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Les bureaux de la Délégation générale à l’Entreprenariat pour les femmes et les jeunes (Der/Fj) ressemblent plus à une ruche en cet après-midi du samedi. Si certains semblent déjà travailler dans cet open space au sommet d’un immeuble de la Vdn, plusieurs entrées et sorties d’hommes et de femmes, parmi lesquels le Délégué général lui-même, en chemise blanche, ne se distingue en rien de ses collaborateurs. Il reçoit Le Quotidien après avoir expédié rapidement quelques affaires courantes, en expliquant que certains de ses collaborateurs en sont encore à signer leurs contrats. Cela fait, il se prête de bonne grâce aux questions.

M. le Délégué général, la Der est maintenant fonctionnelle, et vous avez à votre disposition, un impressionnant budget de 30 milliards de francs. Quels stratégies et mécanismes allez-vous déployer pour atteindre vos cibles, qui sont les couches parmi les plus vulnérables de la société ?
D’abord, merci de l’opportunité que vous nous offrez. Le Président Macky Sall a décidé de créer cette Délégation générale à l’Entreprenariat rapide pour les femmes et les jeunes, placée à la présidence de la République, sous sa direction personnelle, pour donner une impulsion à sa politique économique et sociale, car il s’est rendu compte que les investissements faits au cours de ces 5 dernières années de sa Présidence, manquaient une approche sociale. Le Der vient donc aujourd’hui, comme la touche sociale, mais aussi économique du Président, pour répondre aux questions de sous-emploi, d’inclusion sociale pour les femmes et pour les jeunes. Ce budget de 30 milliards, comme vous l’avez dit, est conséquent, mais le Président a fait mieux, parce qu’il est renouvelable chaque année. Beaucoup de gens pensent que c’est 30 milliards d’un coup, ce n’est pas le cas. Le budget consolidé d’investissement prévoit pour chaque année, dans les 5 années à venir, une dotation de 30 milliards pour adresser la question des femmes et des jeunes.
Certains fonctionnaires de certaines structures chargées de l’emploi des jeunes estiment que s’ils avaient disposé des mêmes moyens financiers, ils auraient pu faire le même travail, sans avoir besoin de créer une structure supplémentaire.
La question de quelle structure est la mieux adaptée, je ne peux pas la commenter. C’est une autorité qui a créé ces agences, qui a décidé de créer cette délégation qu’il a placée à son niveau. Les raisons peuvent être variées. Je n’accuserai aucune agence ou une direction de ne pas être efficace ; mais peut-être que la manière avec laquelle ces agences et ces directions ont pris en compte la question de l’emploi des jeunes ou de son financement, n’a pas satisfait l’autorité. Donc, elle a voulu créer cette nouvelle structure, qui est transversale et qui est sous sa direction directe pour donner une nouvelle impulsion à la politique de financement de l’entreprenariat, ainsi qu’à la politique de création d’emplois pour les jeunes. On a une souplesse et une rapidité que n’ont pas ces structures. On a aussi une approche qui fait que l’on va obtenir des résultats le plus rapidement possible, car on va être transversal. Nous travaillerons avec tous les ministères sectoriels, toutes les agences, sans pour autant sous substituer à elles.
En d’autres termes, nous avons des ressources pour ces agences et ces ministères. Et avec la plupart de ces structures, que j’ai reçues ici, nous sommes en train de travailler sur un certain nombre d’accords de partenariat, que ce soit, l’Anpej, l’Adpme, le Fongip. D’ailleurs, quand vous voyez la composition de mon équipe, la plupart des membres viennent de ces structures ; j’y ai débauché les meilleurs cadres. Il y en a qui viennent du Bos, d’autres aussi viennent de l’étranger, des banques d’investissement, des banques privées, et autres. Notre objectif est d’allier rapidité, efficacité et transparence.
Rapidité, on veut financer en 3 semaines. C’est dire que les dossiers ne vont pas traîner. Transparence, on va utiliser des outils comme Internet, pour que les applications se fassent en ligne. Il n’y aura pas de discrimination selon la région, l’appartenance religieuse ou l’appartenance politique. Cela est important, parce qu’il y a des financements qui ont été donnés dans les temps en fonction d’où l’on vient ou du parti auquel on appartient. J’ai dit au président de la République que je ne voulais pas travailler de cette manière. On va financer les jeunes et les femmes par commune.
Nous avons un tableau de bord avec les financements, les ressources distribuées par commune au Sénégal. Et on verra, par jeune, par femme, les ressources distribuées par secteur, pour pouvoir répondre à ces besoins de transparence et d’équité territoriale. Ainsi, si vous prenez la région de Dakar, qui a la plus importante densité de population et la plus grande présence en termes d’unités économiques et d’entreprises, elle se retrouve avec plus de 40% de financements. Chaque région dispose d’un certain nombre de ressources, que nous allons utiliser de façon transparente.
Par exemple, vous allez voir sur le tableau de bord que j’ai ici (il exhibe des tableaux sur son ordinateur portable. Ndlr), la population cible de chaque région est répertoriée. Les jeunes vont, selon nos calculs, de 20 à 40 ans, et pour les femmes, il n’y a pas de limite d’âge. (…) On a dispatché par région, sur la base des unités économiques qui existent, et sur la base du recensement général des entreprises que j’ai eu à présider. Les méthodes que l’on utilise sont des méthodes quantitatives, avérées et empiriques. Il n’y a pas de décision politique. Ni le président, ou le Premier ministre ou l’un quelconque des ministres, ne peut venir me dire de donner tant à telle ou telle personne.

