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Les négociations pour la levée réciproque des restrictions aux voyages entre les ressortissants européens et sénégalais sont sur le point d’aboutir, à quelques détails près, destinés surtout à sauver la face des dirigeants. Pour l’essentiel, parmi les points acquis, il y a la décision d’autoriser l’entrée en Europe, de certaines catégories de Sénégalais, dès le 1er août prochain.

Depuis le 16 juillet, date de la dernière publication de la liste des pays dont les ressortissants sont autorisés à entrer sur le territoire des pays de l’Espace Schengen, liste dont tout le monde sait qu’elle ne comprenait pas le Sénégal, les négociations entre les deux parties vont bon train. Et mieux, on a des deux côtés, dépassé les réactions épidermiques, pour tenter de comprendre les motivations des uns et des autres.
On se rappelle que lorsque le Conseil de l’union européenne avait mis à jour sa liste des pays à l’égard desquels les pays des Etats membres devraient progressivement lever les restrictions de déplacements, le ministre des Transports aériens et du tourisme, Alioune Sarr, avait répliqué de manière quasi-pavlovienne, par un communiqué déclarant que la réciprocité serait de mise à l’égard des ressortissants de tous ces pays. Même si l’on sait que, dans la circonstance, le Sénégal est plus en position de demandeur qu’en position d’exiger, la diplomatie impose aux partenaires de chercher à dépasser cette situation par le haut.

Frontières ouvertes le 1er août
En l’état actuel des négociations, Le Quotidien est en mesure d’avancer que les parties sont d’accord pour une réouverture réciproque des frontières au 1er août. Néanmoins, cela ne se fera pas sans conditions.
S’il est déjà acquis que les restrictions actuelles ne s’imposent pas vraiment aux ministres et aux membres du Corps diplomatique qui, en cas de nécessité et pour les besoins de leurs missions, peuvent toujours se rendre dans les pays qu’ils souhaitent, d’autres types de citoyens devraient bientôt élargir la liste.
Il s’agira d’abord, bien évidemment, des fonctionnaires d’Etats en mission, des membres du secteur privé ou de la Société civile, se rendant à des rencontres ponctuelles, dans le cadre de leur travail. Les étudiants inscrits dans les universités européennes sont bien entendu, inclus dans la liste de ceux non concernés par les restrictions. Ces catégories d’individus viendront s’ajouter à ceux qui étaient déjà libres de voyager dans les deux sens à leur guise, à savoir les détenteurs de carte de séjour, ou les personnes occupants des fonctions indispensables aux pays concernés.
Par ailleurs, toutes ces décisions ne seront applicables d’abord, que si la situation sanitaire ne se détériore pas brusquement au Sénégal ou dans les pays d’accueil. Ensuite, les personnes désireuses de voyager, devront remplir des conditions permettant d’établir qu’elles ne sont pas porteuses du virus. Déjà, le Sénégal a commencé à mettre en application certaines de ces mesures.

Air France reprend toutes ses rotations sur Dakar
Les services du ministre des Affaires étrangères, Amadou Ba, qui mène les négociations avec la Délégation de l’Union européenne, en collaboration avec les services du ministère du Tourisme et des transports aériens, se montrent particulièrement optimistes quant à une issue heureuse de cette question. S’il est vrai qu’en l’état actuel des choses, les Modou-Modou auront encore du mal à franchir les frontières, on pourra, une fois le trafic repris dans les deux sens, exciper d’une interdiction d’entrée pour les citoyens sénégalais. Et le Sénégal serait particulièrement mal avisé d’interdire d’entrée des citoyens européens, dont les hôteliers de Dakar, Saly et Cap Skirring ont particulièrement besoin pour pouvoir surmonter la crise dite des «Poches vides 2020», qui est corollaire au Covid-19.
D’ailleurs, une compagnie comme Air France semble déjà avoir anticipé l’issue heureuse des négociations, elle qui a programmé pour le mois prochain, quasiment le même rythme des rotations qu’avant la crise du coronavirus, à savoir, un vol par jour sur Dakar, et retour. Cela sera valable pour Dakar, mais pas pour toutes les autres villes de la sous-région ouest-africaine.

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