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Un fait majeur de cette année 2017 qui s’achève a été la panne du seul appareil de radiothérapie de l’hôpital Le Dantec. Elle a révélé le pilotage à vue des autorités en charge de la santé et leur manque de rigueur. Des évacuations au Maroc avaient été annoncées, mais le gros des malades est resté dans le désarroi, attendant une nouvelle machine dont le fonctionnement n’est pas encore effectif.

La nouvelle est tombée sèche comme un couperet. La seule machine de radiothérapie au Sénégal est tombée en panne après une longue période d’agonie. Une nouvelle qui avait plongé des malades en traitement au service cancérologie de l’hôpital Aristide Le Dantec dans le désarroi total. Ne sachant plus à quel traitement se vouer. La nouvelle fait mal et installe un malaise au sein du gouvernement. Le ministre en charge de l’Economie, des finances, et du plan, invité dans une radio de la place, avait fini par reconnaître «une situation difficile pour le gouvernement».
Une situation qui met à nu la négligence et l’insouciance du ministère de la Santé et de l’action sociale. Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé d’alors, multiplie les communiqués. Elle explique avoir commandé trois appareils de radiothérapie de dernière génération dont deux pour l’hôpital Dalal Jamm et un pour remplacer celui tombé en panne à l’hôpital Le Dantec. Mais malheureusement, disait-elle, le pays arabe qui devait assurer le financement de ces appareils était sous embargo.
Elle annonce des solutions alternatives pour une prise en charge des malades devant faire la radiothérapie. Trois malades devaient être évacués au Maroc en attendant ceux qui sont éligibles. Des mesures qui n’ont pas pu calmer la clameur publique. L’opinion critique le manque de prévoyance et dénonce l’amateurisme du département de la Santé pour des questions aussi douloureuses et difficiles. Des personnes de bonne volonté et des associations comme la Lisca engagent le combat. Elles organisent des dons pour venir en aide aux malades. Une situation inédite qui a montré les limites des autorités sanitaires à prendre en charge les questions prioritaires.
Aujourd’hui, Awa Marie Coll Seck n’est plus ministre de la Santé. Son successeur, Abdoulaye Diouf Sarr, avait récemment réceptionné la nouvelle machine. Il a même annoncé sa mise en service en janvier. Un espoir pour ces nombreux malades du cancer qui attendent toujours dans le couloir. Il reste à savoir si cette date sera respectée. De l’avis de certains spécialistes, la mise en service de la nouvelle machine pourrait prendre 6 mois. Voire plus.
ndieng@lequotidien.sn

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