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Mon Dieu ! Qui protègera nos enfants contre nos faiblesses, nos vilénies et notre paresse devant ce monde qui marche à une vitesse fulgurante ? Fatigué de tout, de la vie, de la modernité, des machines bruyantes et des appareils silencieux qui nous rongent jusqu’à l’âme, nous sommes prêts à léguer à nos enfants un monde pollué par des idées toxiques, des idées mortes et même des idées mortelles.
Les banques, la presse, la démocratie, l’Onu, le Fmi et la Banque mondiale s’occuperont de l’éducation de nos enfants. Ils seront chargés de nous dire comment faire un enfant, un enfant-roi, un enfant comme il faut. Des enfants malveillants, atteints d’obésité immorale, qui vont trépigner sur l’autel de notre vie et plus tard, adultes, pisseront sur nos tombes. Nous aurons réussi le miracle de sortir de nos limbes des êtres dignes de Gog et Magog. Ce sera le monde de l’indifférenciation sexuelle, où le prédicateur se verra indexé par un petit être diabolique sorti de la fièvre de son propre désir incontrôlé. Il sera un enfant de ses propres œuvres. C’est le temps de la démission, fatigué de lutter, de donner et de recevoir des coups, la garde baissée, nous sommes dans les cordes, acculés par la tyrannie de l’ignorance, de l’incurie et de l’imbécilité contemporaine. Sur les chemins caillouteux des cimetières de l’oubli, non loin de la mer et des pierres perdues défileront des hommes et des femmes qui avaient exclu Dieu de leur vie. Ils ont bien fait d’avoir orchestré une vie mystérieuse, enveloppée dans du linceul de l’élucubration artistique. Seul Dieu Sait !
De complaisantes oraisons funèbres les accompagnent vers cette demeure qui n’est pas la dernière. Il s’en est allé retourner à la poussière, l’enfant gâté devenu adulte. Après avoir mené une vie ambiguë, mais sans compromission, il se serait bien passé de ce qu’il a toujours considéré comme une mascarade sectaire. Les chemins de la décrépitude finale viennent de l’enfance. Ils viennent du père, de la mère, de l’oncle, ce dernier lien avunculaire souvent voleur-violeur d’innocence et source de corruption morale et financière. Les choses immondes viennent de chez nous, sous la peau, elles exhalent l’odeur de la perte finale, du cambouis du péché, du fumier de la luxure, de la concupiscence invétérée.
La haine au croc, à la tête d’une meute de jouisseurs incurables, il s’en va, l’enfant sans surveillance devenu adulte malveillant, déblatérer des idées nocives et vénéneuses à la télé, parce qu’un directeur de programme a manqué de vigilance. Il devint la vertu parlante et non agissante, cet entrepreneur moral arrive à nous surprendre, le jour où il défenestra une fille de bonne famille en tentant de la violer. Il lui avait promis de l’emploi. Les lacérations des fouets du repentant, les morsures douloureuses de l’air refroidi par un hiver de péchés, la chaleur torride et même kalaharienne de la contrition, les plaies purulentes et les boursouflures de la peau sur le chemin du mont Nimba n’auront pas suffi à faire vaciller l’âme humaine juste sortie du règne animal de cet enfant malveillant devenu adulte. Le monde irait mieux s’il courait seulement après les jupons, sans agir mal avec les femmes, l’argent de la Nation, le consensus moral et social, la loi suprême. Hors-la-loi que nous sommes !
Pour son propre bien, son équilibre spirituel et son salut ici-bas, il aurait bien agi s’il savait. Il aurait exercé les douze travaux d’Hercule pour se refaire une santé morale et agir en harmonie avec l’horloge cosmique. Une peau de banane jetée dans la rue l’aurait effrayé, parce que devenu initié au savoir métaphysique, il aurait su que le plus insignifiant des mauvais gestes, un regard de travers, une injure, un doigt d’honneur, une moue moqueuse, une phrase assassine, une calomnie et plus grave, une pensée malveillante, provoquent un déséquilibre au niveau du biomagnétisme humain et ternissent l’aura psychologique moral et mental. Sans pouvoir l’expliquer par la raison cartésienne, les gens sauront qui vous êtes réellement. Votre personnalité intrinsèque se verra souillée par votre propre hypocrisie. Vous cessez alors d’être cet homme, cette femme charmante, dont le charisme n’était commandé que par la vertu du comportement intérieur, invisible. Vos propres actes malveillants envers les hommes, la société et le pays auront fini par se transformer en une énergie négative qui vous emprisonnera. Alors, toutes les portes seront fermées. L’enfant, mal surveillé et devenu adulte, aura beau accuser le destin, la guigne, la malchance, il n’est même pas conscient qu’il est dans l’antichambre des démons de l’enfer.
Beaucoup d’hommes qui se pavanent en costume cravate et en grand boubou, accueillis en héros partout et distribuant des billets, traînent derrière eux une longue queue de chimpanzé et portent des cornes du diable. Mais qui est prêt à déchirer le voile du mystère pour voir tout cela ? Que Dieu nous pardonne !

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