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Le Cesti a célébré ce mercredi pour la deuxième année consécutive la 8e édition de la Journée mondiale de la radio. Contexte oblige, les violences électorales ont été au centre des débats.

Il y a quelques jours, des journalistes suivant la caravane du candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) avaient été pris à partie par des populations désireuses de venger la mort d’un des leurs au cours d’affrontements. Une situation qui a fait réagir les panelistes invités à s’exprimer à l’occasion de la célébration par le Centre d’étude des sciences et techniques de l’information (Cesti) de la Journée mondiale de la radio. Com­mentant cette actualité brûlante liée à la campagne électorale, M. Moustapha Guèye, enseignant-chercheur au Cesti, dit avoir constaté qu’en cette période électorale, les journalistes relaient les événements les plus incendiaires et subissent, au propre comme au figuré, les violences qui interviennent. Dans ce cas de figure, il exhorte les professionnels du métier à s’élever au-dessus de la mêlée pour relayer le discours neutre qui paraît essentiel et attire l’attention sur les signes avant-coureurs pour prévenir les risques. Pour lui, l’identification des journalistes qui sont transportés dans des véhicules de candidats pose un problème d’indépendance et d’équidistance des hommes des médias dans l’exercice de leur fonction. «Les journalistes doivent avoir les compétences d’analyse et pouvoir aller au-delà dans des moments particuliers comme en période de campagne électorale ou en zone de conflit», a dit l’enseignant-chercheur. Poursuivant, il indique que «traiter l’information en zone de conflit exige une formation et une expertise». Sous un autre aspect, il estime que le gilet reste un outil fondamental pour la distinction et la sécurité du journaliste.
L’imam Ahmadou Makhtar Kanté, un des panélistes, pour sa part, a donné pour exemple la radio Mille Collines au Rwanda qui a joué un rôle dangereux dans le génocide d’avril 1994. Il estime qu’il est dès lors intéressant de s’interroger sur l’usage qu’on fait de cet outil puisque le discours religieux lui-même doit être compris dans son sens. «La radio évacue la question de la tyrannie de l’image», souligne l’imam avant d’expliquer que si l’auditeur ne voit pas la personne qu’il écoute, cela l’empêchera d’avoir des préjugés sur elle. «La radio doit être au service de l’homme et surtout ce que Dieu veut que l’homme soit sur terre. Cet être humain qui accepte le dialogue, préserve la dignité humaine et l’harmonie dans la cohésion sociale», a-t-il soutenu.
Pour la deuxième année consécutive, la Journée mondiale de la radio a été célébrée au Centre d’étude des sciences et techniques de l’information (Cesti) autour du thème «La radio comme dispositif de dialogue pour une paix sociale». Un thème qui trouve toute sa pertinence dans un contexte politique et électoral émaillé de violences physiques et verbales, a dit la directrice du Cesti, Mme Kousson Traoré Sall. Coumba Sylla, journaliste quant à elle, considère la radio comme le média par excellence qui ne demande pas de moyens pour y avoir accès et dont la mission est d’informer, de sensibiliser et de divertir. Selon Mme Sylla, la radio requiert une grande responsabilité de la part des professionnels. Cette journée s’est déroulée en présence de professionnels de médias, d’étudiants en journalisme, de spécialistes de communication, d’enseignants-chercheurs, mais également des directeurs et étudiants de l’Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication (Celsa/Sorbonne) de Paris qui séjournent à Dakar depuis une semaine.
d.dem@lequotidien.sn

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