La couleur politique ne donne-t-elle pas droit à une certaine préférence ?
Non ! Justement regardez ! Regardez par exemple, Dakar, 5 milliards 899 millions de francs Cfa ; Diourbel, 1 milliard 412 mille francs, Fatick 349 millions de francs. Fatick, c’est la région du Président. Quand il a vu ça, il m’a dit, «C’est moi qui t’ai nommé et tu me donnes ça !» Et je lui ai répondu que c’est par rapport à la base de la population et des Pme dans la région. On ne va pas mettre plus là-bas, parce que le Président vient de là. Et pareil, on ne va pas mettre plus aux Parcelles puisque Amadou Ba vient de là, ni à Gossas, parce que c’est la zone du Premier ministre, et ainsi de suite. Et quand vous descendez également dans chaque région, il y a une répartition selon les départements. Voyez par exemple, à Diourbel, Bambey se retrouve avec 289 millions, Diourbel avec 278 millions, et Mbacké, qui inclut Touba, se retrouve avec 1 milliard. C’est dire que l’on peut aujourd’hui, répertorier dans chaque commune, le nombre d’unités économiques, le nombre des jeunes et des femmes, et le budget qui lui est accordé. Ce qui veut dire que l’on va créer une compétition économique dans chaque territoire.
Demain (hier dimanche, Ndlr) on va à Ziguinchor, on commence les Crd avec le gouverneur de Ziguinchor, ensemble avec tous les préfets des départements et les maires. On va leur montrer qu’il y a 265 millions réservés pour Bignona, 53 millions pour Oussouye, et 309 millions pour Ziguinchor. Sur la base des populations de ces communes. Et on va même organiser des compétitions à l’intérieur de ces communes, avec notre représentant qui sera chez le préfet, et non chez le maire, et qui va travailler sur la base de ce que les Anglais disent, «First come first served (Premier arrivé premier servi)». Les jeunes ont leur projet, on leur dit comment l’élaborer, ils sont financés, on les accompagne, sans distinction d’ordre politique.
A quel endroit interviennent les institutions financières dans votre organigramme
Pour vous dire, si nous voulions, on allait financer directement. Nous travaillons avec les banques et les Sfd. On a tenu une réunion avec la Bnde, le Crédit agricole, le Crédit du Sénégal, et les Sfd, Pamecas, Cofina, Cms, Microcred, etc. les Big Five du Sénégal. L’idée est que l’on met les ressources chez eux, on les fait travailler, et eux ils financent. Car si nous finançons directement, il y a risque de non-remboursement, parce que les gens vont croire que ce sont des financements politiques. Alors qu’en passant à travers les banques et les Sfd, ce sont des financements classiques. La différence avec les produits classiques, c’est que nous on bonifie les taux, on met une garantie, pour que le financement soit rapide, et soit traité en trois semaines. Le comité d’investissement se tient chez nous, et on a un organigramme digne d’une banque d’investissement… Ce sont des gestionnaires de portefeuilles, qui auront des enveloppes variant entre 1 et 5 milliards, selon les secteurs.
Maintenant, pour les montants qui vont de 0 à 500 mille francs Cfa, ils n’auront même pas besoin d’un traitement humain. Il suffira d’aller sur notre site web, www.der.sn, pour postuler, et en fonction de la pertinence du projet, on répond dans la semaine, et les dossiers sont traités, sans intervention humaine. Bien sûr, il y a des critères, et en fonction du sérieux du projet, les personnes auront leur financement.
Tout cela pour faire comprendre que nous avons le pouvoir, mais ce sont les banques et les Sfd qui paient pour nous, décaissent pour nous, et ce sont elles qui recouvreront pour nous.

