauvaise suna. Pour étayer son propos, il a fait savoir que le prophète lui-même le célébrait. L’imam a par ailleurs profité de l’occasion pour évoquer la naissance du prophète Mouhamed (Psl) qui a vu le jour dans un contexte tumultueux, marquée par l’anarchie et le désordre, une époque où l’homme était un loup pour l’homme. C’est cette époque, rappelle-t-il, que Dieu a choisie pour envoyer auprès des hommes le sceau des prophètes avec, entre autres, pour mission de remettre de l’ordre. Il rappelle d’ailleurs qu’à chaque fois que la société perd ses repères, quelle que soit l’époque, Dieu envoie en général quelqu’un avec pour mission de la remettre sur pied. Dans la même lancée, il a fait remarquer que la société sénégalaise est très malade ; malade du comportement de ses membres, de leurs agissements, avant d’inviter les Sénégalais dans leur ensemble à profiter du Gamou pour la remettre sur les rails avant qu’il ne soit trop tard. «Le Gamou est une occasion inespérée de conscientiser les Sénégalais pour remettre de l’ordre dans la société où les gens n’ont plus de repères, où le banditisme, le vol, la débauche et le crime sont en passe de devenir les choses les mieux partagées», a-t-il souligné tout en insistant sur la nécessité pour les Sénégalais de s’arrêter un moment pour se parler.

cndiongue@lequotidien.sn

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