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Après les 47 listes aux Législatives, le nombre de candidats à la candidature pour la Présidentielle de 2019 a presque doublé en atteignant hier 87. Un chiffre qui va considérablement baisser avec l’entrée en vigueur du parrainage.

Le chiffre fait froid dans le dos. Hier, 87 candidatures ont été recensées par la Direction générale des élections (Dge) pour l’élection présidentielle de 2019.
Le directeur de la Formation et de la communication à la Direction générale des élections (Dge), Bernard Casimir Demba Cissé, joint hier en début de soirée, a précisé que le retrait des fiches de parrainage se poursuit jusqu’au 26 décembre 2018, date de la clôture des dépôts de candidature devant le Conseil constitutionnel (ouverture le 11 décembre 2018). «Nous précisons que la remise des instruments pour la collecte du parrainage se poursuit et ne s’arrête pas à ce jour. Tous les candidats à la candidature restent libres de se présenter devant les services de la Dge pour récupérer les fiches de collecte. Il n’y a pas de forclusion à ce jour», a renseigné M. Cissé.
Après les 47 listes notées lors des dernières Législatives, se retrouver quasiment avec le double pose au grand jour le débat sur la pertinence du système de parrainage car, faut-il le rappeler, ces candidats à la candidature devront chacun mobiliser 53 mille 457 signatures au moins pour briguer les suffrages des Sénégalais le 24 février 2019.
Emmitouflée dans un basin rouge, Aminata Touré, coordonnatrice nationale du pôle parrainage du candidat Macky Sall, Président sortant, exulte : «Dans ce cas de figure, si 60% des inscrits votaient sans le système de parrainage, on passerait une semaine à voter. Il est évident que cela n’est pas possible. Ce que nous avons vu aujourd’hui confirme la nécessité d’avoir cette loi sur le parrainage.» Selon l’envoyée spéciale du président de la République, «une démocratie, il faut l’organiser».

«Rupture d’égalité»
Pour leur part, les représentants des candidats de l’opposition ont affiché leur scepticisme relatif au déroulement des opérations. Mapenda Diaw Mbaye du mouvement Démocratie et République du candidat Cheikh Hadjibou Soumaré estime que Macky Sall a de l’avance sur les autres. «Cela nous paraît être de la farce parce que ce gouvernement était au courant de ce qui se passait. Il y a une rupture profonde de l’égalité du traitement de l’ensemble des candidats. On n’a pas le fichier électoral», déplore-t-il. Pape Médoune Sow du Grand parti de Malick Gakou surfe sur la même vague d’inquiétudes : «Jusqu’à présent, nous ne disposons pas de ce fichier-là. On nous a dit que le fichier doit être disponible 15 jours avant la date des élections. Mais c’était sans compter avec le parrainage parce que si le parrain doit être dans le fichier général, comment pourrais-je m’assurer qu’il y figure ? C’est une source d’invalidation de ce parrain-là.»
Accusé, le camp du pouvoir rétorque «ne détenir aucune information particulière» par rapport aux autres. Au moment opportun, assure Mimi Touré, «on va remettre le fichier à tous les candidats».

REACTIONS…REACTIONS…

Fatoumata Gassama Fall, représentante du candidat Cheikh Bamba Dièye : «Ay affairou yabaaté la»
«Il n’y a rien de sérieux. Un inconnu est venu nous remettre des fiches et la version électronique du parrainage sans autre forme d’explications… On nous avait appelés à une réunion de partage. Il n’y a aucun respect de la part du ministère. Ay affairou yabaatéla (Aucun respect à notre égard). Raison pour laquelle je suis sortie pour vaquer à mes occupations…»

Idrissa Diallo, représentant du candidat Khalifa Sall : «Macky est frileux»
«J’ai eu la chance de faire tous les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) en tant qu’observateur. Le Sénégal est vraiment en retard en matière d’organisation des élections. Macky Sall est frileux. Il sait qu’il va se trouver dehors quand tout se passera normalement. Mais Khalifa Sall sera candidat et ils n’y pourront rien. Il remportera ce scrutin.»
Me Abdoulaye Babou, représentant du candidat Samuel Sarr.
«Le débat sur le ministre de l’Intérieur n’a pas de sens»
«Il y a une bonne organisation, le ministère de l’Intérieur a parfaitement bien organisé cette rencontre. Le processus est bien huilé. Les gens doivent dépasser ce débat sur la neutralité du ministre de l’Intérieur. En 2000, Wade a gagné alors qu’il y avait un ministre de l’Intérieur de Diouf. En 2012, Macky a gagné avec un ministre de Wade chargé d’organiser les élections. Pour moi, ce débat n’a pas de sens.»

Amadou Cissé, représentant de Issa Sall (Pur) : «Le parrainage nous permet de nous jauger»
«Nous avons combattu le parrainage, mais c’est désormais une loi. Nous avons un candidat et une ambition pour le Sénégal. Pour le fichier électoral, on déplore le fait que tous les électeurs n’aient pas reçu de carte. Le parrainage nous permet de jauger notre capacité de mobilisation de nos militants et sympathisants. On aurait pu avoir un filtrage beaucoup plus simple, plus démocratique. Ce n’est pas le cas. On voit une manière de tenter d’éliminer des gens, mais ça ne passera pas.»
bgdiop@lequotidien.sn

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