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Après avoir saisi le Conseil constitutionnel hier pour annulation de la loi portant sur le parrainage, l’opposition compte saisir prochainement la Cour suprême «pour faire annuler le décret qui a saisi l’Assemblée nationale». Au-delà de cette requête formulée par une vingtaine de députés, Me Madické Niang et ses camarades promettent de saisir également la Cedeao et la Cour africaine des droits de l’Homme.

L’opposition annonce la saisine de la Cour suprême «pour faire annuler le décret qui a saisi l’Assemblée nationale» concernant le projet de loi portant sur le parrainage. L’information a été donnée hier par le président du groupe parlementaire Liberté et démocratie. Me Madické Niang, Aïda Mbodji, Issa Sall, Mamadou Lamine Diallo, Mame Diarra Fam, etc. étaient au siège du Conseil constitutionnel pour déposer la saisine pour annulation de la loi portant sur le parrainage. A leur sortie des locaux des «7 sages», le député libéral a souligné qu’«il ne faudrait pas que les gens se trompent. Nous n’avons pas saisi le Conseil constitutionnel en inconstitutionnalité. Certains qui se disent experts vont se presser de nous dire qu’une loi constitutionnelle ne peut pas être inconstitutionnelle. Nous sommes venus pour une annulation. C’est une saisine pour annulation. D’abord pour violation de la Constitution, ensuite pour violation du Règlement intérieur».
D’après lui, «beaucoup d’arguments ont été développés en soutien de notre demande. Nous avons conscience que c’est une demande très fondée qui a été déposée et nous espérons que le Conseil constitutionnel va annuler la loi constitutionnelle». Au-delà de cette requête formulée par une vingtaine de députés, l’opposition promet aussi de mener la bataille judiciaire hors des frontières du pays. C’est ainsi que des recours sont annoncés devant la juridiction de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) mais aussi à la Cour africaine des droits de l’Homme. Toutefois, cette saisine de la juridiction dirigée par Pape Oumar Sakho intervient à un moment où Idrissa Seck, membre de l’opposition, par ailleurs leader du parti Rewmi, a déclaré qu’il ne saisira  pas la justice sénégalaise. Car, disait-il, elle s’est «prosternée devant l’exécutif». Une position contraire à la démarche aujourd’hui entreprise par ses collègues de l’opposition. Mais Me Madické Niang dira qu’«il ne s’est pas désolidarisé. Il a proposé qu’on saisisse la Cedeao. Pour lui, la saisine de la Cedeao est la voie la plus appropriée. Nous parlons d’une seule et même voix. Nous, nous pensons qu’il faut faire les recours internes et encore saisir la Cedeao».
Poursuivant, le parlementaire a déclaré que «nous ne voulons pas donner raison à ceux qui disent que nous acceptons la défaite d’avance. Nous pensons qu’un sursaut des magistrats, des sages qui constituent le Conseil constitutionnel peut intervenir et à ce moment-là, nous donner raison». Il prévient d’ores et déjà le pouvoir que la bataille politique va continuer avec la tenue des Jeudis de la résistance.
msakine@lequotidien.sn

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