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«Un continent africain uni pour une gouvernance et une transformation soutenables des territoires.» Ce thème des 8èmes universités de la Fédé­ration des géomètres francophones (Fgf) est, d’après Ma­hammed Boun Abdallah Dionne, d’une pertinence et d’une actualité qu’on ne peut remettre en cause. Car, argue le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, «cette thématique transcende nos pays, nos frontières respectives pour finalement se projeter dans un ensemble plus vaste qu’est le continent africain». Et de poursuivre : «Nous partageons tous la même difficulté des gestions de la terre dans nos différents pays». A l’en croire, «la problématique de la gouvernance commune à la majorité des Etats africains est particulièrement liée à la gestion territoriale, foncière et à l’aménagement du territoire». Par conséquent, M. Dionne, qui présidait l’ouverture des 8èmes universités de la Fgf, avoue que ces préoccupations sont évidemment celles de l’Etat du Sénégal. Qui, rappelle-t-il, à travers le Plan Sénégal émergent (Pse), est en train d’initier un certain nombre d’actions basées sur la territorialisation des politiques publiques. Parmi ces actions gouvernementales, le ministre d’Etat évoque la création de nouveaux pôles urbains comme celui de Diam­niadio, la réforme foncière basée sur une approche inclusive de tous les acteurs qui gravitent autour du foncier dont les propositions pourront bientôt être très mises en œuvre au profit des populations. Il cite enfin, parmi ces actions, la numérisation du cadastre qui devrait à terme, permettre d’asseoir un véritable état civil de la propriété foncière ainsi qu’une prise en charge correcte des différends nés des limites entre espaces territoriaux. Pour l’ex-Pm, le géomètre expert a un rôle essentiel, surtout dans les pays africains où subsistent encore, à côté de la gestion administrative, des vestiges de la gouvernance coutumière de la terre.
«La dimension transversale de l’aménagement du territoire et ses composantes nécessite une parfaite synergie d’actions de tous les acteurs soucieux d’une gestion rationnelle et durable de nos espaces territoriaux», laisse entendre M. Dionne.
Pour sa part, le président de l’Ordre national des géomètres experts du Sénégal (Onges) plaide pour la «consolidation et la généralisation des collaborations entre les géomètres experts et les différents autres acteurs». Car ,soutient Mamadou Ndir, de par son savoir-faire technique et son expertise juridique, le géomètre intervient dans des domaines divers et variés, tels que l’accompagnement dans l’application du régime foncier, l’aménagement du territoire, l’implantation des aménagements fonciers (lotissement, restructuration, la copropriété), etc. Ainsi, il invite les membres de l’Onges et les élus locaux à nouer des liens de coopération et de mutualisation des données dans le but de bâtir des villes plus intelligentes et mieux viables. «La relation antinomique entre le cadre juridique régissant le foncier et la pratique coutumière qui l’a longtemps gouverné ne favorise pas une administration transparente des terres», relève M. Ndir. En conséquence, «au regard de toutes ces considérations, il urge de mettre en place les conditions propices à des concertations inclusives en vue de parvenir à une réforme foncière acceptée par tous». Dans le cadre de la mise en place d’une stratégie de gouvernance foncière, Mamadou Ndir appelle enfin les décideurs et acteurs du foncier à relever deux défis majeurs : l’éradication de la corruption et ses conséquences néfastes sur l’économie des Etats et l’instauration d’une politique équitable d’accès à la terre et la distribution des richesses qui est le socle du développement et le fondement des Nations.

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