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Le Parti démocratique sénégalais (Pds) est contre le parrainage qui est un «moyen pour éliminer» des adversaires politiques. Mardi en réunion du comité directeur, le parti dirigé par Me Abdoulaye Wade a aussi dénoncé la condamnation du maire de Dakar, Khalifa Sall.

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) s’oppose à toute modification de la loi électorale à quelques mois de l’élection présidentielle de 2019. Le Pds voit autrement le système de parrainage qui veut imposer à chaque candidat de recueillir 1% du nombre d’inscrits sur le fichier électoral, soit 65 mille signatures par candidat. De l’avis de El Hadji Amadou Sall, «Macky Sall veut choisir ses candidats et éliminer certains. Il cherche à éliminer Karim Wade et Khalifa Sall». Deux ans après l’adoption d’une nouvelle Constitu­tion par voie référendaire, le Libéral se demande l’intérêt de procéder à une autre révision constitutionnelle. «Com­ment en 2 ans on peut procéder à des modifications aussi substantielles ? On appelle le Peuple, on fait un référendum, on dépense des milliards, le Peuple se prononce et moins de 2 ans après, on procède à une nouvelle modification. Cela veut dire que c’est du pilotage à vue, qu’ils ne savent pas où ils vont. Et c’est absolument inacceptable», dit-il.
Après avoir salué le code consensuel de 1992, El Hadji Amadou Sall estime que «c’est ce bon code que Macky Sall a mis au panier pour avoir un code à sa guise, un code unilatéral qui n’est pas bon et qu’il est encore en train de modifier». Mais il se veut catégorique, «le Peuple se soulèvera contre l’injustice», prévient-il.
Mardi, à la réunion du comité directeur, le parti dirigé par Me Abdoulaye Wade s’est aussi épanché sur la condamnation de Khalifa Sall à 5 ans d’emprisonnement ferme et à une amende de 5 millions de francs Cfa. Le Cd du Pds considère cela «comme ce qui a été fait avec notre frère Karim Wade qui est notre candidat à l’élection présidentielle, que c’est une utilisation de la justice pour un règlement de comptes politiques». Par le biais de son porte-parole du jour, le Pds a dénoncé «cette condamnation qui est injuste et qui est politique. Nous le savons tous que c’est une condamnation politique. Le seul but visé, c’est de rendre Khalifa Sall inéligible». Et El Hadji Amadou Sall de renchérir : «Nous attirons l’attention des Sénégalais dans 4 mois, au plus tard dans 5 mois, que le jugement de Khalifa Sall sera évoqué en appel et confirmé et probablement dans les 6 mois à partir d’aujourd’hui, la Cour suprême probablement va prononcer un arrêt définitif, rejetant un pourvoi en cassation. Si ça se passe ainsi, ce sera encore la preuve absolument inacceptable de l’utilisation de la justice à des fins politiques.»
D’ores et déjà, Me Wade et ses alliés avertissent le régime en place. «On va vers l’unification de toute l’opposition démocratique et nous marcherons d’un même pas. Nous marchons dans l’unité pour un seul objectif. Premièrement, le renforcement de la démocratie par une justice qui n’est pas aux ordres, le retrait de toutes ces lois scélérates», menace M. Sall. Ce dernier a par ailleurs rappelé que Karim Wade, exilé au Qatar depuis son élargissement de prison, sera au Sénégal au meilleur moment.
msakine@lequotidien.sn

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