A voir la qualité de l’équipe dont vous vous êtes entouré, les charges de fonctionnement doivent être lourdes ; j’espère qu’elles ne pèsent pas sur le budget ?
Non, justement ! On ne touche pas aux 30 milliards. Nous avons prévu un ratio raisonnable. Normalement, c’est 15% du budget, nous on est à moins de 12%. Et c’est un supplément qui n’est même pas dans les 30 milliards.

Comme se présentent les choses, quelle pertinence voyez-vous à maintenir à côté de la Der, les autres structures chargées de l’emploi des jeunes ?
Ça, c’est une question éminemment politique à laquelle je ne saurais répondre. Je ne suis pas le Président, ni le Premier ministre, je ne suis qu’un technicien. J’étais au ministère des Finances comme Directeur général, on m’a dit, Pape Sarr, venez diriger la Der ; je suis venu, et j’applique les instructions que me donne le chef de l’Etat. S’il décide demain, de me virer, pour mettre quelqu’un d’autre, je pars. S’il décide de rationaliser et regrouper les agences, il mettra qui il veut, et la décision lui revient. Mais, effectivement, comme vous le dites, il y a un besoin de rationalisation.

Vous avez une certaine expérience, vous avez travaillé au ministère de l’Economie, des finances et du plan, et avant cela, dans des organismes internationaux. Néanmoins, vous êtes relativement jeune par rapport à des profils que l’on voit souvent à ce niveau de responsabilités. Qu’est-ce qui dans votre profil, pourrait expliquer que ce soit vous qui ait été choisi ?
(Rires). C’est relatif. Quand le Président m’a nommé, j’avais 38 ans. J’en ai 39 aujourd’hui. A 38 ans, en Europe ou aux Etats-Unis, on est millionnaire ou au moins un géant d’affaires. Avant de venir ici, je gérais des équipes et des budgets plus conséquents que ça. A la Fondation Bill et Melinda Gates, je dirigeais 15 pays d’Afrique francophone et Afrique centrale. A l’Ocde, je couvrais 7 pays d’Afrique. Et j’avais moins de 35 ans. Après, je suis rentré et j’ai travaillé comme Conseiller technique du ministre de l’Economie, des finances et du plan pendant deux ans. J’ai été nommé Directeur général du secteur financier. J’ai eu une équipe de 5 directeurs sous mes ordres, que je continue d’ailleurs à diriger, parce que je n’ai pas encore été remplacé. Je pense que j’ai fait mes preuves. Donc, si le chef de l’Etat décide de me nommer à ce poste, c’est parce qu’il a confiance en moi, sinon, je pense qu’il ne l’aurait pas fait. Ils ont fait toutes les enquêtes et toutes les investigations, qui ont fait qu’il pense que je peux gérer cette structure.

Ne serait-ce pas l’influence de Amadou Ba ?
C’est une approche, et il y en a qui le pensent, mais moi, je ne suis pas dans ces débats. Ce n’est pas Amadou Ba qui m’a nommé ; c’est le président de la République Macky Sall, qui a pris le décret pour me nommer, et je travaille pour lui.

A partir de quel critère, de quel chiffre, estimerez-vous avoir rempli un tant soit peu votre mission ?
Si je parviens à créer des champions nationaux dans les secteurs que l’on vise, l’Agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat, les industries culturelles, les Arts, l’énergie, les transports et l’économie numérique, si je parviens à créer disons, 100 champions dans chaque secteur, je serai satisfait. Deux, si je parviens à avoir un taux d’inclusion financière et de bancarisation de 200 mille à 300 mille personnes, je serai très satisfait, car je veux augmenter le taux. Mon ambition est que chaque bénéficiaire des financements de la Der de plus de 300 mille francs Cfa ait un compte bancaire, pour augmenter le taux de bancarisation, qui est de 19-20% aujourd’hui. Si on a déjà cela, on va formaliser davantage notre économie, et augmenter sensiblement le nombre d’emplois créés.

