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Pour la 6e édition du Partcours, la directrice de la galerie Kemboury, Thérèse Turpin Diatta, a jeté son dévolu sur le peintre et photographe espagnol, Pedro Pablo Vinuales. Intitulé Au Seuil du lendemain, l’exposition de ce dernier est visible à l’annexe de la galerie Kemboury. Elle présente une série de clichés du lever du jour à partir de la baie de Soumbédioune.

Le ciel, la mer, les pirogues, les oiseaux, le soleil, la ville en arrière-plan, voilà le décor féérique que l’on retrouve sur les 19 toiles accrochées aux cimaises de la galerie annexe de Kemboury dans le cadre du Partcours. Subjugué par la «splendide» baie de Soumbédioune, le peintre et photographe espagnol, Pedro Pablo Vinuales, y a campé pour prendre des clichés au lever du jour. «Toutes les photos sont prises le matin entre 7h et 7h 30. Elles ont été prises exactement au même endroit. Ici, je regarde Dakar à partir de la baie de Soumbédioune, et c’est très beau. J’ai voulu capter cette beauté de chaque jour qui se lève», explique le peintre sur la genèse de ces photos qui pourtant ressemblent à des clichés pris au coucher du soleil.
Visible sur certaines photos avec ses reflets sur la mer, l’astre du jour disparait sur d’autres, caché par les nuages. «C’est bel et bien du lever du jour qu’il s’agit», insiste l’auteur, renseignant d’ailleurs sur l’intitulé de l’expo : Au seuil du lendemain. «Ce qui m’a le plus marqué, c’est aussi le sens de cette exposition, c’est comment le soleil se lève chaque jour, la coloration de la lumière, l’atmosphère est différente. Ça nous met dans une ambiance, dans une émotion différente chaque jour.» Et au lieu de dire simplement au seuil du jour, Pedro Pablo Vinuales fait exprès de créer une ellipse de temps. «Quand on dit au seuil de… c’est normalement au seuil du jour ou d’un moment qui est là, près. Mais j’ai sauté le jour pour dire au seuil du lendemain. Parce qu’au moment de faire la photo, au moment d’assister au lever du jour, on est dans une contemplation. Devant le spectacle on est dans une surprise, on est curieux de savoir ce qui va se passer. Et aussi quand on est devant la beauté, quand on est submergé par l’émotion, le temps n’existe pas.»
Au-delà de l’aspect temps, Pedro Pablo Vinuales a voulu également attirer l’attention des autorités de la ville sur l’existence de «cette magnifique baie qui mérite d’être exploitée par la mairie.» «Toutes les grandes villes ont des profils que les gens reconnaissent facilement. Alors de mon point de vue, ça c’est le plus intéressant de la ville de Dakar. Montrer cette beauté de la ville, pour dire regardez cet endroit, ce mirador appartient à la baie de Soumbédioune. Pour que les citadins, les visiteurs, les étrangers puissent admirer la beauté de cet espace, qui est à mon avis l’un des endroits les plus magnifiques, de la ville», dit-il.
Intrigué par sa technique, le public n’a pas manqué de demander comment le photographe est parvenu à faire de ses photos des peintures. «C’est vrai en regardant mes photographies, on a l’impression de voir de la peinture. C’est parce que je suis peintre à la base. J’ai commencé à faire de la peinture avant de bifurquer vers la photographie. Ce qui fait que j’ai toujours travaillé la photo sous l’angle d’un peintre. Avec le digital, j’ai développé une technique pour que la photo, elle-même ressemble à une peinture», confie-t-il.
Laissant la galeriste, Thérèse Turpin Diatta, en décrire la beauté, les nuances, les couleurs et textures. «Mon choix s’est porté sur le soleil levant sur la baie de Soumbédioune. Je pensais que c’était ma ville natale, Saint-Louis, qui était la plus belle. Mais il y a la baie de Soumbédioune qui est aussi belle. C’est un travail que j’adore», dira-t-elle. L’exposition, elle se poursuit jusqu’au 16 décembre.
aly@lequotidien.sn

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