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Les Sénégalais sont plus solidaires des couches moyennes que des plus pauvres, selon une étude dirigée par Pr Abdou Salam Fall, coordonnateur du Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes). Cette aide sociale est principalement consentie par les conjoints et les ascendants.

Les Sénégalais sont peu solidaires des plus pauvres. C’est ce qu’a révélé une étude réalisée par Pr Abdou Salam Fall en 2009 sur le thème «Les Sénégalais sont-ils solidaires de la pauvreté ? Analyse longitudinale sur près d’un siècle». D’après cette enquête menée sur un échantillon de 10 mille personnes à travers le pays et qui fait l’objet de partage, ce manque de solidarité envers les pauvres s’explique par le fait que «les solidarités horizontales (entre citoyens) pour atténuer la pauvreté ne suffissent pas, tandis que la solidarité institutionnelle reste dérisoire». «Plus on est pauvre, moins on est aidé», a renseigné le coordonnateur du Laboratoire de recherche sur les transformations économiques et sociales (Lartes-Ifan). Généralement, 71,5% des individus à revenu faible bénéficient régulièrement d’une aide, quels que soient la génération et le statut de l’individu. Cependant, cette aide est principalement consentie par les ascendants (20,90%) et les conjoints (23,4%) sur les 80 dernières années, selon les résultats de l’étude. «Ce sont donc des relations de protection par l’ascendance qui prévalent même si l’on considère l’influence des personnes détentrices de ressources matérielles ou immatérielles sur les individus, quel que soit leur statut socioéconomique», a souligné l’enquêteur qui indique par ailleurs que l’individu qui sollicite le soutien est généralement moins âgé que le donateur.
Les descendants prennent le relais du soutien pour 9,5% pour le passer aux autres parents (tantes, oncles) à hauteur de 7,3%. Les frères et sœurs interviennent pour 5% alors que les amis aident pour 2,7%. Les patrons participent pour 1,10%, les Ong, associations et organisations apportent leur concours avec la même amplitude à 0,2%. Les autres soutiens épars sont estimés à 1,3%. L’analyse du Pr Fall a dévoilé que les associations religieuses et les entités d’économie sociale sont plus attrayantes que les autres. «La faiblesse de l’aide reçue des associations contraste avec l’intensité de la vie associative, quelles que soient les conditions de vie des individus», a-t-il souligné. Avant de conclure : «Les ressources proposées ne sont pas suffisantes pour contrer durablement le basculement ou le maintien dans la pauvreté. Au total, les Sénégalais restent plus solidaires aux couches moyennes qu’aux plus pauvres.»
Pour sortir de la pauvreté, Pr Fall propose que les échanges horizontaux soient confirmés et développés par ceux qui viennent des institutions appelées solidarité verticale, qui s’est étiolée progressivement avec les effets des plans d’ajustement structurel et des mesures prises par la suite.
ksonko@lequotidien.sn

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