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Le Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2rs) a contribué à l’augmentation de la production agricole, à la promotion de l’emploi des jeunes… C’est du moins ce qui ressort du bilan des 3 ans de mise en œuvre du projet.

Après 3 ans de mise en œuvre du Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2rs), des acteurs ont jugé utile hier de faire le point des activités de 2018. Un bilan que les acteurs jugent «satisfaisant».
Sur le renforcement de la malnutrition par exemple, le rapport rendu fait état d’un total de 107 mille 090 enfants de 6 à 59 mois qui ont été dépistés en 2018, 1 987 enfants dépistés souffrant de Malnutrition aigüe modérée (Mam) et 115 autres dépistés souffrant de Malnutrition aigüe sévère (Mas), soit un taux de prévalence de 2,22% pour la Mam et de 0,2% pour la Mas. Le programme a également aidé à la mise en place de 376 initiatives communautaires qui consistent à la mise à disposition des ménages vulnérables des actifs permettant de mener des activités génératrices de revenus.
Quid de l’emploi des jeunes ? Les actions mises en œuvre, lit-on, ont porté sur le financement de 112 poulaillers, 20 ruches modernes et 20 fermes natangué au profit de 136 jeunes. Pour le développement des productions agricoles, le programme a permis durant la campagne 2018/2019 la mise en place de 521 tonnes de semences et 31,7% de tonnes d’engrais, la mise en valeur de 16 mille 383 ha de cultures dont 203 ha de multiplication de semences… Les productions cumulées de céréales sont estimées à 65 mille tonnes de céréales et 15 mille tonnes de produits maraîchers…
Ces résultats, selon le conseiller technique du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural, Modou Mboup, sont intéressants. «Le P2rs a contribué aujourd’hui, de manière significative, à l’augmentation de notre production agricole au niveau des céréales, des productions animales, halieutiques etc.», a-t-il soutenu lors de la 4e réunion du comité de pilotage du programme. Non sans ajouter que «des pôles de développement ont été initiés autour des infrastructures créées et des productions végétales additionnelles ont été obtenues au niveau des zones d’intervention». A l’en croire, ces résultats ont été obtenus grâce à la contribution des différents partenaires techniques, la mobilisation des autorités administratives et locales et des organisations de producteurs, mais également grâce à l’accompagnement de la Banque africaine de développement (Bad).
Malgré ce bilan «reluisant», M. Mboup pense tout de même qu’il faudrait qu’après la fin du projet, des moyens soient mis en place pour continuer à capitaliser les résultats. A noter que le Programme multinational de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel vise le développement de la résilience aux changements climatiques dont les incidences négatives constituent des menaces sur la production et la productivité agricoles et accentuent davantage la vulnérabilité des populations du Sahel. Il est financé par la Banque africaine de développement, l’Etat du Sénégal et les bénéficiaires à hauteur de 19 milliards de francs Cfa.
«Cette année, les prévisions ont été relativement sévères dans certains pays comme le Tchad et le Niger. Mais au niveau du Sénégal, il n’y a que la région de Matam qui a été relativement touchée. On ne peut pas parler véritablement de famine au Sénégal, ça je le dis clairement», précise Alioune Diouf, représentant du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (Cilss), qui revenait sur la situation de l’insécurité alimentaire au Sénégal. Selon lui, il y a besoin d’apporter des provisions d’appoint dans certaines localités au niveau de la région de Matam. «Pour autant, la situation n’est pas très alarmante.»
mfkebe@lequotidien.sn

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