Vous êtes-vous donné un délai pour être fonctionnel ?
Les instructions du chef de l’Etat sont de faire les premiers financements au premier avril, et nous sommes prêts. Et à partir du mois de juin, je pense qu’on atteindra notre vitesse de croisière. Et avec le site web qui est créé, et qui nous dispense d’un contact direct, je pense qu’on pourra atteindre toutes nos cibles d’ici la fin de l’année.

Au moment où le gouvernement est en train de mettre un budget assez conséquent sur les bourses familiales, vous financez des femmes et des jeunes. N’y aurait-il pas un moyen de faire une synergie avec ces bourses ?
Absolument. Les bourses de la délégation à la protection sociale ont un registre unique qu’on va utiliser aussi pour cibler les populations vulnérables qui ont besoin de ces ressources. Parce qu’effectivement, ça ne sert à rien de créer des doublons si on peut rationaliser et avoir plus d’impact. Et pour confirmer, il y a d’ailleurs un projet de la Banque mondiale qui va bientôt entrer en vigueur, qui cible ces populations vulnérables. Mme Anta Sarr Diacko et moi avons tenu deux réunions, et nous allons nous revoir d’ailleurs, pour essayer de comparer nos bases de données, et nous assurer qu’il n’y a pas de doublons, pour éviter que les bénéficiaires de la Der aient aussi des bourses de solidarité. Si par contre, il s’avère que dans un foyer il y a des entrepreneurs qui bénéficient de la bourse, on va s’assurer que ce soit un cumulatif, pour qu’il y ait beaucoup plus d’impact.

La meilleure idée ne serait-elle pas que les bénéficiaires de la bourse sortent de cet appui de la solidarité pour pouvoir être entrepreneurs ?
Exactement ! il y a ce qu’on appelle en anglais la graduation, qui fait qu’au bout d’un an, 2 ans, les gens qui bénéficient de la bourse sociale, bénéficient du financement de la Der et qui ne sortent plus des filets sociaux, on arrête de les financer. Parce que nous notre objectif, ce sont des financements qui vont à partir de 100 mille francs, 300 mille, 500 mille, 1 million. Si donc une famille est soutenue «basiquement» et que dans la famille il y a un entrepreneur qui commence à toucher les 300 mille ; 400 mille ou 500 mille, ils n’auront plus la bourse pour permettre à d’autres familles d’en avoir.

Dans ces conditions, est-ce que ce ne serait pas idéal de privilégier dans la recherche des candidats au financement, les bénéficiaires des bourses ?
Cela fait partie de nos critères. Parce qu’effectivement le chef de l’Etat, dans sa politique d’inclusion sociale, veut cibler les couches les plus vulnérables. Les jeunes ou les femmes qui sont en situation de chômage, précarité ou de sous-emploi. Et ça correspond aussi aux familles qui sont ciblées par les bourses de sécurité sociale.
Vous avez décidé de commencer votre financement par la région de Ziguinchor. Quel est l’intérêt ? Pourquoi ne pas commencer par Dakar qui est plus peuplée par exemple ?
Nous notre cible ce n’est pas la taille de population. Notre cible, c’est là où il y a le plus de jeunes en situation précaire. On a fait une analyse rapide des régions. C’est pourquoi on commence par le Sud et on finira par Dakar au mois de mai. Parce que Dakar, si vous regardez, présente la plus forte concentration des unités économiques et des entreprises. Selon le dernier recensement des entreprises, presque 80 % des unités économiques se trouvent à Dakar. Nous, on veut aussi favoriser la transformation économique et sociale au niveau territoire. On veut dénicher les chaines de valeur dans chaque région. Par exemple dans le Sud, on va éventuellement financer tout ce qui est secteur de l’anacarde, la mangue… pour créer une chaine de valeur qui va permettre de produire localement, de transformer et d’exporter éventuellement. Comme on va le faire aussi dans la zone des Niayes avec l’horticulture… A Kédougou aussi avec les mines. Notre objectif réellement c’est de nous assurer que les populations qui en ont le plus besoin puissent en bénéficier. On viendra après à Dakar.

