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Awa Marie Coll Seck.

Le ministère de la Santé et de l’action sociale est sur la sellette ces derniers temps. Acculé de toutes parts par des malades du cancer désœuvrés et une opinion scandalisée, le ministère se justifie à tout-va. Mais il faut dire que sur la panne de la machine de radiothérapie de l’hôpital Le Dantec, la tutelle a fait preuve d’insouciance et de négligence. Mais à regarder de plus près, l’on se rend compte que Awa Marie Coll Seck perd le pied et multiplie les erreurs de gestion qui risquent de porter atteinte au système de santé et aux populations.

Par Ngoundji DIENG La panne de la seule machine de radiothérapie de l’hôpital Le Dantec n’a fait que révéler encore une fois une gestion laxiste des questions liées à la santé des populations en cours dans ce ministère. Beaucoup de personnes s’en sont indignées en accusant les autorités de négligence. Le ministre de l’Economie, des finances et du plan, Amadou Ba, a même reconnu lors de son passage à l’émission radiophonique «Le Grand jury» sur la Rfm que c’est une situation difficile pour le gouvernement. De son côté, sa collègue de la Santé, Awa Marie Coll Seck, a multiplié les conférences de presse pour tenter d’expliquer la situation en rejetant la faute sur les procédures jugées longues. Des explications qui passent mal quand on sait l’importance de cette machine dans la prise en charge des malades du cancer. Quand on sait aussi que gouverner c’est prévoir. Le problème en réalité, c’est que sur cette affaire, le département de la Santé a encore fait preuve d’insouciance et de négligence. Si on jette un coup d’œil sur des évènements qui se sont passés récemment, on se rend compte qu’il y a un sérieux problème dans ce département ministériel. Et la panne de cette machine n’est que la face visible de la désinvolture qui prévaut dans ce ministère. Le mal est plus profond que cette crise. C’est à se demander si le département de la Santé et de l’action sociale s’intéresse réellement à la santé des populations. Récemment, l’Ordre des médecins su Sénégal a fait face à la presse pour s’indigner de la gestion de la tutelle concernant un cas d’exercice illégal de la médecine à Dioffior, dans la région de Fatick. Le médecin-chef de district, Dr Mama Moussa Diaw, avait pris en flagrant délit de pratique illégale de la médecine un nommé Abdou Gackou. Dr Diaw avait par la suite informé le préfet, le commandant de brigade de la gendarmerie de Fimela, le sous-préfet et le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Fatick pour signaler les agissements du chef du poste de santé de Samba Dia qui procédait aux pratiques d’échographie obstétricale sans en avoir les compétences. Devant les députés, le ministre de la Santé refuse d’évoquer le cas de Dioffior L’Administration judiciaire s’était saisie de cette affaire et la gendarmerie, sur ordre du procureur de Fatick, avait procédé à l’arrestation et à la garde à vue du sieur Gackou. Et qu’est-ce qui est arrivé à Dr Mama Moussa Diaw qui a fait un travail remarquable ? Il a été relevé de ses fonctions et muté. Pis, dénonçait Docteur Boly Diop du Sames, le cabinet du ministère de la Santé s’était immiscé dans l’affaire pour tenter de faire libérer le mis en cause. Interpellée par les parlementaires, lors de son passage à l’Assemblée nationale pour le vote du budget de son ministère, sur cette affaire, Awa Marie Coll Seck avait répondu qu’elle ne préférait pas aborder cette question avec les députés. Pourtant, au même moment, le ministre de l’Intérieur avait adressé une lettre circulaire aux gouverneurs et préfets pour leur demander de traquer des personnes qui s’adonnaient à l’exercice illégal de la médecine. Bizarre ! Le cas Cheikh Seck toujours en souffrance à Hoggy Il y a aussi l’affaire Cheikh Seck du nom de ce syndicaliste en service à l’Hôpital général de Grand Yoff (Hoggy). A cause de ses prises de position sur la gestion de l’ex-directeur de cette structure hospitalière, Seck avait été transféré dans une autre structure alors qu’il était délégué syndical à Hoggy. Cheikh Seck avait introduit un recours auprès de la Cour suprême pour faire annuler cette décision qu’il avait jugée illégale. La Cour suprême a cassé ladite décision et jusqu’à présent, le ministère de la Santé traîne les pieds pour exécuter la décision de la haute juridiction. Cheikh Seck est certes revenu à Hoggy, mais privé de bureau et aussi de siéger au Conseil d’administration dudit hôpital alors que son mandat courait toujours. Jusqu’à présent, le ministère n’a pas réglé le passif de plus de 20 mois de salaire dû à cet agent, car l’hôpital avait suspendu ses émoluments durant tout le temps qu’a duré la procédure d’annulation de la décision. Pis, souligne Cheikh Seck joint par téléphone, le ministère a modifié son matricule de solde. Autant d’exemples de gestion catastrophique du personnel qui, forcément, rejaillissent sur le fonctionnement du système de santé et de facto sur la santé des populations. ndieng@lequotidien.sn

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