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Pour le troisième panel marquant le premier anniversaire du Musée des civilisations noires, c’est le Pr Souleymane Bachir Diagne qui a donné ce samedi la leçon inaugurale du panel sur «Religion et société». La leçon du Pr Diagne qui portait sur «le pluralisme dans la tradition philosophique et spirituelle en islam» se veut un éloge du pluralisme. «Le pluralisme est une des valeurs probablement les plus importantes à notre époque où on assiste à la fragmentation du monde selon des identités meurtrières, surtout religieuses. On le voit quand la société birmane essaie d’être homogène en procédant à un génocide des Rohingyas, quand l’Inde décide que l’indianité doit être la même chose que l’hindouité. Toutes ces choses nous montrent que le défi principal auquel nous faisons face, c’est le défi de faire société ensemble dans nos différences. Et cela s’appelle mettre en avant la valeur du pluralisme. J’ai voulu que ma conférence inaugurale soit un éloge au pluralisme, un appel à l’éducation au pluralisme.»
Dans la même lancée, le Pr Diagne est revenu sur la laïcité au Sénégal qui n’a pas hérité de celle française. Selon le Pr Souleymane Bachir Diagne, le Sénégal a plutôt «une laïcité ouverte» qui, loin d’écarter les religions, «les invite au contraire à participer avec leur œuvre d’éducation à la construction continue de notre Nation». Contrairement à la France où la laïcité est devenue «une autre forme de religion et d’intolérance», le Pr Diagne estime qu’il est important d’avoir toujours cette culture. «Sur la base d’un grand principe qui est la séparation entre la politique et la religion, il faut que l’on donne toute leur place aux différentes confessions religieuses pour qu’elles apportent leur contribution», souligne le Pr Diagne. Il en appelle ainsi à des efforts plus soutenues en faveur de l’éducation.

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