Souvent, beaucoup de projets dans nos pays n’aboutissent pas parce que les gens ont des objectifs politico-politiciens. Vous avez un projet qui démarre à quelques mois des élections. Est-ce que ça ne risque pas d’être un handicap ?
Mes équipes et moi-même n’avons pas d’ambition politique. La mission qui nous est confiée est de financer les jeunes et les femmes du Sénégal sans distinction de parti politique ni de région ou d’appartenance. Et effectivement, comme beaucoup de gens me l’ont dit, on l’a même dit au Parlement, c’est suspect ! Les gens pensent que cet argent est au service du président de la République pour sa réélection. Cela n’engage que ceux qui le disent. Moi ce qui me motive, et les instructions que j’ai reçues du chef de l’Etat, c’est de financer toutes les femmes et les jeunes du Sénégal sans distinction d’appartenance politique. Et pour vous dire que ce n’est pas pour les élections, le président a décidé que c’est un financement qui sera renouvelé chaque année.

Oui mais dans l’espoir qu’il sera réélu ? Si un autre venait….
C’est tout le mal que je lui souhaite. Si un autre venait, chaque Président est libre de faire ce qu’il veut. Mais au jour d’aujourd’hui, celui qui est là est celui qui m’a nommé et on travaille pour lui….

Celui qui viendra vous jugera sur les résultats ?
Exactement !

Et vous pensez pouvoir présenter un bilan qui permettra peut-être de renouveler ?
De toute façon, les méthodes et outils qu’on va utiliser seront basés sur la transparence, la rigueur, de telle sorte qu’aujourd’hui même, si on nous auditait, on se rendra compte que tout ce qui nous a motivés, mes équipes et moi, c’est vraiment adresser la question de l’entreprenariat des jeunes, des femmes. Et comme vous voyez dans le slogan, on nous appelle militants de l’entreprenariat. On n’est militants d’aucun parti. C’est le Président qui m’a nommé, on travaille pour lui mais on milite pour l’entreprenariat.

Au Sénégal, c’est la première fois qu’on voit une structure qui a des moyens aussi importants à sa disposition. Est-ce à dire qu’au Sénégal la question de l’efficacité dans la lutte contre la pauvreté, la lutte pour l’inclusion sociale, est juste une question de moyens ou de stratégie ?
Il faut allier les deux. Combattre la pauvreté durablement a été une des bases des politiques économiques depuis les Dsrp (Document de stratégie de réduction de la pauvreté). Le Pse a pris le dessus sur toutes ces stratégies, pour avoir un Sénégal émergent à l’horizon 2035. Aujourd’hui on s’est rendu compte que malgré les fort taux de croissance, (on est à 7,2% pour 2017), il reste quelque chose à faire. La croissance n’est pas redistribuée. Il manque une grande composante de la population qui ne se retrouve pas forcément dans cette croissance. Le panier de la ménagère n’est pas impacté par cette croissance. C’est pourquoi le président de la République a, en tant que chef de l’Etat qui a une vision aussi socialiste, décidé de prendre une enveloppe conséquente de 30 milliards par an. Il dit même qu’il va faire plus. Il peut aller jusqu’à 40, 50 milliards, en fonction des résultats, pour faire une politique de redistribution économique et sociale. Il aurait pu distribuer directement. Mais il aide les jeunes et les femmes qui n’ont pas tous la possibilité d’être fonctionnaires, ou d’être employés par le secteur privé, de créer leurs propres entreprises. C’est faire l’auto-entreprenariat, et en retour ils vont impacter la croissance économique. Car économiquement parlant, c’est de l’argent qu’on va injecter dans le circuit. Il y aura de la consommation, il y aura de la valeur ajoutée. Et forcément, ça va impacter notre croissance.

9 Commentaires

  1. Bonjour monsieur j’ai déposé mon dossier et ça fait un bout de temps mais j n’est rien vue rien entendue vraiment c projet c’est une initiative bien mais aide moi pour j puisse travailler Svp

  2. Bonjour j’ai écouté le président de la république et je trouve que c’est une excellente initiative pour résoudre l’emploi d’une manière générale avec la der. J’aimerais savoir comment faire pour avoir un financement. Merci

  3. Salut a tout membres d’administration de la der j’ai déjà reçu mon financement je besoin un aide pour l’obtention du ninea et de la registre du commerce

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