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Abdoulaye Khouma trouve «inélégante» l’attitude de l’ex-présidente du Cese, Aminata Touré qui, en quittant son poste, n’a pas remercié Macky Sall. Le responsable de l’Apr aux Parcelles n’a pas été surpris par le départ de Amadou Ba du gouvernement et assure que ce dernier reste leur coordonnateur communal.

Votre coordonnateur aux Parcelles Assainies, Amadou Bâ, n’a pas été reconduit dans le gouvernement. Est-ce une surprise pour vous ?
Pas du tout ! Je ne suis pas surpris pour plusieurs raisons. La première, il appartient au président de la République de définir la politique de la Nation, de choisir les hommes et les femmes qui doivent l’accompagner pour traduire sa politique en actes. Le ministre Amadou Bâ qui est le coordonnateur de l’Alliance pour la République aux Parcelles Assainies l’a dit et rappelé aux militants : il a été fait ministre par le Président Macky Sall trois ans durant sans avoir la carte de l’Apr, avait estimé qu’il l’avait choisi non pas sur une base politique mais pour ses compétences. Le président de la République n’avait demandé l’autorisation de personne pour le nommer ministre et donc n’a pas à demander l’avis de qui que ce soit pour le démettre. Mais heureusement que le ministre Amadou Bâ l’a bien compris. C’est un grand commis de l’Etat qui, durant trente ans, a servi la haute administration sénégalaise et qui se met à la disposition du président de la République partout où il jugera nécessaire de l’amener.

Est-ce qu’il demeure votre coordonnateur aux Parcelles Assainies ?
Mais ça n’a rien à voir. Il l’a lui-même rappelé, ministre trois ans sans détenir la carte de l’Apr. Et à un moment donné, il a jugé nécessaire de faire une descende sur le terrain et d’accompagner le président de la République sur le plan politique. Il reste et demeure le coordonnateur de l’Apr aux Parcelles Assainies. Et comme son collègue Aly Ngouille Ndiaye l’a dit : «Je ne suis plus ministre mais je reste le coordonnateur de l’Apr à Linguère.» Ce sont des fonctions différentes qu’il faut dissocier au Sénégal comme ça se fait dans d’autres pays.

Leurs discours reflètent-ils la réalité ?
Peut-être, je connais moins Aly Ngouille Ndiaye mais ce sont des gens que j’ai côtoyés. Amadou Bâ a été mon responsable et le demeure. J’ose en tout cas croire que le discours qu’il a tenu hier (Ndlr : jour de sa passation de services avec Aïssata Tall Sall) reflète la réalité. Je le connais comme un homme qui a toujours été fidèle au président de la République malgré les supputations. Aux Parcelles Assainies, nous faisons partie de ceux qui ont créé ce parti là depuis 2009. Donc nous sommes des sentinelles de l’Apr. Si Amadou Bâ n’était pas un fidèle parmi les fidèles du président de la République, s’il avait un agenda caché, s’il avait autre chose, on n’allait pas le laisser diriger le parti jusqu’à présent. Exemple pour exemple, l’année dernière lorsqu’on a senti qu’il était un peu déconnecté de sa base aux Parcelles, par une Assemblée générale, nous avions convié la presse pour le rappeler à l’ordre, lui dire qu’un responsable doit être proche de sa base, quel que soit son calendrier régalien.

Amadou Bâ, Aminata Touré, Mouhamadou Makhtar Cissé… n’ont-ils pas été victimes des intentions qu’on leur prête de vouloir se présenter comme candidats à la Prési­den­tielle de 2024 ?
Très sincèrement, je n’ai jamais lu quelque part ou entendu à travers une radio de la place ou sur un autre support ces gens parler de leurs intentions de remplacer le Président Macky Sall. Maintenant, chaque jour, dans la presse, les gens font des interprétations dans les meetings et réunions. Et le président de la Répu­bli­que, que je sache, je ne l’ai jamais entendu rappeler à l’ordre quelqu’un parmi ces responsables parce qu’il a fait état d’une quelconque volonté de le remplacer ou d’être candidat à la Présidentielle. Ce sont des hommes et des femmes qui ont respecté la ligne directrice du parti qui consiste à ne pas parler de mandat et à travailler. Le président de la République est un homme qui a hâte de réaliser ses grands projets et a dit de la manière la plus ferme que quiconque veut travailler avec lui doit respecter ces principes-là.

Mais on constate déjà des frustrations, Aminata Touré qui quitte le Cese sans remercier le Prési­dent Macky Sall qui l’avait nommée à ce poste…
Malheureusement tout le monde l’a constaté. Mais heureusement que, de l’autre côté, Amadou Bâ, Makhtar Cissé et Aly Ngouille Ndiaye ont reconnu ce que le président de la République a fait pour eux parce que parmi 16 millions d’habitants, ils ont été choisis pour être ministres. Je rappelle que Aminata Touré a été Garde des sceaux, Première ministre, présidente du Conseil économique, social et environnemental par la volonté du président de la République, Macky Sall. Donc, à la fin de sa mission, je pense qu’il était beaucoup plus élégant pour elle de remercier celui qui l’a hissée à cette station.

Elle n’a pas été reconnaissante à votre avis…
Je pense qu’elle n’a pas été reconnaissante parce que dans ce parti, il y a des hommes et des femmes qui sont autant sinon plus aptes qu’elle pour occuper cette station. Mais c’est elle que le Président avait choisie. Encore une fois, l’élégance républicaine voudrait qu’elle rende grâce à Dieu en tant que croyante, mais aussi qu’elle remercie le président de la République qui lui a fait confiance parmi tant d’autres Sénégalais.

Exclusion de Moustapha Diakhaté, de Moustapha Cissé Lô, départ de tous ces ténors du gouvernement aujourd’hui… L’Apr ne risque-t-elle pas d’imploser ?
Je ne pense pas. C’est dommage de constater que les gens ne font pas de discernement, de dissociation entre responsabilités étatiques et responsabilités dans le parti. Le militant qui a participé à la naissance d’un parti, qui partage la même idéologie que le président de la République, qu’il occupe des fonctions ou non, restera toujours dans sa famille politique. C’est vrai que des fois on peut voir des personnes qui, une fois remerciées de leurs fonctions administratives, quittent le parti. Mais je ne partage pas cette démarche.

Le candidat Idrissa Seck disait, une fois élu, qu’il allait supprimer le Cese. Aujourd’hui il a été nommé président de cette institution. Peut-on continuer à croire à la parole des hommes politiques ?
Pourquoi pas ? Je pense que lorsqu’il le disait en 2019, c’était une forte conviction de sa part. En 2020, voilà qu’apparaît une catastrophe partout dans le monde, le Covid-19, qui a freiné les taux de croissance, qui fait que les jeunes reprennent les pirogues pour s’aventurer en mer et meurent. Le Covid-19 qui fait qu’aujourd’hui ce qu’on appelle les démocraties occidentales sont en train de connaître une récession terrible, que le taux de suicide est aujourd’hui des plus élevés dans les pays occidentaux. Mais c’est cette nouvelle donne qui n’était pas prévue qui fait que le Sénégal, qui n’est pas un Etat isolé, rencontre des difficultés. Heureusement qu’on a la chance d’avoir un président de la République qui fait face jusqu’ici à cette pandémie. Si le président Idrissa Seck juge aujourd’hui nécessaire de prendre la présidence du Conseil économique, social et environnemental pour accompagner le Président à surmonter ces difficultés, je pense qu’il ne s’est pas dédit mais il s’est tout simplement conformé à une réalité.

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