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«Dans quelques mois, dans quelques années, le gouvernement du Sénégal, si rien n’est fait, va ouvrir nos frontières aux importations de poulets. Les poulets sénégalais vont entrer en concurrence avec des poulets venant de l’extérieur», signale Guy Marius Sagna. Et aux yeux de l’activiste, «c‘est comme mettre sur un même ring Yawu dial et Bombardier». «Le kg de poulet sénégalais coûte entre 1500 et 1700 francs Cfa, alors que ce même kg de poulet, en provenance du Brésil, coûte un peu plus de 300 francs, 400 francs des Etats-Unis, et 500 francs de l’Union européenne. Comment veut-on que 1500 francs puissent concurrencer 300, 400 Fr ?», S’interroge M. Sagna, qui animait à Thiès, «un Ndoguou-Débat» sur les thèmes,  «Quel viatique pour le patriote ? L’exemple de Thierno Souley­mane Baal» et «Le patriotisme et la souveraineté économique», organisé par le parti Pastef/section Thiès. L’activiste et membre de la coalition «Non aux Ape» et «Non au franc Cfa», de mettre en garde ainsi le gouvernement contre l’importation de poulets. Une initiative qui, selon lui, risque d’affecter lourdement les entreprises locales qui s’activent dans le secteur. Il alerte : «Si nous laissons le Président Macky Sall permettre l’entrée de ces importations de poulets, 50 000 emplois directs vont être menacés dans la filière avicole.» Et de faire remarquer : «Nous ne pouvons pas régler la problématique du chômage en signant des politiques pareilles et en acceptant d’appliquer des politiques pareilles.»
Au-delà, ce membre du collectif «France dégage», Guy Marius Sagna de plaider pour la renonciation du francs Cfa qui, à ses yeux, est une monnaie héritée de la puissance coloniale. Et, selon lui, pour libérer le Sénégal et toute l’Afrique, «l’alternative, c’est le patriotisme, le nationalisme et l’anti-impérialisme». Il reste convaincu que «c’est avec cela que nous pouvons parvenir à un changement structurel entre l’Afrique et le reste du monde. Mais également un changement structurel des rapports entre le Peuple et ceux qui élisent». Il ajoute, «si les pays africains baignent toujours dans la pauvreté, c’est parce qu’ils sont désavantagés à cause des instruments de domination. Les politiques définies par la Banque mondiale, les accords de partenariat économique sont autant d’instruments d’oppression dont nous voyons les conséquences, notamment en termes de 70% de taux d’échec au baccalauréat, ces trois dernières années, où en termes de déficit de 4 000 sages-femmes au Sénégal et le déficit de 10 000 enseignants dans le secteur de l’enseignement supérieur. Toutes les difficultés auxquelles notre Peuple est confronté ne font que montrer l’ampleur de l’oppression néocoloniale», crache Guy Marius Sagna, qui conclut en indiquant que «les Sénégalais en particulier et les Africains en général doivent affirmer et revendiquer leur identité où qu’ils puissent être».
nfniang@lequotidien.sn

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